Après 30 heures de travail, Olivier Boucher, Yann Thibodeau, Simon Lacoursière et Jérémie Poisson peaufinaient leur application en début d'après-midi dimanche avant de la présenter aux juges du Hackathon de Shawinigan.

La technologie à l'aide de Shawinigan

Est-il possible, en 30 heures, de créer un logiciel qui pourrait devenir un élément clé du développement d'une ville ou d'une région? C'est l'objectif que se sont donné une cinquantaine de personnes ce week-end lors du Hackathon de Shawinigan.
Pour cette deuxième édition, les organisateurs ont demandé aux programmeurs que leur application soit en lien avec le tourisme, la culture ou les services publics de Shawinigan. Visiblement intéressé par l'idée, le maire de Shawinigan Michel Angers a annoncé avant le lancement du défi que la bourse de 5000 $ remise à l'équipe gagnante allait être bonifiée de 1000 $, gracieuseté de la Ville.
«Avec le thème de cette année, et comme nous sommes dans une orientation de ville intelligente, je suis convaincu que ce que les jeunes vont produire va nous aider et nous inspirer. C'est une belle vitrine pour la ville de Shawinigan. C'est sur que ce sera bon. Ce sont ces jeunes qui réussissent à nous amener à des endroits où traditionnellement nous n'avons pas l'habitude d'aller», a souligné le premier magistrat, qui a été rejoint par Bryan Perro, de Culture Shawinigan, et Luc Arvisais, de Service de développement économique de la Ville de Shawinigan.
Parmi la dizaine d'équipes qui ont décidé de relever le défi, il y a celle de Simon Lacoursière, Olivier Boucher, Jérémie Poisson et Yann Thibodeau, les grands gagnants de l'édition 2016 du Hackathon.
Dès leur arrivée au Digihub samedi matin à 8 h 30, ils avaient déjà une idée bien arrêtée de ce qu'ils comptaient réaliser comme projet: un logiciel permettant au touriste en visite de se façonner un horaire des activités à faire en une journée à Shawinigan. «Le logiciel pourra lui proposer des événements selon ses disponibilités et ses préférences. Est-ce qu'il aime les activités sportives? Est-ce qu'il peut visiter une exposition intéressante au musée s'il a seulement deux heures de libre en après-midi. En spécifiant ses intérêts, il pourra planifier toute la journée et ainsi dépenser dans les commerces locaux», explique M. Lacoursière.
Dimanche après-midi, 30 heures plus tard, les quatre jeunes hommes avaient au bout du doigt une application fonctionnelle. Comment trouver les informations? Ils ont été en mesure d'importer les données du site web Yelp.com, spécialisé dans l'évaluation de restaurants, mais aussi du moteur de recherches Google. Quant aux activités, l'application est en mesure d'utiliser les données du site Internet de l'Office de tourisme de Shawinigan, bien qu'un défi supplémentaire se soit ajouté puisque le site n'était pas conçu pour un tel exercice. 
Le marathon n'a toutefois pas été facile. Deux des quatre membres de l'équipe n'ont pas dormi de la nuit, alors que pour les deux autres, la nuit n'aura été longue que d'une poignée d'heures, à l'image de plusieurs autres équipes.
De plus, afin d'impressionner le jury lors de la présentation, le quatuor a aussi développé un site web donnant toutes les informations, en image et vidéos, à propos de leur application. Non seulement le code permet à l'application de fonctionner, mais le côté marketing de celle-ci a été réfléchi.
«Nous avons appelé l'application Evvnt, parce que c'était le seul nom de domaine disponible, rigole M. Lacoursière.
Le résultat est franchement impressionnant, et semble d'ailleurs avoir retenu l'attention de certains intervenants qui étaient sur place.
L'événement était organisé par l'entreprise Cognibox, qui, aux dires des participants, avait mis le paquet afin de rendre ces jeunes créateurs à l'aise et donner une notoriété à l'événement. «On a découvert qu'il y avait environ 200 hackathons au Canada, et qu'à peu près aucun ne se déroule en région. Ça témoigne de notre leadership au niveau québécois par rapport à l'innovation et ça permet de nous faire connaître comme entreprise», soulignait la PDG Chantal Trépanier, qui espérait ainsi recruter des étudiants provenant de plusieurs universités du Québec en leur faisant réaliser que des emplois étaient disponibles dans le monde des technologies de l'information en Mauricie.
C'est finalement une application visant à faciliter le stationnement à Shawinigan et à indiquer les espaces libres qui a remporté la palme. Quant à Evvnt, qui a terminé sur la deuxième marche du podium, l'application pourrait maintenant être envoyée au recyclage. 
«Nous avons reçu beaucoup de commentaires positifs, souligne Simon Lacoursière. Comme nous ne sommes pas de Shawinigan, nous ne pourrons probablement pas pousser l'idée plus loin, mais je pense que nous sommes tombés en amour avec l'interface, et les quatre, nous risquons de l'utiliser chacun dans notre coin de pays.»