Dans l’ordre habituel, on retrouve le maire de La Bostonnais, Michel Sylvain, la ministre régionale Julie Boulet, le ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire et ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay et le maire de Lac-Édouard, Larry Bernier.

La Tuque veut une aide récurrente

LA TUQUE — Outre la tempête, c’est un mémoire qui attendait mardi le ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, Martin Coiteux, ainsi que sa collègue Julie Boulet. En effet, les élus municipaux leur ont fait part d’une demande d’aide récurrente pour assurer la sécurité des usagers sur leur vaste territoire.

«On fonctionne comme si on avait une ville de 40 000 habitants, ce qui est le cas l’été, alors qu’ils sont 10 800 à payer», a lancé le nouveau maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

«La Tuque, c’est un cas unique au Québec. C’est la Belgique. Mais eux sont 11 millions de personnes qui paient des taxes contre 11 000 ici», renchérit le maire de Lac-Édouard, Larry Bernier.

Lors de la rencontre avec les deux ministres, les élus du Haut-Saint-Maurice leur ont fait valoir que le gouvernement du Québec retire des millions de dollars grâce aux redevances des entreprises pour les coupes de bois qui sont réalisées dans la région, ainsi qu’avec la production des centrales hydroélectriques sur la rivière Saint-Maurice.

Selon eux, ces revenus pourraient servir, en partie, à aider la population de La Tuque qui, disent-ils, «ne peut plus supporter seule le poids des responsabilités d’assurer la sécurité de tous les usagers du territoire de la Haute-Mauricie».

On a ainsi rappelé aux invités que La Tuque doit faire face à un manque à gagner de 1,3 million de dollars annuellement depuis la signature du pacte fiscal. Et cette année, les élus sont confrontés à un manque à gagner de 1,9 million de dollars pour boucler le budget 2018.

«Je n’ai pas une réponse à toutes les questions. On part avec ce message et on va regarder ça attentivement. Il y a différentes façons de répondre. Il faut regarder l’ensemble des possibilités», a indiqué le ministre de la Sécurité publique, évoquant un prochain pacte fiscal.

Par ailleurs, la question des baux de villégiature privée a été abordée dans les échanges. L’agglomération de La Tuque souhaite recevoir davantage que 50 % des revenus. Or, selon la ministre responsable de la Mauricie, Julie Boulet, cette solution lui paraît «assez réaliste à court terme».

«Il faut que nos régions réussissent aussi à se développer et il y a un prix à ça», a soutenu la députée de Laviolette.

Dans le mémoire qui sera adopté officiellement par résolution le 19 décembre prochain lors de la séance publique du conseil d’agglomération de La Tuque et dont Le Nouvelliste a obtenu copie, on souligne que le caractère particulier et unique de La Tuque nécessite des mesures exceptionnelles, car, dit-on, «la municipalité n’a pas le choix d’assumer ses obligations en matière de sécurité publique, d’occupation et d’aménagement du territoire».

«Nous avons été sensibilisés à la réalité particulière de La Tuque», a admis le ministre Coiteux, qui a profité de l’occasion pour parler de la stratégie gouvernementale afin d’assurer l’occupation et la vitalité des territoires. Celui-ci complétait une tournée de deux jours en Mauricie.

Si celui-ci a fait mention du taux de chômage historiquement bas en Mauricie pour parler du défi du manque d’employés, et non d’emplois, les élus signalent que la distance et les particularités latuquoises mettent une pression supplémentaire sur la capacité de la municipalité à attirer de la main-d’œuvre.

«Tous les employeurs latuquois mentionnent que le centre de ski est un élément essentiel au recrutement de la main-d’œuvre. Qu’arrivera-t-il le jour où la municipalité n’aura plus les moyens de soutenir cet actif utilisé par plus du tiers de la population?», questionne-t-on dans le mémoire.

En plus de rencontrer une quarantaine d’intervenants socio-économiques, les ministres ont également visité quelques infrastructures municipales pour lesquelles la Ville de La Tuque a déposé des demandes d’aide financière dans des programmes du gouvernement, soit le centre municipal de ski alpin, la bibliothèque Annie-St-Arneault et le Complexe culturel Félix-Leclerc.

«On ne baissera pas les bras. On a besoin du gouvernement», a conclu le maire Tremblay qui s’adressera mercredi aux membres de la Chambre de commerce locale.