La Ville de La Tuque souhaite poursuivre son virage vert en se dirigeant vers une gestion autonome de ses déchets.

La Tuque: «on veut une gestion autonome de nos vidanges»

La Tuque — «Ce n’est pas tellement sexy de parler de vidanges, mais on a une vision sur trois ans. Ce que l’on s’apprête à faire en 2020, c’est de réellement créer un écocentre version 2.0». Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, souhaite que la Ville améliore son bilan environnemental et qu’elle puisse faire des économies avec son plan de gestion des matières résiduelles. La Municipalité entend poursuivre son virage vert en se dirigeant vers une gestion autonome de ses déchets.

«C’est un chantier volumineux sur lequel on travaille actuellement», affirme le maire.

«C’est un défi pour une ville comme La Tuque étant donné notre isolement. On veut une solution qui va être locale pour nous rendre le plus autonome possible. Quand tu dépends des autres, ça coûte beaucoup plus d’argent. Actuellement, il n’y a pas de solutions clé en main sur le marché. Soit que c’est trop gros, soit c’est trop petit. Il faut avoir un produit sur mesure pour nous et ça n’existe pas à l’heure actuelle. […] On a créé un comité et on regarde toutes les possibilités. On s’est déplacé pour voir des modèles avant-gardistes, mais on n’a rien trouvé qui est clé en main. C’est pour ça que l’on doit le faire par étape. C’est un dossier ambitieux. Ce sera sur trois ans», explique Pierre-David Tremblay.

Ce dernier n’est pas sans rappeler que la gestion des matières résiduelles représente 10 % du budget de la municipalité et que «c’est en augmentation de 30 % par année compte tenu des contrats».

La Ville veut premièrement améliorer le site actuel, sur le chemin des Pionniers, déjà connu et utilisé par la population, les commerçants et les industries.

«Il va y avoir aussi une cabine neuve avec la pesée. Ça devrait être beaucoup plus fonctionnel. Actuellement, on n’a pas vraiment d’écocentre comme tel avec un circuit, c’est-à-dire une entrée et une sortie. Il n’y a seulement qu’une entrée», indique le maire.

«On veut aussi améliorer la façon dont les détritus vont être laissés. On peut récupérer certaines choses et ça va être fait réellement dans le modèle d’aujourd’hui. […] Les gens qui auront fini de décharger pourront se réapprovisionner avec différentes matières qui seront récupérées. Ça peut être du bois, du compost, des fenêtres, du gravier… Tout ce qui peut être recyclé. C’est ce que l’on appelle l’écocentre 2.0», ajoute-t-il.

Dans la deuxième année, la Ville souhaite mettre en place un système de compostage, et par le fait même, voir le bac brun faire son entrée sur le territoire de la Haute-Mauricie.

«Effectivement, on veut aller vers une plate-forme de compostage d’où l’investissement de plus d’un million. C’est certain que ce sera subventionné, on va attendre l’octroi d’une subvention importante du gouvernement là-dedans […] Il y a beaucoup d’éducation et de sensibilisation à faire à ce niveau-là. C’est pour ça qu’il faut se donner du temps et des outils», souligne M. Tremblay.

Le maire insiste sur le fait que ces nouvelles façons de faire pourraient permettre de faire des économies, notamment en transport de déchets.

«Vous savez la dynamique dans l’agglomération, c’est qu’il faut non seulement compacter ces matières-là, mais aussi les déplacer vers Saint-Étienne-des-Grès et les coûts sont astronomiques. On va faire tout ça en étapes, on veut prendre le temps de bien informer la population, bien sensibiliser, bien éduquer. On va même passer par les écoles, on veut être très expressifs pour aller chercher la plus grande participation des citoyens, des industriels et des commerces pour la plate-forme de compost», insiste Pierre-David Tremblay.

Dans la dernière année prévue au plan de gestion des matières résiduelles, la Ville devra prendre des décisions concernant le restant des déchets.

«On va devoir prendre une décision à savoir si on décide de l’enfouir, si on va le brûler via un système d’incinérateur ou si on va continuer de le transborder. Rendu là, ça nous coûtera des peanuts, parce que ce qui coûte vraiment cher, c’est toute la question du transbordement. On veut une gestion autonome de nos vidanges», a conclu le maire.