Sylvain Robert, propriétaire du Camping Lac-aux-Sables.
Sylvain Robert, propriétaire du Camping Lac-aux-Sables.

Lac-aux-Sables, un an après la tornade [PHOTOS]

LAC-AUX-SABLES — En se promenant à Lac-aux-Sables, il est difficile de s’imaginer qu’il y a un an, une tornade a traversé la municipalité et l’un de ses campings, cassant et déracinant des arbres, envoyant des poteaux électriques et de nombreux débris dans le lac, sans compter les dégâts causés aux roulottes. Certes, en cherchant du regard des vestiges du passage de cette force destructrice, on peut facilement en trouver. Mais c’est dans l’imaginaire collectif des résidents et des saisonniers que l’on retrouve le plus de traces de cette tornade.

Le propriétaire du Camping Lac-aux-Sables, Sylvain Robert, n’a pas l’impression que le nom de son établissement a été associé à la tornade. Il confirme toutefois que les conversations entre campeurs tournent fréquemment autour de l’événement survenu le 30 juillet 2019.

«On l’entend surtout le soir, quand les gens sont autour du feu. Ils se racontent où ils étaient, ce qu’ils étaient en train de faire quand c’est arrivé», raconte-t-il.

Certains saisonniers s’amusent même à jouer les guides touristiques, montrant aux nouveaux venus les endroits qui ont été touchés: ici, un arbre tombé sur une roulotte, là, un auvent parti au vent qui s’est accroché dans les arbres, etc. Chacun y va de sa propre anecdote, même ceux qui ont vécu l’étrange phénomène à distance.

Après la tornade (30 juillet 2019)

«On n’était pas ici quand c’est arrivé, on était à Boston, en train de souper. Tout à coup, je commence à recevoir des photos de la tornade et des dégâts. Sur le coup, j’ai cru que c’était une blague, mais j’ai fini par réaliser que c’était vrai», raconte un saisonnier.

Le Nouvelliste a également croisé une dame dont la roulotte a été détruite par un arbre tombé sur son toit. Comme plusieurs autres saisonniers qui étaient aux premières loges de la catastrophe, l’an dernier, elle dit ne pas avoir vécu un traumatisme après cette épreuve.

Plusieurs photos de la tornade et de ses dégâts sont affichées au poste d’accueil du Camping Lac-aux-Sables, dont celle-ci.

Tous n’ont peut-être pas vécu cet événement de la même façon. Il convient de rappeler que trois personnes ont été blessées à cause de cette tornade. En tout, une quinzaine de roulottes ont été détruites, en quelques dizaines de secondes.

Quant aux affaires de Sylvain Robert, elles n’ont pas été trop affectées par l’événement. La plage, l’un des attraits importants du camping, a été rouverte rapidement, grâce au travail de bénévoles qui ont ramassé les débris dans le fond de l’eau.

«La COVID-19 m’a causé beaucoup plus de problèmes que la tornade», assure-t-il.

Un «lieu historique»

La tornade n’a pas touché que le Camping Lac-aux-Sables. Plusieurs résidences situées en bordure du lac ont aussi été endommagées, en plus d’être privées d’électricité et de télécommunications pendant quelques jours. Le 30 juillet 2019, Denis Leboeuf était avec sa conjointe et des amis sur le terrain de ses beaux-parents. Ils étaient installés dans leur gazebo lorsque le vent s’est levé.

«Au début on ne s’inquiétait pas trop, puisqu’il vente souvent, ici. Mais quand le gazebo a commencé à lever de terre, on s’est réfugiés dans la roulotte. La roulotte aussi a levé de terre, mais heureusement, on n’a rien eu», raconte M. Leboeuf.

Denis Leboeuf et Linda Julien.

Pas moins de 17 arbres, des épinettes, se trouvant sur leur terrain ont été arrachés ou ont cassé à cause du vent. Deux d’entre eux ont atterri contre la roulotte du couple et, ironiquement, c’est probablement ce qui a empêché celle-ci d’être renversée.

Malgré ce moment fort en émotions, le couple était toujours là, jeudi, dans une nouvelle roulotte, sur le même terrain.

«Ça ne nous a pas découragés de revenir. Oui, il y a eu beaucoup de travail à faire après la tornade pour remettre le terrain en état, mais ça vaut la peine, c’est une belle place», poursuit M. Leboeuf.

Ce dernier s’amuse par ailleurs de voir des gens jouer aux guides touristiques jusque devant chez eux. «Les gens viennent montrer ça à leur visite, ils montrent notre terrain, comme si c’était un lieu historique. On devrait peut-être leur charger quelque chose», plaisante-t-il.

Sa conjointe, Linda Julien, retient pour sa part l’élan de solidarité des résidents de Lac-aux-Sables et des saisonniers.

«Les gens étaient vraiment gentils, ils venaient nous demander comment on allait», relate-t-elle.

Un travail d’équipe

Pour la Municipalité de Lac-aux-Sables, la tornade a été l’occasion de mettre à l’épreuve son plan de mesures d’urgence, qui avait été mis à jour peu de temps avant le passage de la tornade. Selon le maire Yvon Bourassa, ce plan a largement passé le test.

«Tout le monde savait ce qu’il avait à faire. Si c’était arrivé un an, ou même six mois plus tôt, je pense que ça aurait été autre chose», estime-t-il.

Yvon Bourassa, maire de Lac-aux-Sables

Le premier magistrat tient d’ailleurs à souligner le travail des employés municipaux, des pompiers, de la Sécurité civile, d’Hydro-Québec et des entreprises de télécommunications, qui ont agi rapidement pour assurer la sécurité et le confort de la population affectée par l’événement.

«Je n’ai pas à prendre toute la gloire pour moi, c’est l’équipe qui a fait le travail, soit les employés, les conseillers, etc.», souligne-t-il.

La Municipalité s’en tire par ailleurs plutôt bien, sans dommages permanents à ses installations. Elle a cependant dû débourser quelques milliers de dollars, mais le maire croit que si un tel événement survient à nouveau, elle sera encore mieux équipée et préparée qu’elle ne l’était déjà.

Si cet épisode dans l’histoire de Lac-aux-Sables fait encore jaser de temps à autre, le maire considère qu’il est terminé, et pour le mieux. Mais il risque d’être difficile à oublier complètement. La tornade qui est passée lundi dernier à Saint-Roch-de-Mékinac a de nouveau mis M. Bourassa sur le qui-vive.

«Je suis passé près d’appeler le maire de Saint-Roch, Guy Dessureault, pour lui offrir mon aide. Mais quand j’ai su qu’il n’y avait eu aucun dégât, ça m’a rassuré et j’ai laissé faire», raconte-t-il.