La SQ augmente les effectifs de son unité des crimes non résolus

La Sûreté du Québec (SQ) frappe un grand coup pour tenter de résoudre de vieilles affaires de meurtre, surtout celles qui impliquent des femmes, des enfants et des personnes âgées.

L'unité des crimes non résolus compte actuellement cinq enquêteurs à temps plein, mais la SQ souhaite que dès les prochains mois, 30 employés s'affairent en permanence à cette tâche, à Montréal et à Québec.

L'unité résout actuellement en moyenne quelques affaires de meurtre chaque année seulement, mais la SQ espère que ce taux de réussite augmentera considérablement avec les nouveaux effectifs. Selon la lieutenante Martine Asselin, porte-parole de la SQ, les enquêteurs sont constamment sollicités par de nouvelles affaires criminelles, et ils n'ont pas toujours le temps de rouvrir d'anciens dossiers.

Mme Asselin admet que c'est l'affaire de la petite Cédrika Provencher, à Trois-Rivières en 2007, qui a précipité l'ajout d'employés dédiés exclusivement aux crimes non résolus - même si cette enquête est toujours en cours.

Henri Provencher, le grand-père de Cédrika Provencher et dirigeant de la fondation portant le même nom, a applaudi la nouvelle.

«Si Cédrika a pu influencer, c’est positif. C’est ce qu’on fait à la fondation et c’est réjouissant qu’il puisse y avoir des améliorations comme celle-là. Nous, on connaît maintenant le dénouement pour Cédrika, même si le dossier continue. Mais tout parent qui a perdu un enfant, ou un être cher, doit accueillir cette nouvelle positivement, en espérant que ça va changer les choses et les accélérer.»

Le travail ne manquera certainement pas au sein de cette unité: on compte actuellement près de 750 dossiers de crimes non résolus, qui remontent parfois jusqu'à 1960, indique Mme Asselin. À sa création en 2004, l'unité des crimes non résolus misait surtout sur les nouvelles techniques d'enquête, comme les profils d'ADN.

Selon la lieutenante Asselin, les enquêteurs constatent aussi que certains témoins ou informateurs ont davantage envie de parler à mesure que le temps passe. Si le suspect est proche de la victime, par exemple, ou si le crime a été commis dans une petite communauté, les témoins pouvaient ressentir à l'époque une certaine crainte, dit-elle.

«Vingt ans, trente ans plus tard, certaines personnes sont décédées, on est peut-être déménagé, notre situation familiale peut avoir changé, puis là on est prêt aujourd'hui à en parler», explique-t-elle.

Par ailleurs, Mme Asselin croit que les médias sociaux pourraient aussi contribuer à résoudre certaines affaires criminelles. Grâce à ces nouveaux outils, «l'information circule beaucoup plus vite», rappelle la lieutenante.

Avec Le Nouvelliste