La vente rejetée par le conseil

TROIS-RIVIÈRES — Le conseil municipal de Trois-Rivières a rejeté la vente du stationnement Badeaux à la Société immobilière G3R.

Neuf conseillers, soit Dany Carpentier, Mariannick Mercure, François Bélisle, Pierre Montreuil, Pierre-Luc Fortin, Sabrina Roy, Claude Ferron, Luc Tremblay et Denis Roy, se sont en effet prononcés contre cette transaction avec le groupe propriétaire de l’hôtel Delta et derrière le nouveau Centre d’événements et de congrès interactifs (CECI), mardi soir, lors de la dernière séance ordinaire avant la période des vacances. Seulement les conseillers Maryse Bellemare, Ginette Bellemare, Daniel Cournoyer, Michel Cormier et Valérie Renaud-Martin ont voté en faveur de la résolution. Fait à noter, le maire Yves Lévesque s’est également dit en faveur, lui qui prend très rarement position lors des séances.

C’est le conseiller du district Marie-de-l’Incarnation, Denis Roy, qui a demandé le vote. Une fois que tous ses collègues se sont prononcés, il a répété que le Ville ne devait pas se départir de cette infrastructure, qui permettra de toucher des revenus encore plus importants dans le futur selon lui. Dans son état actuel, le stationnement Badeaux permet de dégager des profits d’environ 200 000 $ par année selon des chiffres qui ont été présentés aux conseillers.

«La demande pour du stationnement à cet endroit risque d’exploser avec la venue du nouveau centre des congrès. Il y a fort à parier que la demande va augmenter de 50 à 100 %. Les profits qu’on a en ce moment sont la pointe de l’iceberg». Il y en a probablement plus à la clé», lance le conseiller.

Pour sa part, la conseillère du district de la Madeleine, Sabrina Roy, soutient qu’elle n’est pas contre une possible vente. Néanmoins, elle précise que rien ne presse dans ce dossier et qu’elle a voté contre la résolution pour cette raison.

«J’aimerais qu’on regarde s’il n’y a pas une autre avenue, [notamment] créer un partenariat avec le Delta. Beaucoup de citoyens et de commerçants m’ont interpellée face à ça. Il y a un besoin d’espaces de stationnement au centre-ville pour les citoyens et pour les travailleurs», mentionne-t-elle.

Neuf conseillers trifluviens ont rejeté la résolution concernant la vente du stationnement Badeaux.

Plusieurs autres conseillers qui ont voté contre la résolution émanant du cabinet du maire tiennent d’ailleurs des propos similaires à ceux de Mme Roy.

Le maire Lévesque martèle quant à lui que ce n’est pas le rôle d’une Ville de gérer un stationnement étagé. Selon lui, le conseil aurait dû sauter sur l’offre de 1,9 million de dollars de la Société immobilière G3R et de se départir de ce bâtiment qui a besoin d’être rénové.

«On l’a fait dans le temps parce que le privé ne voulait pas le faire», rappelle-t-il.

Par ailleurs, il ajoute que le parc immobilier de la Ville de Trois-Rivières, avec ses 480 bâtiments, est trop volumineux comparativement à la moyenne des villes québécoises. Il croit donc que l’administration municipale devrait en vendre lorsque l’occasion se présente.

«On a de la misère à subvenir aux besoins des bâtiments existants. On devrait avoir la moitié de ces bâtiments seulement. Vendre le stationnement Badeaux permettrait de dégager le PTI pour investir dans les autres bâtiments. Si on pouvait vendre la salle J.-Antonio-Thompson, on la vendrait», poursuit-il.

La conseillère du district des Carrefours, Valérie Renaud-Martin, abonde dans le même sens que le premier magistrat. Elle répète que la vente de ce bâtiment aura un impact favorable sur le Plan de gestion d’immobilisations, dans lequel figurent les travaux de réfection du stationnement Badeaux.

Selon le directeur du génie de la Ville, Patrice Gingras, les améliorations qui doivent être apportées au stationnement qui compte 425 espaces sont évaluées à 2,7 millions $. Les travaux consistent, entre autres, à du drainage, à la réfection du béton et à la mise en place d’une membrane d’étanchéité.

Des Pourparlers avec le CECI
Du côté du CECI, on confirme qu’il y a eu des pourparlers avec la Ville pour conclure une transaction concernant cette infrastructure du centre-ville. Le porte-parole de l’organisation, Michel Letarte, n’était cependant pas en mesure de confirmer ou d’infirmer s’il y a eu entente tacite entre le maire Lévesque et la direction de la Société immobilière G3R – le promoteur derrière le CECI – dans ce dossier avant que la résolution soit débattue par les membres du conseil municipal.

«Il y a eu des discussions. C’est dans l’intérêt du CECI, en raison de l’ampleur du projet, d’avoir un stationnement comme celui-là. C’est dans notre vision globale. Il y a une passerelle qui a été installée! Mais même si le stationnement devenait privé et qu’il était utilisé plus spécifiquement par le CECI, il y aurait un respect de l’économie locale. Nous savons que le stationnement est un enjeu important au centre-ville», explique le porte-parole.

Il ajoute qu’il est trop tôt pour s’avancer sur la possibilité qu’il y ait une modification des tarifs si la Société immobilière G3R devient propriétaire un jour.

L’installation de la Passerelle du CECI est commencée
Les travaux d’installation de la passerelle qui reliera le nouveau Centre d’événements et de congrès interactifs (CECI) de Trois-Rivières et le stationnement étagé Badeaux ont finalement commencé. Après avoir été clouée au sol en plein milieu de la rue Saint-Georges pendant près de deux semaines en raison de la grève de grutiers, elle a finalement été hissée mardi avant-midi.

Les journalistes pourront assister aux sessions de travail du conseil

À compter du 21 août prochain, les journalistes pourront assister aux sessions de travail qui précèdent les séances du conseil municipal de Trois-Rivières et au cours desquelles les points inscrits à l’ordre du jour font l’objet de discussions et de débats.

Le conseil a adopté à l’unanimité une résolution en ce sens, mardi soir. Cette nouveauté découle de l’adoption l’hiver dernier du règlement sur le code d’éthique et de déontologie des élus trifluviens. En acceptant d’être épiés par les journalistes pendant ces rencontres de travail, les membres du conseil veulent faire preuve d’une plus grande transparence vis-à-vis leurs concitoyens.

Par contre, un huis clos pourra être décrété à la demande du maire ou d’un des conseillers pour certaines questions.

Cette résolution a été proposée par le conseiller du district Marie-de-l’Incarnation, Denis Roy. Ce dernier la qualifie par ailleurs d’historique et en a fait la lecture avant son adoption.