Les projets de Lab-École ont été mis sur pied par le chef Ricardo Larrivée, l’architecte Pierre Thibault et l’athlète Pierre Lavoie (ci-dessus).

Lab-école de Maskinongé: axé autour de l’agriculture et l’alimentation

MASKINONGÉ — Des responsables du projet de Lab-École et de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy ont présenté à la population le projet d’agrandissement de l’école Saint-Joseph de Maskinongé, mercredi soir. L’école, qui est l’un des six projets de Lab-École développés au Québec, aura la particularité d’inclure l’agriculture et l’alimentation dans ses méthodes et son environnement d’enseignement.

Bien que la maquette de l’agrandissement ne soit pas encore faite, les responsables du projet en ont présenté les grandes lignes aux quelque 90 personnes venues les écouter et poser leurs questions à la salle communautaire de Maskinongé. La future école Saint-Joseph, une fois agrandie, comprendra cinq nouvelles classes afin d’accueillir les élèves de l’école Marie-Immaculée, qui a été fermée en février 2017. Deux de ces classes seront de niveau préscolaire. Une sixième classe, de préscolaire quatre ans, pourrait s’ajouter au projet à la demande du gouvernement du Québec.

Le projet comptera également des classes spécialisées, notamment d’art, de musique et de science. Étant donné l’orientation agroalimentaire qui sera donnée à l’école, une cuisine et des espaces de jardinage à l’extérieur seront aussi aménagés. Par ailleurs, la bibliothèque de l’école ne sera plus confinée dans un seul local, mais sera «éclatée», avec des présentoirs à livres répartis à travers l’école.

Le coût total du projet d’agrandissement et de transformation en Lab-École devrait s’élever à 6,5 millions $. Les travaux devraient commencer en 2020 et se terminer à temps pour la rentrée en 2021.

Les citoyens étaient invités à poser leurs questions aux responsables du Lab-École de Maskinongé et de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, comme l’a d’ailleurs fait la jeune Jolyan Trudel.

Les projets de Lab-École ont été mis sur pied par le chef Ricardo Larrivée, l’architecte Pierre Thibault et l’athlète Pierre Lavoie.

Pas de gymnase

Lors de la période de questions à la fin de la présentation, des personnes ont déploré l’absence de gymnase dans le projet. Les élèves de l’école Saint-Joseph sont à l’étroit dans le leur et le seront encore davantage lorsque les rejoindront ceux de l’école Marie-Immaculée. Cependant, cet élément n’avait pas été inclus dans la demande d’agrandissement approuvée par le ministère de l’Éducation.

«Il faut faire une deuxième demande, en espérant qu’elle soit acceptée, indique le directeur des écoles du secteur Belle-Vallée, Martin Fréchette. Sinon, ça sera inclus dans une phase deux ou trois du projet.»

M. Fréchette indique toutefois que la municipalité a signifié son intérêt pour être partenaire d’un tel projet de gymnase, qui pourrait également profiter à la communauté de Maskinongé.

Enthousiasme et craintes

Plusieurs enseignants du secteur Belle-Vallée étaient présents à l’assemblée de présentation et de discussion sur le projet de Lab-École. Certains ont émis des réserves sur la faisabilité du projet d’agrandissement sans acquérir des terrains autour de l’école Saint-Joseph.

«Ils n’auront pas le choix s’ils veulent agrandir, estime l’enseignante Marie-Pascale De Grandpré. On est déjà à pleine capacité, alors idéalement, il faudrait déborder.»

L’enseignante craint également que certains enseignants aient du mal à s’adapter aux changements de pratique que demande le Lab-École, avec des classes «flexibles», où l’objectif est de permettre aux élèves de bouger, de se déplacer pendant la classe.

«On est enthousiastes, mais il y a aussi des craintes, reconnaît-elle. Il y en a qui en sont encore à faire asseoir leurs élèves en rang d’oignon, alors c’est sûr que ça va prendre de l’accompagnement. Mais je pense qu’on va s’adapter une fois rendu là.»

Sur la question de l’espace, le directeur Martin Fréchette reconnaît que l’idéal serait d’acquérir des terrains, sans toutefois envisager l’expropriation. «On va demander s’il y a des vendeurs; il y en a toujours, indique-t-il. Mais il faut voir à quel prix ça se ferait, parce qu’une fois achetées, il faudrait démolir les maisons, et c’est des coûts de plus.»