Le lavage des embarcations de toutes sortes devient maintenant obligatoire au lac des Piles.

Lac des Piles: des citoyens se questionnent

SHAWINIGAN — La décision de la Ville de Shawinigan de confier à un particulier le lavage de bateaux au lac des Piles est plutôt bien accueillie par les quelques résidants qui se sont déplacés à l’assemblée publique de consultation lundi, même s’il reste bien des questions en suspens. À tout le moins, le conseil municipal passe finalement de la parole aux actes.

Cette politique devait entrer en vigueur l’an dernier, mais elle a finalement été reportée au 1er mai. Ainsi, toute embarcation qui navigue sur le lac des Piles devra être nettoyée avant sa mise à l’eau, afin d’éviter la prolifération d’espèces envahissantes dans l’une des deux principales réserves d’eau potable de Shawinigan. Les riverains devront détenir un certificat d’usager.

En fin d’après-midi lundi, la Ville organisait une assemblée publique de consultation sur un projet de règlement qui prévoit notamment une modification au zonage pour autoriser le lavage de bateaux au 2800, chemin de Sainte-Flore. Cette propriété privée appartient à Jean Nobert, qui a confirmé son intérêt pour offrir ce service dans sa vaste cour arrière.

Aucun voisin ne s’est présenté à l’assemblée de consultation, mais quelques membres de l’Association des résidants du lac des Piles souhaitaient visiblement en savoir un peu plus long sur cette procédure de lavage. La présidente, Joan Hamel, se réjouit de la mise en application de cette politique, mais elle rappelle que la mission de la Ville consiste à protéger cette prise d’eau potable. Elle voulait donc savoir si d’autres emplacements avaient été envisagés, comment le contrôle de la qualité du travail serait assuré et quelle tarification serait appliquée. Un autre citoyen se demande comment la Ville pourra-t-elle contrôler les mises à l’eau sur les propriétés privées.

«Pour nous, l’important était d’avoir le plus large éventail de possibilités», explique Josette Allard-Gignac, présidente du Comité consultatif d’urbanisme. «Un service municipal ne pourrait pas garder toujours un employé sur place, en attente. Cet endroit est situé sur une route près du lac des Piles et une personne a manifesté son intérêt.»

«Nos attentes lui seront signifiées et une formation sera donnée», ajoute la conseillère municipale. «S’il ne donne pas un excellent service, les gens n’iront pas! Comme dans toute chose nouvelle, nous expérimentons. Nous pensons qu’un service privé donnera une meilleure accessibilité aux citoyens.»

La présidente du CCU rappelle qu’une station de lavage sera également aménagée à la nouvelle marina de Shawinigan, au pied du pont de Grand-Mère. De plus, certains commerces seront accrédités pour offrir ce service de nettoyage. La Ville devrait faire connaître les détaillants participants au cours des prochains jours. Enfin, précisions que la modification de zonage ne touchera pas uniquement le 2800, chemin de Sainte-Flore, mais toutes les propriétés situées entre les numéros civiques 2600 et 5000. La permission d’établir une station de lavage couvrira donc un périmètre beaucoup plus large.

La tarification demeure un autre élément à préciser. «Il faudra que ce soit accessible», prévient Mme Allard-Gignac. Quant aux descentes privées, la Ville a déjà recensé les endroits problématiques et elle devrait sévir au cours des prochains mois.

Pour le moment, le lac des Piles demeure le seul plan d’eau où le lavage des embarcations deviendra obligatoire à Shawinigan.