La zoothérapie fait des merveilles pour des jeunes en difficulté d'apprentissage.

La zoothérapie au secours des élèves en difficulté

Une dizaine d'enfants, cinq chiens et divers obstacles qu'on peut aménager à sa guise en parcours divers. De quoi s'amuser follement pendant des heures.
Les élèves en difficulté d'apprentissage de l'école Jean-Nicolet ont de toute évidence beaucoup de plaisir lorsqu'ils rencontrent la zoothérapeute Élaine Morin et sa ribambelle d'amis à poils ou à plumes.
Mais l'objectif des rencontres est tout ce qu'il y a de plus sérieux.
Élaine Morin, membre de la Corporation des zoothérapeutes du Québec, travaille en étroite collaboration avec Céline Horion et Amélie Lamothe, l'équipe d'enseignantes spécialisées en cheminement continu de l'école.
En ayant recours à la zoothérapie, les deux enseignantes espèrent travailler le niveau de confiance en soi de leurs élèves.
L'expérience, amorcée l'an dernier, a connu tellement de succès que l'équipe rêve d'intégrer Mme Morin de manière permanente puisque la zoothérapie s'est avérée, jusqu'à présent, un outil formidable pour faire progresser les jeunes.
Le programme est d'ailleurs financé par la Fondation de l'école Jean-Nicolet et par l'école elle- même.
«Sur le plan social, on a beaucoup moins de problèmes avec ces élèves-là qu'on en avait en début d'année», constate Mme Horion.
Cette dernière pense tout particulièrement à l'une de ses élèves si peu autonome qu'elle réclamait qu'on lui fasse chauffer son dîner ou qu'on aille lui chercher de l'eau pour sa soupe. «On essaie de la responsabiliser», dit-elle.
Quel meilleur moyen, pour y arriver, que de lui confier un chien sous la supervision d'une zoothérapeute pleine d'imagination.
La scène est vraiment remarquable. La jeune fille veut réussir la course à obstacle en compagnie de Décibel, un petit Jack Russel bourré d'énergie, une vraie tornade qui ne demande qu'à s'éparpiller aux quatre coins du gymnase. Il est le miroir de cette élève en manque de concentration qui tente en vain de le faire passer dans les tunnels ou de lui faire contourner les obstacles.
En pareil contexte, il est beaucoup plus facile de faire comprendre à cette jeune fille de se concentrer et de prendre les obstacles un à la fois si elle veut réussir le parcours. Ce qui est vrai dans ce gymnase avec le chien est tout aussi vrai dans sa propre vie. Ce qu'elle se fait dire par ses enseignantes en classe prend ici tout son sens.
«Avec le chien, le jeune ne vit pas de rejet et ne vit pas de jugement. Il y a un abaissement des barrières», fait valoir Élaine Morin.
C'est la magie qu'opèrent les animaux.
La classe de zoothérapie, qui se tient à raison de deux heures toutes les deux ou trois semaines, s'adresse ici à des élèves qui sont aussi socialement en difficulté. Les enseignantes ont beau dire qu'il ne faut pas sauter sur une amie qu'on vient de rencontrer, c'est avec l'animal que cette notion va le mieux être comprise ou du moins, être renforcée.
Pour cela, il faut des chiens vraiment hors du commun. La jeune propriétaire de Synergie Plumes et poils indique que de tous les chiens qu'elle évalue pour faire de la zoothérapie, 90 % ne passent pas le test puisqu'ils sont évalués sur leurs réactions en situations de stress.
Il ne faut en aucun cas, en effet, que l'animal réagisse mal avec des clientèles plus difficiles, comme les autistes, par exemple, s'il se fait tirer une oreille ou si un bruit fort survient soudainement.
Pour les jeunes en classe de zoothérapie à l'école Jean-Nicolet, le seul fait d'apprendre à manipuler correctement des chiens apporte une confiance en soi encore jamais atteinte, constatent leurs enseignantes.
Il faut dire que le cours, aussi amusant soit-il à première vue, est assorti de devoirs que les jeunes sont obligés de faire s'ils veulent continuer à participer. Ces devoirs consistent principalement en réflexions diverses sur leurs interactions avec les animaux qu'ils côtoient, des réflexions qui, au bout du compte, les ramènent à leurs propres comportements en classe ou avec les autres.