Le propriétaire du dépanneur-quincaillerie 348, Marcel Thibodeau.

La tension ne diminue pas à Saint-Édouard-de-Maskinongé

TROIS-RIVIÈRES — La mort d’un citoyen des suites d’une crise cardiaque et le malaise d’un conseiller municipal lundi lors de la dernière assemblée publique particulièrement houleuse du conseil municipal de Saint-Édouard-de-Maskinongé n’ont pas fait baisser la tension. Le propriétaire du dépanneur-quincaillerie 348, Marcel Thibodeau, envisage d’envoyer une mise en demeure au maire Réal Normandin pour diffamation. Ce conflit autour d’une interdiction de stationnement devant le commerce aurait comme origine un désaccord concernant des hot-dogs de la Fête nationale.

Dans l’édition du 3 mars du Nouvelliste, le maire de la Municipalité affirmait que «des menaces» ont été proférées à son endroit en raison de cette interdiction de stationnement. «Ça a commencé avec des menaces et de l’intimidation et ça n’a pas lâché depuis un mois», a-t-il mentionné au journaliste Sébastien Houle. «J’ai quelqu’un qui a démissionné à cause de cette pression-là, hier j’en ai un qui a fait une crise de panique, puis là j’ai un décès, si ce n’est pas assez pour dire que la menace, ça ne mène nulle part...»

Instigateur d’une pétition comptant 460 noms de citoyens opposés à l’interdiction de stationnement, le propriétaire du dépanneur-quincaillerie 348 estime que les propos du maire le concernaient. Il soutient ne jamais avoir proféré de menaces à son endroit lors de l’assemblée publique de lundi soir, laquelle s’est déroulée sous supervision policière.

«Je suis allé rencontrer mercredi le policier qui était à l’assemblée. Je lui ai demandé s’il avait senti des menaces ou de l’intimidation et il a dit non», affirme Marcel Thibodeau.

Le commerçant n’accepte pas les propos du maire. Si bien qu’il a consulté un avocat mercredi afin d’évaluer les possibilités de déposer une poursuite pour diffamation. Il affirme qu’il devrait fort possiblement acheminer cette mise en demeure dès jeudi. «Ce n’est pas vrai [ce qu’il a dit]. Dans le journal, il y a eu de la diffamation», estime-t-il.

Le propriétaire du dépanneur-quincaillerie 348, Marcel Thibodeau.

Rappelons que le conflit entre le propriétaire du dépanneur-quincaillerie 348 et la Municipalité concerne des interdictions de stationnement installées en novembre dernier devant le seul dépanneur du village. Soutenant que cette nouvelle signalisation lui fait perdre beaucoup de clients, Marcel Thibodeau ne croit pas que les raisons de sécurité évoquées par le conseil municipal sont justifiées. Il répète qu’il ne survient jamais d’accidents à cet endroit.

Une vengeance pour des hot-dogs?

Toute cette histoire aurait pris naissance, affirme Marcel Thibodeau, lors des célébrations de la Fête nationale il y a quelques années. «C’est une vengeance du conseil municipal et tout le monde a embarqué là-dedans», soutient Marcel Thibodeau. «On est en train de mettre ça à jour comme il faut.»

Pour quelles raisons le maire voudrait-il se venger d’un commerçant? Parce que, estime M. Thibodeau, il aurait fait de la concurrence aux organisateurs de la Fête nationale en donnant des hot-dogs aux citoyens. Le commerçant soutient que pendant plusieurs années, il a fait des dons de 1000 $ aux organisateurs locaux de la Fête nationale.

«Mais ils n’achetaient jamais la nourriture chez nous, ils allaient à l’extérieur du village», précise-t-il.

«J’ai donc décidé de donner une commandite et de donner tout le nécessaire pour des hot-dogs. Mais deux ou trois jours avant la Saint-Jean-Baptiste, il [le maire] est venu me voir pour me dire :’’laisse faire ta commandite, on a tout acheté ailleurs’’. Mais j’avais déjà tout acheté et les fournisseurs ne le reprenaient pas parce que c’était une commande spéciale.»

Marcel Thibodeau a donc décidé de donner les hot-dogs à la population directement sur le trottoir devant son dépanneur. «Ils n’ont pas aimé ça. Mais que je les donne devant mon dépanneur ou par la Municipalité, je les donnais pareil. J’ai donné environ 900 hot-dogs et eux en ont vendu deux douzaines», ajoute-t-il.