La STTR a annoncé que les horaires de sept de ses lignes seraient modifiés pour faciliter les correspondances.

La STTR modifie ses horaires

TROIS-RIVIÈRES — Il y a un peu plus d’un mois, la Société de transport de Trois-Rivières déployait son nouveau réseau. Nouveaux arrêts, nouvelles lignes et changement de terminus étaient au menu pour les usagers du transport en commun trifluvien, ce qui avait d’ailleurs fait fortement réagir plusieurs d’entre eux lorsque la STTR a présenté ces nouveautés lors de séances d’information, à la mi-juin. Jeudi, la STTR a annoncé que les horaires de sept de ses lignes seraient modifiés pour faciliter les correspondances, un des irritants majeurs évoqués par des citoyens.

Les lignes 2, 8, 9, 10, 11, 12 et 60 verront ainsi leur horaire modifié, ce qui obligera les usagers du transport en commun trifluvien à consulter le site internet de la STTR. Pour le directeur général de la STTR, Guy Demontingy, ces ajustements permettront
de diminuer le nombre de cas où des gens ont raté leur transfert en raison du retard de leur premier autobus.

«On a observé un certain nombre de problèmes au niveau des correspondances, confirme-t-il. On a fait une redivision du temps de battement pour le ramener en terminus. En faisant ça, ça va faciliter les transferts, notamment aux terminus du centre-ville et aux Galeries du Cap.»

Les changements seront effectifs à partir du dimanche 18 août, soit juste à temps pour la rentrée scolaire, alors que les étudiants du Cégep de Trois-Rivières et du Collège Laflèche retourneront en classes le 19 août, suivis par les élèves du secondaire, fin août, et des étudiants de l’UQTR, le 4 septembre. La STTR a également, au cours du dernier mois, fait des ajustements aux trajets des lignes 10 et 25.


Le directeur général de la STTR, Guy Demontingny.

La résistance s’organise

Auprès de la population, la transformation du réseau de transport n’est pas passée comme une lettre à la poste. La STTR avait d’ailleurs été prise par surprise en voyant débarquer 200 personnes dans ses bureaux lors de la première de trois séances d’information, à la mi-juin. On ne s’attendait manifestement pas à recevoir autant de visiteurs d’un coup. Les usagers qui ont fait acte de présence à ces rencontres déploraient alors la disparition du terminus du Centre Les Rivières, déplacé à l’UQTR. Ils ont également critiqué le manque de consultation publique avant de mettre sur pied le nouveau réseau.

Un mois plus tard, sur la page Facebook de la STTR, les critiques sont encore nombreuses. La problématique des transferts pourrait, souhaitons-le, être réglée par l’ajustement des horaires annoncé jeudi. Mais pour Hélène Gauron, qui fait partie de ceux et celles qui ont vivement dénoncé les changements annoncés par la STTR lors des rencontres d’information, en juin, le mal est déjà fait. Selon elle, les grandes oubliées de la STTR sont les personnes âgées, qui ont du mal à s’y retrouver à travers ces changements.

«Ça crée de la détresse chez les personnes âgées. Elles sont inquiètes et beaucoup ne veulent plus prendre l’autobus. Certains pensent même à déménager. Je trouve ça terrible, l’impact que ça a sur eux», soutient-elle.

Elle déplore également les ratés avec l’application Transit, que les usagers du transport en commun à Trois-Rivières peuvent utiliser depuis plusieurs années pour planifier leur itinéraire et voir en temps réel. Qui plus est, elle craint qu’encore une fois, les personnes âgées, tout comme les autres personnes qui ne peuvent ou ne veulent pas se servir d’un téléphone intelligent, soient livrées à elles-mêmes et ne soient pas informées adéquatement des changements d’horaires, notamment.

«La population qui n’a pas de cellulaire, elle fait quoi pour savoir si l’autobus arrive plus tôt ou plus tard que prévu? J’ai fait un sondage auprès des chauffeurs d’autobus et c’est 20 à 25 % de la population qui n’en a pas, selon leurs observations», soutient-elle.

Mme Gauron a donc décidé de créer le Comité citoyen transport de Trois-Rivières afin, notamment, de documenter les impacts du nouveau réseau et de les présenter lors des assemblées publiques de la STTR et devant le conseil municipal. «On veut donner une force de parole aux usagers, qu’on soit un plus pour eux. On veut que les gens viennent vers nous pour qu’on puisse ensuite faire le pont avec la STTR», résume-t-elle.

Parmi les projets du comité, on souhaite créer une infolettre pour informer les usagers du transport en commun des changements apportés au réseau, puisque Mme Gauron juge que ceux-ci ne sont pas toujours assez publicisés par la STTR.

Son comité se penchera d’ailleurs vendredi sur les changements d’horaire qui entreront en vigueur dimanche, sur sept lignes.

Hélène Gauron

D’autres ajustements

Mis au fait des critiques soulevées par Mme Gauron, M. Demontigny assure que la STTR n’est pas restée les bras croisés une fois le réseau déployé, le 7 juillet. Des ajustements ont déjà été faits, souligne-t-il, notamment sur les lignes 13 et 25, en raison des travaux d’aménagement du terminus de l’UQTR, qui se sont terminés le 5 août dernier.

«Depuis que le nouveau a été déployé, il a été revu en long et en large. Il y a eu plusieurs ajustements opérationnels. Mais de passer de la théorie à la pratique, c’est complexe, il faut se l’avouer.»

M. Demontigny compte d’ailleurs sur les commentaires des usagers, qui ont d’ailleurs permis de faire les ajustements des temps de battement aux terminus, pour perfectionner davantage le réseau et résoudre les problèmes qui se présentent. «Plus on a d’information, plus on va améliorer le réseau», résume-t-il.

Ses souhaits pourraient être exaucés le 21 août prochain, lors de la prochaine assemblée publique de la STTR. Exceptionnellement, celle-ci aura lieu à la salle publique de l’hôtel de ville de Trois-Rivières, la STTR s’attendant à y voir débarquer un plus grand nombre de personnes qu’à l’habitude.

En ce qui a trait à la vulnérabilité des personnes âgées, M. Demontigny dit concevoir que certaines personnes ont eu et ont encore besoin d’être «rassurées» sur les changements amenés. Le volume d’appels a d’ailleurs presque triplé depuis le 7 juillet, passant d’une cinquantaine à près de 150 par jour au service à la clientèle de la STTR. M. Montigny croit toutefois que ce dernier a su faire preuve d’efficacité et de «générosité» pour rassurer les usagers et les guider dans ce changement.

Quant à l’application Transit, M. Demontigny dit être conscient que des pannes et des interruptions peuvent se produire, notamment lorsque les bases de données sont mises à jour. «Ça peut arriver, mais c’est momentané», assure-t-il.

Lamarche confiant

Pour sa part, le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, dit avoir confiance en la STTR pour faire les ajustements nécessaires au fur et à mesure. Il a d’ailleurs rencontré des représentants de la société de transport jeudi. 

«Je pense que les gens de la STTR sont très ouverts à écouter les citoyens, j’ai senti que ce sont des gens réceptifs aux commentaires qui ont été émis», affirme-t-il. 

«Tout ce qu’on vit en ce moment, par rapport aux 30 dernières années, c’est nouveau. Il faut avoir la volonté de s’adapter et de réagir et là-dessus, j’ai confiance en la STTR et ses usagers. Tous ensemble, on va s’adapter. Mais la STTR est consciente qu’elle doit avoir un pouvoir de réaction rapide, toujours dans les moyens qu’elle a.»

Le premier magistrat promet également que la Ville de Trois-Rivières sera à l’écoute des citoyens s’ils souhaitent adresser leurs doléances à elle plutôt qu’à la STTR.