La Société de transport de Trois-Rivières a apporté des modifications à son réseau pour répondre aux demandes des citoyens.

La STTR rectifie le tir: elle apporte des changements à son réseau pour répondre aux critiques des usagers

Trois-Rivières — Près de quatre mois après la refonte de son réseau qui a engendré un mécontentement sans précédent chez ses usagers, la Société de transport de Trois-Rivières (STTR) rectifie le tir. Elle apporte des changements dont le rétablissement d’une liaison avec le centre commercial Les Rivières dès le 5 janvier.

«Grosso modo, ce sont des demandes des citoyens. Les citoyens nous demandaient entre autres de retourner aux Rivières. On modifie la ligne 16 pour retourner aux Rivières. C’est vraiment des demandes des citoyens. On est là pour les écouter. [...] On aurait voulu le faire avant les Fêtes. On a été obligé de retarder ça un peu jusqu’au 5 janvier», a expliqué Luc Tremblay, président de la STTR.

Une des doléances importantes des usagers concerne les correspondances. Pour répondre à ces critiques, l’horaire des autobus circulant le soir et les week-ends sera modifié. Pas moins de 11 lignes sont concernées. Ces modifications devraient être mises en place à court terme. «En ajustant nos correspondances, on évite que les gens manquent leurs correspondances. On s’est aperçu en exploitant le réseau que les temps qu’on avait planifiés sur papier et la réalité, c’est deux choses différentes. On le réalise aujourd’hui. Ç’a beau avoir été fait par des experts, il y a quand même des impondérables qui n’avaient pas été prévus», admet M. Tremblay. Et la semaine? «La STTR n’exclut pas la possibilité de revoir les horaires pour améliorer les correspondances ayant lieu les jours de semaine, à moyen terme», a-t-il été précisé dans un communiqué. Par moyen terme, elle entend «pas avant un an».

Troisièmement, le trajet de la ligne 9 dans le secteur Pointe-du-Lac est revu. Le nouvel itinéraire ne circulera plus sur la rue Orée-des-Bois. Plusieurs citoyens s’étaient plaints de la circulation des autobus sur cette petite rue. Une desserte sera ajoutée sur la rue Grande-Allée et sur le chemin de la Pointe-du-Lac.

Cap-de-la Madeleine n’est pas oubliée avec la révision de la ligne 2. Le nouvel itinéraire passera sur les rues Saint-Laurent, Toupin, Notre-Dame Est et Saint-Maurice pour l’aller. Au retour, il empruntera le boulevard Sainte-Madeleine. L’objectif de ce changement est de diminuer les distances de marche des usagers et assurer une plus grande desserte à moins de 400 mètres d’un arrêt d’autobus. Dans ce cas ainsi que celui de Pointe-du-Lac, les changements devraient être apportés «à court terme».

Finalement, la STTR étudie la possibilité de former un nouveau comité sur l’expérience client. «On sait qu’un comité d’usagers s’est formé et on va continuer à les écouter. Mais on veut former un comité plus formel avec des balises, avec des normes. [...] On veut avoir un échantillon de personnes qui va être représentatif de l’ensemble des usagers qui va pouvoir nous amener des idées, des solutions, des propositions [...]», précise M. Tremblay.

Les cartes du réseau intégrées sur le site internet de la STTR et sur les différentes plateformes seront mises à jour dès que les modifications seront effectives, a précisé la STTR. Divers scénarios sont étudiés pour continuer d’améliorer le réseau. «L’ancien réseau a été là pendant 30 ans sans presque aucune modification. Ce n’est plus ça qu’on veut. On veut un réseau qu’on va pouvoir modifier régulièrement», explique le conseiller municipal du district de Châteaudun.

Ces changements vont bien sûr entraîner des coûts. Par exemple, l’ajout d’un arrêt au centre commercial Les Rivières va coûter quelque 100 000 $. Les autres modifications vont entraîner des dépenses moindres. «Toute modification amène quand même un certain coût. L’important pour nous, c’est la satisfaction de la clientèle», précise M. Tremblay. Par ailleurs, la STTR a demandé une augmentation de son budget à la Ville. Il n’a pas été possible de savoir à quelle hauteur.

Pour ce qui est de l’achalandage, une baisse de moins de 1 % a été enregistrée depuis le déploiement du nouveau réseau. «Je ne ferai pas de cachette que ç’a diminué un peu. Mais on s’y attendait. On le savait. Partout, dans toutes les sociétés de transport au Québec quand elles font des modifications majeures, automatiquement, il y a certaines baisses au départ. [...] Mais on est convaincu qu’à moyen et à long terme, ça va être bénéfique. On est convaincu du résultat final», assure M. Tremblay.

Par ailleurs, la grogne semble diminuer par rapport au nouveau réseau. Alors qu’une assemblée publique de la STTR avait même attiré plus d’une centaine de personnes, en août, environ une vingtaine d’usagers étaient présents, mercredi soir.

À l’annonce que des changements allaient être apportés, quelques «bravos» ont fusé de la salle. Toutefois, les questions ont quand même été nombreuses ainsi que les critiques. Les correspondances continuent d’irriter les clients de la STTR. «Je marche plus de 450 mètres ou j’attends 30 minutes au centre-ville», a déploré Marcel Croteau. «C’est la dernière fois que je viens ici», a lancé Thérèse Simard. «Ça me coûte 30 $ de taxi du Cap chaque fois que je viens ici», a-t-elle ajouté. La dame de 74 ans déplore que l’arrêt devant sa résidence ait été enlevé. «Tout le monde ici, mettez vos autos dans le garage, prenez l’autobus et vous allez comprendre ce que je ressens.»

Une dame a raconté que son petit-fils autiste travaille dans un Tim Hortons situé à sept minutes en voiture de chez lui. Ça lui prend deux heures pour s’y rendre en autobus. «C’est incroyable. Je pense qu’il passe plus d’heures dans l’autobus qu’il passe d’heures à travailler. Je le voyage parce que j’ai peur qu’il se décourage», a-t-elle déploré.

Le nombre de plaintes a explosé cet été

Le nombre de plaintes acheminées à la Société de transport de Trois-Rivières (STTR) via Internet a explosé à la suite du déploiement de son nouveau réseau en juillet. Elles ont plus que quintuplé entre juin et juillet passant de 87 à 474. Toutefois, la situation semble revenir à la normale, assure la STTR.

«Pour le mois d’octobre, on est vraiment revenu à des statistiques similaires à celles qu’on avait avant l’implantation du nouveau réseau. Pour nous, c’est bon signe. En ligne, c’est quand même simple de faire plusieurs requêtes. Nous, ce que ça prouve, c’est qu’on est à l’écoute des usagers et que plus ça va, plus le système est compris, et plus on est en mesure de l’améliorer», affirme Charles-Hugo Normand, conseiller en communication pour la STTR.


Le nombre de requêtes et celui des plaignants diffère parce que des individus ont déposé plusieurs plaintes. Ainsi, de juin à juillet, le nombre de plaignants est passé de 82 à 367. Ces statistiques sont demeurées élevées en août avant de diminuer drastiquement en septembre. La STTR rappelle d’ailleurs que le déploiement du nouveau réseau s’est fait en deux temps soit le 7 juillet et à la rentrée des étudiants en août.

Le nombre d’appels reçus au service à la clientèle a aussi fait un bond spectaculaire de juin à juillet (1077 à 2240). Selon la STTR, la baisse est significative depuis le mois de septembre. «Les gens ont encore beaucoup de questions sur le nouveau réseau. Mais les statistiques sont encourageantes. Pour le dernier mois [septembre], le nombre d’appels est quand même élevé, mais c’est quand même pratiquement deux fois moins que le mois précédent [août]. Oui, les gens ont encore des demandes, mais c’est en nette diminution, et nous, on utilise ces requêtes pour améliorer le réseau», souligne M. Normand.