Guy Rousseau, directeur général de la SSJB-Mauricie s’est adressé au conseil municipal mardi soir.
Guy Rousseau, directeur général de la SSJB-Mauricie s’est adressé au conseil municipal mardi soir.

La SSJB salue l’écoute d’IDE Trois-Rivières et entend poursuivre ses actions pour le respect de la loi

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Au lendemain de la décision d’Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières de retirer le terme Open de l’affichage du bâtiment du District entrepreneurial innovant, la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de la Mauricie a salué l’ouverture et l’écoute démontrée par l’organisme et par la Ville de Trois-Rivières pour en arriver à cette décision. Une victoire en quelque sorte pour la SSJB, qui prévient toutefois que le combat continuera de se mener pour faire respecter la loi sur l’affichage en français dans la région.

Car si le dossier Open Trois-Rivières a incité la SSJB à porter plainte à l’Office québécois de la langue française (OQLF), il est loin d’être un cas unique. «On a beaucoup parlé d’Open dernièrement, car c’était beaucoup sur la place publique. Mais des plaintes comme ça, on peut en loger une par mois. Seulement, ça se fait souvent dans le privé, on ne va pas toujours sur la place publique avec ça», explique le directeur général de la SSJB, Guy Rousseau.

Ce dernier a tenu à saluer l’issue du dossier de l’affichage de ce bâtiment au centre-ville. «C’était un minimum, mais nous sommes évidemment très satisfaits. IDE Trois-Rivières fait un excellent travail et on n’a jamais remis en question leur compétence ou leurs projets. Par contre, qu’ils aient reculé sur cette question témoigne à mon avis d’une grande sagesse et d’une écoute de la population, il faut le souligner. Ça démontre de l’ouverture de leur part et c’est tout à leur honneur», considère Guy Rousseau.

Toutefois, la question de l’appellation Open demeure encore problématique selon lui, et ce sera à l’OQLF de se pencher sur la question. «Les indications que nous avons, c’est qu’ils ne trouvent pas ça drôle, notamment parce que ça relève d’une organisme paramunicipal, donc financé par des fonds publics. Quand il est question de services publics en français, on sait que le gouvernement Legault est sensible à la question. À mon avis, c’est même un cas qui pourrait faire jurisprudence», mentionne Guy Rousseau.

DigiHub?

Encore une fois cette année, la SSJB de la Mauricie tiendra son concours «Le français à l’affiche», et s’intéressera plus particulièrement aux entreprises des centres-villes de Trois-Rivières et Shawinigan. Le cas Open Trois-Rivières pourrait inspirer l’organisme à se pencher sur d’autres appellations de ces secteurs, comme par exemple le DigiHub de Shawinigan.

Toutefois, Guy Rousseau demeure prudent. Il existe, selon lui, une différence entre Open et DigiHub étant donné que le second a été enregistré comme étant une marque de commerce. «Nous allons tout de même regarder ça avec attention. Peut-être que le DigiHub aurait avantage à expliquer sa vocation dans son appellation, à se définir», se questionne Guy Rousseau.

Par ailleurs, un énorme travail de sensibilisation demeure à être fait auprès de la nouvelle génération d’entrepreneurs, constate M. Rousseau. Les coworking, startup et autres appellations anglophones de ce milieu peuvent poser problème sur un plan légal, selon le cas. «C’est comme si le combat était gagné, qu’on était rendu ailleurs. Mais c’est encore fragile. L’ouverture sur le monde, c’est parfait et même souhaitable, mais ça ne doit pas se faire en perdant son identité», martèle Guy Rousseau.