Normand Trahan, propriétaire du zoo, accompagné d’Alessandra Magini et Philip Éthier, qui devaient acheter l’entreprise.

La vente du Zoo de Saint-Édouard compromise?

SAINT-ÉDOUARD-DE-MASKINONGÉ — La vente du Zoo de Saint-Édouard qui semblait être officielle en février semble compromise, près de six mois plus tard. Actuellement, le propriétaire Normand Trahan discute uniquement par l’entremise d’avocats avec l’entrepreneur Philip Éthier ainsi qu’Alessandra Magini, qui prévoyaient prendre la relève cette année.

«Depuis le mois de juillet dernier qu’ils disent qu’ils achètent. En septembre, ils voulaient prendre possession, ça s’est repoussé avant les Fêtes, puis au printemps, puis en été. Un moment donné, je me suis réveillé à temps. Personnes sérieuses seulement», explique Normand Trahan, propriétaire du Zoo de Saint-Édouard. Selon lui, la vente n’a pas été conclue pour une question de financement. «Ils manquent d’argent», dit-il.

Le propriétaire affirme ne pas vouloir complètement fermer la porte aux jeunes entrepreneurs, mais se dit libre de vendre à un acheteur sérieux.

Rappelons qu’à l’été dernier, le propriétaire avait annoncé sa volonté de vendre l’entreprise qu’il opère depuis près de 30 ans. Normand Trahan affirmait devoir penser à sa santé avant tout. «J’ai 68 ans, je veux prendre ma retraite, cela fait 29 ans que je n’ai pas pris de vacances.»

C’est à l’été 2017 que le propriétaire du Zoo de Saint-Édouard a fait connaître son intention de vendre l’entreprise qu’il opère depuis près de 30 ans.

De son côté, Philip Éthier ne voit pas la vente comme étant compromise. Il se dit toujours intéressé à l’idée de faire l’achat du Zoo de Saint-Édouard. L’entrepreneur de 24 ans explique être conscient que le propriétaire a le droit de demander le montant qu’il veut. Par contre, il affirme qu’initialement, Normand Trahan demandait un certain montant qui ne s’appuyait sur l’avis d’aucun expert. «Nous sommes ceux qui avons déboursé des milliers de dollars en frais d’experts pour analyser son entreprise», soutient-il.

L’acquéreur potentiel avoue trouver malheureux de se faire pointer du doigt, car il dit avoir tout fait en bonne et due forme. «Il faut en venir à l’évidence qu’au Québec, toute transaction se doit de se faire de façon transparente. Nous demandions l’honnêteté et l’intégrité dans l’entièreté de la transaction.»

Philip Éthier et sa collègue Alessandra Magini sont prêts à travailler davantage à rencontrer divers investisseurs pour augmenter le montant à une seule et unique condition, soit celle que le propriétaire démontre que le montant en vaut la peine. «On parle de beaucoup d’argent, à 24 et 27 ans nous ne pouvons pas nous permettre de dépenser un aussi gros montant sans s’assurer que ce soit un bon achat. Nous ne voulons pas prendre le risque de faire faillite.»

Les partenaires souhaitent d’ailleurs faire du zoo un espace vert et réaliser des aménagements pour les années à venir, le tout en voulant révolutionner le monde zoologique. En février dernier, l’entrepreneur de 24 ans a mentionné que des investisseurs potentiels s’étaient montrés intéressés par leur projet. Qu’en est-il advenu? Selon lui, les investisseurs n’ont jamais reculé, par amour des animaux. Un an plus tard, ces investisseurs sont toujours intéressés et sont toujours disposés à payer le montant demandé.

«On a toujours été de bonne foi et j’aimerais pouvoir soutenir mon argument que tout le travail et l’acharnement qu’on a mis restaient dans une optique positive. Nous étions là pour notre passion, mais l’élastique nous a explosé dans la face», conclut l’entrepreneur.

Normand Trahan, quant à lui, assure que si le Zoo de Saint-Édouard ne se vend pas pour l’instant, il continuera de prendre soin des animaux. «C’est certain que je vais continuer. J’aime bien trop les animaux pour ça», avoue-t-il.