Le projet de balisage de la rivière Saint-Maurice est mis de côté pour l’instant par le nouveau conseil de La Tuque.

La Tuque abandonne le projet de balisage

LA TUQUE — Il aura fallu peu de temps au nouveau conseil municipal de La Tuque pour décider de l’avenir du balisage de la rivière Saint-Maurice. Les élus n’ont pas l’intention de renouveler l’entente, qui vient à échéance le 10 juin 2018, sur la mise en œuvre du projet de balisage. La décision suscite déjà des réactions.

«Ça ne veut pas dire qu’on ne croit plus au développement de la rivière Saint-Maurice, mais dans les conditions actuelles on n’a plus les moyens. S’il y a de l’aide, ça va nous faire plaisir de reconduire ce projet-là, mais pour tout de suite on peut dire que c’est à l’eau», a lancé le conseiller municipal, Luc Martel.

En raison des restrictions budgétaires, la Ville estime qu’elle n’est plus en mesure de soutenir financièrement le projet pour les années futures. Une somme qui représentait annuellement 129 135 $ à laquelle il faut ajouter les frais d’exploitation de la marina pour un montant total d’environ 218 000 $. Les intentions de non-renouvellement de l’entente par la Ville devaient être signifiées aux autres parties six mois avant son expiration. 

«On n’a plus les moyens. On a un rattrapage de 1,7 million de dollars à faire. On ne peut pas taxer les citoyens pour le balisage», a martelé Pierre-David Tremblay.

Le conseil entend solliciter quand même l’appui de la ministre du Tourisme, Julie Boulet, en vue d’obtenir une aide financière de Québec pour permettre la pérennité de la navigabilité de la rivière Saint-Maurice.

«Si on est capable d’avoir de l’argent nécessaire du gouvernement ou d’Hydro-Québec pour poursuivre les activités, à ce moment-là on le fera», a lancé Pierre-David Tremblay.

«Je ne veux pas me chicaner avec les autres maires, mais ils vont devoir comprendre qu’on n’a pas les moyens. […] On va discuter de personne à personne dans ce dossier-là. Ça ne me fatigue pas. Je vais écouter le maire Angers. On ne s’est pas parlé depuis l’élection, mais on aura l’occasion. On va essayer de voir ce qu’on peut faire avec ça. Je ne veux pas élaborer davantage là-dessus», a-t-il ajouté.


« On n’a plus les moyens. On a un rattrapage de 1,7 million de dollars à faire. On ne peut pas taxer les citoyens pour le balisage »
Pierre-David Tremblay

Le nouveau maire de La Tuque avait déjà fait connaître ses intentions en campagne électorale. Il avait affirmé haut et fort qu’il n’y aurait pas d’argent des contribuables dans le projet de balisage. Il disait également que l’accès à la rivière devait être bonifié pour les activités de plein air, notamment. 

«On va continuer de travailler le Saint-Maurice, mais différemment pour l’instant. Le balisage est sur la glace tant qu’on n’a pas une option sérieuse qui n’implique pas la taxation», a indiqué M. Tremblay.

Rappelons qu’en 2012, la Ville de Shawinigan, la Ville de La Tuque, la MRC de Mékinac et Tourisme Mauricie, avaient annoncé un investissement de 1,6 million $ sur une période de cinq ans, entre 2013 et 2017, pour permettre une navigation sécuritaire sur la rivière Saint-Maurice sur une centaine de kilomètres.

Angers pas inquiet

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne veut pas enterrer trop vite le projet de balisage. Dès mercredi matin, il s’entretiendra avec son homologue de La Tuque. Il demeure confiant que de nouvelles aides financières du gouvernement du Québec permettront de réduire le fardeau financier des municipalités partenaires.

«Ce projet pourrait possiblement se qualifier pour le Fonds d’appui au rayonnement des régions», rappelle-t-il. «Je suis assez convaincu que cette entente va se poursuivre. Peut-être pas en étant autant financé par les Municipalités, comme c’était le cas. Mais des fonds régionaux existent et on devrait être capables de faire du développement.»

Au-delà de cet aspect, M. Angers rappelle que l’entraide ne doit pas toujours aller dans la même direction dans une région. On sait que Shawinigan prépare d’importants investissements récréotouristiques à l’ombre du pont de Grand-Mère. Le balisage de la rivière revêt une importance stratégique dans ce contexte.

«Je suis prêt à collaborer avec les autres, en autant que les autres collaborent avec moi», glisse-t-il. «La Tuque me pose des questions sur le centre d’entrepreneuriat... On est très sollicités. Un tango, ça se danse à deux. On va danser tout le monde ensemble. Shawinigan a un grand corridor jusqu’à Rivière-aux-Rats, mais quand on veut développer l’aspect touristique d’une rivière, il faut y aller sur 125 kilomètres.»

La MRC de Mékinac abonde dans le même sens

Du côté de la MRC de Mékinac, le préfet et maire d’Hérouxville, Bernard Thompson semble abonder dans le même sens que la Ville de La Tuque dans ce dossier, lui qui avait déjà exprimé certaines interrogations sur le sujet un peu plus tôt cet été, quant à l’avenir du projet de balisage de la rivière Saint-Maurice.

«C’est certain que nous ne sommes pas contre le projet, mais du côté de la MRC de Mékinac, nous ne souhaitons pas renouveler ce projet si le projet touristique n’est pas davantage développé, car on estime que ce n’est pas assez de mettre seulement des bouées dans la rivière», soutient M. Thompson.

Avec Amélie Houle