La Ville refuse d’entendre Hydro-Québec

LA TUQUE — Les dirigeants d’Hydro-Québec avaient pris bonne note des doléances et interrogations de la Ville de La Tuque lors de la dernière rencontre entre les deux parties au mois d’août. La Société d’État a procédé à des analyses, différents constats qui ont été faits et des mesures ont été mises en place. Une rencontre a eu lieu, mardi, afin de présenter les résultats, mais les représentants de la Ville ont quitté après 30 minutes.

«Oui, on a été surpris. Les résultats étaient positifs, et on s’était rendu disponible pour eux», a mentionné la conseillère relations avec le milieu Mauricie et Centre-du-Québec chez Hydro-Québec, Élisabeth Gladu.

«On a fait nos devoirs», a ajouté Maryse Dalpé, directrice réseau de distribution chez Hydro-Québec.

Trois points avaient été soulevés par la Ville, soit la qualité du service jugé inadéquat, les délais d’intervention qu’ils jugeaient trop longs et les communications à améliorer.

Ce sont des échanges sur les monteurs de ligne qui auraient mis fin à la rencontre. Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay qui n’était pas à la rencontre, avait réclamé haut et fort l’ajout de monteurs de ligne sur le territoire de La Tuque.

Sa demande avait été entendue. Hydro-Québec a rapatrié un employé à La Tuque, portant le total à trois monteurs de ligne.

«Il y a eu l’ajout d’un monteur à La Tuque. Il était basé à Shawinigan alors que son centre de service était La Tuque. Voyant les grandes préoccupations, on a redirigé l’employé vers La Tuque. Il n’y a pas eu d’ouverture de poste», a noté Mme Dalpé.

Toutefois, Hydro-Québec a fait savoir que la Ville, elle, réclame un service 24h/24, et ce, 365 jours par année et un employé de plus ne serait pas suffisant.

«Ils n’ont pas voulu entendre les réponses aux questions qu’ils nous ont soulevées lors de la rencontre du 29 août. […] On va leur fournir par courriel...», a indiqué Mme Gladu.

Hydro-Québec a également rencontré, mardi, le service incendie de la Ville de La Tuque concernant les mesures d’urgence et le lien avec le 911.

«Lors de situation de danger imminent, Hydro-Québec dispose des outils pour permettre aux premiers répondants d’intervenir rapidement. On est clair, en aucun temps la sécurité n’est compromise […] On peut toujours s’améliorer, et c’est ce pourquoi, il y a une réflexion en cours pour trouver des pistes d’amélioration. On a entendu la préoccupation et il y a une prise en charge», a mentionné Élisabeth Gladu.

Les dirigeants d’Hydro-Québec voulaient également faire le point sur l’alimentation électrique de l’hôpital de La Tuque. Ils voulaient se faire rassurants en expliquant que l’hôpital est alimenté par deux lignes et qu’ils disposent aussi de génératrices de relève.

Quant aux problématiques du site Vallières, des analyses ont été faites. Rappelons que le directeur du Service incendie avait émis certaines inquiétudes lors de la dernière rencontre.

«Il y a eu une panne en raison d’un accident et sept événements courts de moins de six secondes […] Comme solutions pour améliorer la situation, on a fait la révision de protection de la ligne et nous ajouterons deux disjoncteurs automatisés», a noté Mme Gladu.

Quant aux interruptions qui sont trop nombreuses selon le maire, les statistiques d’Hydro-Québec démontrent que la portion centre de la ville de La Tuque a une qualité de service comparable à d’autres villes.

«C’est dans la moyenne», insistent les représentants d’Hydro-Québec.

Elles sont moins reluisantes à La Croche et à Lac-Édouard, mais Hydro-Québec insiste sur le fait que plus on est loin de la source, plus on multiplie les chances qu’il y ait un incident, plus on est vulnérable.

«La moyenne des cinq dernières années est de 47 heures (d’interruption) à Lac-Édouard. L’événement climatique du 2 juillet a fait mal. Ç’a été 30 heures sur le bilan de 2018. Il y avait énormément de dégât sur le réseau. Les équipes ont dû régler les problèmes sur la ligne avant d’arriver à Lac-Édouard. […] Ça fait partie des vulnérabilités. Ils sont en bout de réseau et dans un secteur boisé», note Mme Gladu.

À La Croche, on parle de 23 heures pour 2018, et ils ont été touchés par des événements climatiques et les causes principales sont la végétation, des véhicules et la foudre. «À court terme, la ligne LAT 225 qui traverse le secteur de La Croche fera l’objet de travaux de déboisement», a indiqué Hydro-Québec.

La société d’État a rappelé qu’elle ne prenait pas à la légère les alertes météo et que tout était mis en place pour être prêt à réagir, et ce, partout dans la province. Des équipes sont placées stratégiquement pour intervenir.

«On a des météorologues qui nous indiquent la météo qui s’en vient. Lorsqu’on sait que quelque chose s’en vient, nos équipes sont mobilisées en fonction».

«Il y a eu beaucoup de raffermissement là-dessus dans les derniers temps», a ajouté Mme Dalpé.

Table d’échange

Hydro-Québec veut également proposer à la Ville de mettre en place une Table d’information et d’échange. Les objectifs seront d’échanger sur les projets et les activités, d’assurer un partage des préoccupations et des enjeux de chacun et de favoriser la recherche active de compromis, sans remettre en question les activités ou les projets.

La Ville de La Tuque était avare de commentaires à la suite de la rencontre. Le maire de la municipalité devrait s’adresser aux médias la semaine prochaine à ce sujet après avoir rencontré le conseil municipal.

«Le maire n’y était pas parce qu’il avait su avant la rencontre qu’il n’aurait pas de réponse positive pour ce qui était demandé par la Ville c’est-à-dire une assurance de la présence de monteur de ligne 24h/24, 7 jours sur 7 et 365 jours par année à La Tuque. Pour lui, ce n’était pas nécessaire de se rendre là-bas», a indiqué Hélène Langlais, directrice des communications de la Ville de La Tuque.