Le citoyen Dominic Bérubé a interpellé le conseil municipal de Trois-Rivières au sujet de la «Vague bleue».

La «Vague bleue» inquiète toujours

Trois-Rivières — La «Vague bleue» a beau avoir annulé sa manifestation prévue le 29 juin à Trois-Rivières, elle continue d’inquiéter des citoyens, dont une poignée est venue interpeller le conseil municipal de Trois-Rivières, mardi soir. Car si cette manifestation que l’on sait maintenant possiblement organisée par des mouvements associés à l’extrême-droite a annulé sa présence en raison des festivités entourant le Festivoix, elle prévoit remettre ça le 27 juillet prochain en sol trifluvien, selon ce qui circule sur les réseaux sociaux.

On se souviendra que le projet de manifestation de la «Vague bleue» avait soulevé des critiques de la part de divers citoyens, qui dénonçaient notamment que les organisateurs de ce rassemblement puissent cacher leurs réelles intentions et soient des proches ou des anciens de l’organisation anti-immigration «Storm Alliance», ou appartiennent à d’autres groupes ayant une philosophie semblable. Se disant un rassemblement pour «ceux et celles qui sont pour la laïcité et faire la promotion d’une constitution citoyenne du Québec», la «Vague bleue» est perçue par d’autres comme faisant la promotion de l’intolérance, de l’exclusion et du racisme, ayant pour principale cible la communauté musulmane.

Mardi soir, une dizaine de citoyens de Trois-Rivières opposés à cette manifestation ont interpellé le conseil municipal afin que ce dernier s’identifie clairement en faveur de l’inclusion et dénonce la venue d’une telle manifestation à Trois-Rivières. Rappelant qu’il y a à peine quelques jours, le Service d’accueil aux nouveaux arrivants (SANA) avait été a cible de messages haineux en raison d’une publicité qui faisait la promotion de l’inclusion, ces citoyens se sont montrés inquiets de voir venir cette «Vague bleue» le 27 juillet prochain.

«La manifestation a été reportée en raison des événements entourant le Festivoix. Mais si ce n’est pas bon pour le Festivoix, ce n’est pas plus bon le mois prochain. Tout le monde est visé par le risque. Avec cette manifestation, Trois-Rivières sera sur la map, mais certainement pas pour les bonnes raisons», a déclaré Dominic Bérubé.

Une autre citoyenne, Élizabeth Leblanc-Michaud, a interpellé personnellement les conseillers municipaux à prendre position à titre de citoyens. «La Ville a le pouvoir de se positionner pour l’inclusion. Dites-le que vous voulez une ville inclusive. Et si la Ville ne veut pas faire ce choix, faites-le vous, en tant que citoyens, sur vos propres réseaux sociaux», réclame-t-elle.

La conseillère municipale Mariannick Mercure, se disant sensible aux revendications, a toutefois rappelé que la Ville n’avait pas le pouvoir d’empêcher une manifestation, qu’il s’agissait là de défendre aussi la question de la liberté d’expression. Ce à quoi les citoyens présents ont acquiescé, ne demandant pas d’empêcher la tenue de la manifestation, mais plutôt de se positionner politiquement en faveur de valeurs à l’opposé de celles véhiculées par le groupe de manifestants.

Le conseil municipal a rappelé que le SANA tenait une marche en faveur de l’inclusion le jeudi 20 juin à 16h à partir de leurs bureaux situés dans la caserne de la rue Laviolette, jusqu’au parc Champlain. Les membres du conseil ont, pour la plupart, indiqué leur intention d’y prendre part et ont également lancé l’invitation à toute la population.