La revégétalisation des berges et la circulation nautique représentent deux importants enjeux pour la protection du lac des Piles, l'une des deux sources d'eau potable de Shawinigan.

Lac des Piles: que réserve le plan directeur à la navigation?

Même s'il ne semble pas encore à la veille d'être adopté par le conseil municipal, l'orientation du fameux plan directeur pour la protection du lac des Piles, l'une des deux principales sources d'approvisionnement en eau potable à Shawinigan, sera abordée le dimanche 9 juillet, lors de la présentation de l'assemblée générale annuelle de l'association des résidents. Ceux qui souhaitent la mise en place de mesures audacieuses pour réduire la navigation risquent d'être déçus; reste à savoir jusqu'où iront les élus dans leur volonté d'encadrer la pratique des activités nautiques et de faire respecter la réglementation.
L'assemblée générale annuelle de l'Association des résidents du lac des Piles sera présentée en matinée, au centre communautaire Chanoine-Langevin de Sainte-Flore. Cette activité sera suivie par une démonstration de bateaux électriques à la marina Prévost. Dario Gomez, représentant d'une compagnie spécialisée dans ce domaine, proposera deux modèles aux curieux.
Cette initiative s'inscrit dans les gestes de sensibilisation que l'ARLP pose pour inciter les adeptes du nautisme à adopter des comportements plus verts. Quelques citoyens ont déjà suggéré de ne permettre la navigation qu'avec des bateaux à moteur électrique au lac des Piles, mais tout indique que la Ville n'ira pas jusque-là dans son plan directeur.
La prochaine étape avant l'adoption de cet important document se déroulera le 18 juillet, également au centre communautaire Chanoine-Langevin. La Ville conviera les participants à l'atelier du 22 novembre à un suivi. 
Difficile de prévoir précisément quand, pour le moment, le plan directeur sera adopté par le conseil municipal. La navigation constituera assurément l'élément qui sera scruté avec le plus d'attention.
«On vise le mieux-vivre ensemble», indique Joan Hamel, présidente par intérim de l'association. «C'est une question d'harmonie entre les différents types de navigation. La Municipalité ne peut pas interdire les bateaux; il n'y aura pas de réglementation là-dessus, je pense. Par contre, on pourra mettre certaines actions en place.»
La présence de wake boats est souvent considérée comme un irritant au lac des Piles. Les adeptes produisent des vagues qui accélèrent l'érosion des berges.
«Est-ce que la Ville va réglementer?», se demande Mme Hamel. «Présentement, elle n'a pas le pouvoir de le faire. Mais il y a un mouvement chez des municipalités qui demandent plus de pouvoirs pour mieux gérer leurs cours d'eau. Elle pourra peut-être faire quelque chose, mais pas jusqu'à interdire les wake boats.»
«De notre côté, nous prônons une zone de navigabilité», poursuit la porte-parole. «J'ai entendu que des jeunes faisaient du wakeboard le soir avec de puissants phares sur leur bateau et de la grosse musique. C'est inacceptable, il faut un minimum de respect. C'est un phénomène nouveau. Je ne sais pas comment la Ville va gérer ça.»
La navigation a toujours constitué un sujet chaud au lac des Piles. Mme Hamel glisse que personnellement, elle hésite à sortir son kayak en raison du comportement de certains écervelés. D'autres ne peuvent jouir de leur quai flottant en raison des vagues produites par ces puissants engins.
«Je suis arrivée au lac des Piles en 1980», raconte-t-elle. «À ce moment, nous avions des planches à voile sur le lac. Après, ça a été la mode des sea-doo et ça aussi, c'était l'enfer. Aujourd'hui, ce sont les wake. On dirait que chaque époque a son bateau qui perturbe l'environnement et qui provoque des irritants.»
Nancy Déziel, conseillère du district de la Rivière, fait remarquer que les bateaux à moteur produisent peu d'impacts environnementaux néfastes sur la qualité de l'eau.
«Le principal danger qui vient avec la navigabilité, ce serait un déversement d'essence, par exemple», illustre-t-elle. «Le risque est assez réduit. Je ne pense donc pas qu'on va empêcher la navigation, mais il y a un guide de bonne conduite qui doit être mis de l'avant. Il faut respecter les corridors de vitesse et aussi, faire attention au transfert des espèces envahissantes pour ceux qui se promènent d'un cours d'eau à l'autre.»
Pour le reste, il s'agira de voir quelles mesures dissuasives la Ville de Shawinigan adoptera-t-elle pour s'assurer du respect de sa réglementation.
«Quand on parle de conformité des fosses septiques, on n'a pas le choix», fait remarquer Mme Hamel. «On ne peut rien dire non plus contre la régénération des rives.»
Mme Déziel estime qu'environ la moitié des résidents ne se conforment toujours pas à l'entretien d'une bande riveraine.
«C'est facile pour les gens qui font partie de l'association, parce qu'ils sont déjà convaincus», observe-t-elle. «Mais il reste encore un travail de sensibilisation et d'accompagnement à faire. Éventuellement, nos inspecteurs feront un suivi plus assidu, mais l'idée est de toujours travailler avec les gens avant d'imposer des amendes.»