Le maire de Québec, Régis Labeaume
Le maire de Québec, Régis Labeaume

Labeaume sous haute protection [VIDÉO]

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
Le maire de Québec se déplaçait mardi accompagné de quatre gardes du corps au lendemain de menaces dirigées contre lui sur sa page Facebook.

Le maire a porté plainte à la police de Québec pour des menaces reçues après l’annonce par la Ville du retrait des publicités à CHOI. La plainte vise un seul individu, selon le bureau du maire. L’agent Pierre Poirier du service de police confirme l’ouverture d’une enquête visant «au moins un individu».

La décision du maire a suscité de vives réactions, positives comme négatives, sur sa page Facebook. Mardi, quelque 3800 personnes y avaient laissé un commentaire. L’un d’eux est plutôt dérangeant. 

Dans un tweet publié tôt mardi, le lecteur de nouvelles de TVA, Pierre Jobin, rapporte des propos, aujourd’hui disparus de la page du maire, qui font l’objet de la plainte.

«Des salope comme toi ont juste ce qui mérite. Ton cancer y es terminal right?  J ai hâte d’aller pisser sur ta tombe (…) Le jour où tu vas crever j promet d avoir l air triste.  Crève le plus vite possible please [sic].»

Plusieurs entreprises de la région comme Industrielle Alliance et Desjardins ont suivi le mouvement amorcé par l’administration Labeaume. Tous estiment que CHOI donne la parole à des gens, dont le discours va à l’encontre des mesures de santé publique destinées à freiner la pandémie.

Malgré la tournure malheureuse des événements, le maire persiste et signe. «On s’est aperçu que ce message de banalisation des mesures sanitaires est en train de percoler dans la population (…) Pour nous, les propriétaires de CHOI ont décidé que leur produit pouvait aller jusqu’à mettre en danger la santé publique. Ils ont peut-être le droit, mais on n’est pas obligé d’y participer financièrement.» 

L’opposition avec Labeaume

Pour une rare fois, les conseillers de l’opposition à l’hôtel de ville soutiennent le maire de façon unanime et dénoncent les propos tenus sur sa page Facebook.

«Peu importe la couleur politique, les enjeux qui nous entourent, les décisions qui sont prises, nous ne devons en aucun cas tolérer des menaces ou des propos haineux», a réagi sur Twitter, Jean-François Gosselin, chef de Québec21, parti de l’opposition officielle.

«Je condamne fermement tout propos menaçant qui pourrait être adressé au maire de Québec ou à tout autre collègue, qu’il soit un allié ou un adversaire», ajoute-t-il.

Le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, juge tout aussi inadmissibles les menaces proférées contre le maire de Québec. 

«Je ne peux tolérer des propos qui menacent l’intégrité physique d’une personne. En attaquant le maire de cette façon, c’est toute la classe politique qui est visée. En cette période où nous devons faire preuve de solidarité, une telle attaque se doit d’être dénoncée», indique-t-il.

Celui qui brigue la direction de son parti demande aussi à CHOI de réévaluer sa politique éditoriale en temps de COVID sur le port du masque.