Plus de 800 millions de personnes dépendent de la pêche dans le monde. Pourtant, en l’espace de 40 ans, les stocks halieutiques ont diminué de moitié.

La surpêche

Les océans sont immenses et recouvrent plus de 70% de la surface terrestre. Pourtant, la mer et ses habitants se portent bien mal, et les activités humaines n’y sont évidemment pas pour rien. La surpêche est une des menaces majeures à la bonne santé des océans, essentiels à l’écosystème mondial et au bien-être des populations des quatre coins du monde. Pour la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, il devient essentiel de développer des pêches plus durables.

Quelle est l’étendue des dégâts?
En quelque 60 années, les gros poissons ont enregistré un déclin de 90% et l’exploitation des stocks halieutiques, c’est-à-dire les populations de poissons qui sont à même d’être pêchées et commercialisées, a diminué de 50 % entre 1970 et 2010. En d’autres mots: la quantité de poissons dans nos océans a tellement diminué qu’on est obligé de pêcher moins! 31,4% de ces stocks sont déjà surexploités. D’ailleurs, le Canada sait de quoi il parle: la morue, dont la pêche constituait pourtant un des moteurs économiques de Terre-Neuve, a disparu à 99 %, malgré un moratoire voté en 1992. La communauté terre-neuvienne souffre encore de ce déclin économique et peine à reprendre son souffle. En outre, en mettant sous pression les populations de poissons, la surpêche menace l’ensemble des écosystèmes marins.

Quelles sont les conséquences sur les populations?
Plus de 800 millions de personnes dépendent de la capture, de la transformation, de la production ou de la vente de produits de la mer pour leur survie. La surpêche met donc en péril les moyens de subsistance d’un très grand nombre de personnes, particulièrement dans les pays du Sud global, qui emploient 97 % de la main-d’œuvre de pêche. La grande majorité de cette main-d’œuvre, 90 %, représentent des petits pêcheurs et le poisson leur fournit alors leur revenu principal, voire unique, ainsi qu’une part importante de leur alimentation. Car en plus d’offrir une activité de subsistance à des millions de personnes, le poisson constitue également un élément parfois au cœur de régimes alimentaires. Il représente ainsi une source de protéines essentielle pour près de 3 milliards de personnes à travers le monde.

Que nous dit la surpêche sur notre système?
Encore un domaine où les inégalités prévalent! Par exemple, les eaux si poissonneuses de l’Afrique profitent essentiellement aux industriels étrangers, qui ont déjà vidé leurs propres mers de leurs poissons. L’Union européenne a par exemple multiplié les accords de partenariat de pêche avec des pays africains comme le Sénégal ou la Mauritanie, dotant ainsi ce pillage des ressources halieutiques africaines d’un aspect légal: en échange d’un soutien économique et financier, des pays africains cèdent à certains pays européens le droit d’exploiter leurs zones économiques exclusives. Mais encore une fois, les pêcheurs locaux ne profiteront jamais de ces accords. Bien au contraire: leurs prises sont de plus en plus maigres et ils sont obligés de s’éloigner toujours plus des côtes, parfois au péril de leur vie. Il faut également citer la pêche illégale, qui représente plus de 15 % de la production totale de la pêche au niveau mondial, et les 10 % de captures que représentent les «prises non désirées», notamment à cause de techniques destructrices comme le chalutage (dont les prises non désirées peuvent monter jusqu’à 40 %).

Pour en savoir plus: www.cs3r.org.