Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, n’exclut pas le recours à des mesures plus coercitives pour protéger le territoire.
Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, n’exclut pas le recours à des mesures plus coercitives pour protéger le territoire.

La Tuque isolée, ou presque?

Sébastien Houle
Sébastien Houle
Le Nouvelliste
La Tuque — Si le secteur de la Haute-Mauricie peut se réjouir qu’aucun cas de la COVID-19 n’y ait encore été recensé et que les mesures gouvernementales de «fermeture» du territoire pourraient aider la région à demeurer à l’abri de la maladie, il semblerait que certaines personnes fassent fi des directives des autorités et contournent les points de contrôle par des voies d’accès secondaires. Une plainte en ce sens aurait été déposée à la Sûreté du Québec, vendredi dernier. La situation préoccupe le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, qui n’exclut pas de son côté le recours à des moyens plus coercitifs pour protéger le territoire.

Le maire Tremblay se dit satisfait de la réponse du gouvernement et du décret qui venait isoler la portion nord de la Mauricie, conformément à un vœu qu’il avait formulé. Or, il constate qu’il faudra maintenant travailler à faire davantage respecter la directive. À ce jour, seul le point de contrôle situé au sud de La Tuque fait l’objet d’une présence policière permanente. Sur le reste du territoire, les contrôles sont ponctuels. La route entre Mont-Laurier et Parent serait notamment un des chemins empruntés par les contrevenants. Les villégiateurs désireux de se rendre à leur chalet sont entre autres montrés du doigt.

«Il ne faut pas passer le message qu’on est un refuge», plaide le maire. Parmi les solutions envisagées, celui-ci songe à déployer les premiers répondants sur le terrain, pour pallier les cases horaires où la Sûreté du Québec est moins présente. On se souviendra que les pompiers de La Tuque avaient été postés sur la route 155 pour faire respecter le décret gouvernemental en attendant que les policiers assurent eux-mêmes la surveillance.

Par ailleurs, la déclaration de l’état d’urgence est une option qui continue d’être étudiée. Cela pourrait permettre à la Municipalité d’agir avec plus de fermeté, soutient M. Tremblay. Le comité de suivi de la crise se réunit lundi, et cela fera partie des discussions, indique-t-il. «La bonne foi, malheureusement, ça ne suffit pas, parfois ça prend la police», se désole l’élu.

Bien que la région ait été épargnée jusqu’à aujourd’hui, sa situation demeure fragile, insiste encore Pierre-David Tremblay. «On a 4220 chalets et 4067 maisons sur le territoire», énumère-t-il pour souligner à quel point le territoire est propice au va-et-vient. «On ne peut pas se permettre de prendre ça à la légère», martèle le maire.

Du côté de la Sûreté du Québec, on explique que les décrets sont appliqués selon les ressources disponibles et qu’il est illusoire de penser que l’on pourra patrouiller sur tous les axes principaux, secondaires, tertiaires, les chemins forestiers, sentiers de VTT, etc. «Le mot d’ordre est que tout le monde devrait rester à la maison», rappelle le sergent Stéphane Tremblay, porte-parole à la Sûreté du Québec.