Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau, croit que la caquiste Sonia LeBel parle à travers son chapeau lorsqu’elle remet en question le projet éolien Apuiat sur la Côte-Nord.

La tension monte entre la CAQ et le PLQ

Trois-Rivières — Visiblement, les libéraux ne prennent pas à la légère le fait que le sondage Recherche Mainstreet–Groupe Capitales Médias place la candidate vedette de la Coalition avenir Québec, Sonia LeBel, largement en avance dans la circonscription de Champlain en ce début de campagne électorale.

L’attachée de presse du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau, a contacté Le Nouvelliste vendredi matin afin que ce ténor du Parti libéral du Québec (PLQ) puisse réagir aux propos que l’ancienne procureure de la Commission Charbonneau a tenus concernant le projet d’énergie éolienne Apuiat. Ses dires étaient rapportés dans un article publié dans l’édition de vendredi. Mme LeBel y faisait part de ses réserves, ainsi que celles de son chef François Legault, relativement à ce projet qui verra le jour en territoire innu sur la Côte-Nord. Selon les caquistes, le gouvernement actuel n’aurait pas dû se lancer tête première dans ce projet évalué à quelque 600 millions $ et qui procurerait jusqu’à 400 emplois aux Innus durant la période de construction. Rappelons que l’un des joueurs les plus importants de l’industrie éolienne, l’entreprise Marmen, emploie plus de 1000 personnes à son usine du secteur Cap-de-la-Madeleine, située en plein cœur de la circonscription de Champlain.

Le ministre Moreau n’a d’ailleurs pas été tendre à l’endroit de la candidate caquiste au cours de son entretien avec le quotidien régional. Il est même allé jusqu’à dire qu’«elle parle à travers son chapeau».

«Si on devait suivre son raisonnement, des entreprises comme Marmen n’auraient jamais existé. Même Hydro-Québec n’aurait jamais existé. On construit des barrages avant de vendre de l’électricité alors il faut construire des éoliennes avant aussi. [...]Elle ne connaît pas le dossier dont elle parle», lance-t-il sans retenue.

Le ministre poursuit son attaque à l’endroit de la candidate caquiste en rappelant que l’énergie qui proviendra du projet Apuiat sera sur le marché en 2022-2023 et que la demande, autant du Québec que des endroits où Hydro-Québec vend de l’électricité, sera beaucoup plus grande à ce moment-là.

«On doit prévoir à l’avance. À l’heure actuelle, il y a des surplus énergétiques. Mais avec une croissance du marché extérieur et l’augmentation de la demande interne sur notre territoire, ces surplus-là vont éventuellement être utilisés. Hydro-Québec doit donc avoir la capacité de répondre aux demandes. Ce n’est pas lorsque l’on entre dans sa nouvelle maison et que l’on ouvre la lumière qu’il faut penser de se raccorder au réseau d’Hydro-Québec. Il faut que ça soit fait avant. C’est la même chose dans les grands projets», plaide M. Moreau.

De plus, il considère que Mme LeBel ne comprend pas l’importance que représentent les emplois reliés à l’industrie éolienne, et plus précisément ceux découlant directement et indirectement des activités de Marmen.

«Elle dit que c’est une industrie d’avenir. Mais avec elle, elle n’aura pas d’avenir car elle va décider dans 15 ans de commencer à reconstruire. L’autre élément qu’elle oublie, c’est que l’on va bientôt arriver à une période où les parcs éoliens déjà installés devront être remis à niveau», fait-il remarquer.

Déjà des Contrats
En avançant que le gouvernement devrait attendre de signer des contrats de vente d’énergie avant d’aller de l’avant avec le projet Apuiat, M. Moreau affirme que Mme Lebel et son chef oublient qu’Hydro-Québec a déjà conclu une importante entente avec l’État du Massachusetts.

«Dans certaines des composantes qu’Hydro-Québec avait fait valoir sur la table, il y avait des composantes d’hydro-électricité et d’éolien. Je déplore que Mme LeBel menace la stabilité des emplois dans une région qui en vraiment besoin. Je suis sidéré de cette attitude-là», clame-t-il avant d’ajouter que les 1000 emplois chez Marmen représenteraient entre 15 000 et 20 000 emplois à Montréal.