George Laraque, qui milite contre la cruauté animale, avait qualifié les courses de cochons graissés de «dégueulasses» et de spectacle dégradant.

La sortie de la SPCA ne changera rien pour le Festival du cochon

La sortie de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux de Montréal (SPCA) contre le Festival du cochon de Sainte-Perpétue a surpris les administrateurs de l'événement. Son directeur général, Michel Jutras, maintient que ce même organisme avait autrefois donné son approbation envers le déroulement de la course du cochon graissé.
Selon M. Jutras, cette visite aurait eu lieu en 1980 ou 1981, alors que la première édition du Festival était en 1977.
«Ils étaient venus visiter et étaient repartis et n'ont jamais dit quoi que ce soit», a-t-il souligné.
Le site Web de l'événement fait d'ailleurs état de cette visite dans la section Foire aux questions sous la rubrique «Est-ce que le cochon souffre ou a des douleurs lors des différentes courses?» L'organisation y répond: «Soyez assurés que la SPCA a évalué le déroulement de la compétition avec une très grande rigueur et a jugé l'activité non dangereuse pour le cochon.»
À la SPCA, on ne peut infirmer ou confirmer une telle visite puisque le dossier est trop vieux. Une chose est certaine, jamais une telle approbation ne serait donnée aujourd'hui et la législation est bien différente en 2014. Mercredi, sur sa page Facebook, l'organisme y allait d'une sortie en règle contre le Festival, dans laquelle elle donnait son appui aux déclarations de Georges Laraque qui, le 29 juin dernier, appelait au boycott de l'événement.
Jeudi, la SPCA a persisté et signé en ce sens. La coordonnatrice aux relations de presse, Anita Kapuscinska, a mentionné que les animaux couraient un risque et que leur sécurité n'était pas la priorité des organisateurs.
«Nous sommes contre le Festival du cochon de Sainte-Perpétue et contre tout autre festival qui utilise des animaux pour le divertissement.»
C'est à la suite de la lecture de divers articles sur le sujet que la Société y est allée de cette sortie. Aucune enquête n'a été effectuée sur l'événement, puisque celui-ci n'est pas situé sur son territoire.
«C'est évident que le cochon n'est pas content. Il est victime de stress et est en souffrance. C'est absolument inutile comme divertissement», a affirmé Mme Kapuscinska.
«En principe, quand un animal est utilisé pour le profit et pour le divertissement, ce n'est pas pour le bien-être de l'animal.»
Du côté du festival perpétuen, on maintient que tout est fait pour assurer la sécurité des porcs et qu'un vétérinaire est sur place pour assurer la sécurité des porcs, tout comme il y a des ambulanciers pour assurer le bien-être des participants.
«Nous, on montre patte blanche. On sait ce qu'on fait. Il y a des règlements et c'est fait dans les règles de l'art», a maintenu le directeur général de l'événement.
Dans sa déclaration contre le festival, la SPCA invitait aussi la population à porter plainte au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), qui peut intervenir dans une telle situation.
Jeudi, le MAPAQ ne pouvait confirmer si une visite avait eu lieu dans le passé à cet endroit. M. Jutras a toutefois noté que les passages des inspecteurs étaient liés aux concessions alimentaires et non pas aux courses de cochons graissés.
Rien de nouveau
L'appel au boycott de la SPCA envers le Festival du cochon de Sainte-Perpétue ne surprend guère les dirigeants du Festival western de Saint-Tite, qui se retrouvent par le fait même visés par la sortie de l'organisme.
Le directeur général de l'événement, Pascal Lafrenière, avoue qu'il doit répondre aux doléances de divers groupes de pression de façon annuelle.
«Chaque année, nous les invitons à venir nous visiter afin de démystifier plusieurs choses et leur montrer comment nous fonctionnons. Ils ne viennent jamais.»
Celui-ci mentionne que les animaux sont avant tout considérés comme des athlètes et qu'il n'est absolument pas dans l'intérêt des propriétaires d'en abuser, ceux-ci ayant beaucoup de valeur.
«Je ne peux pas dire qu'il n'y a jamais eu d'abus, comme dans toutes les sphères. Je ne peux pas défendre l'indéfendable. Mais on tente d'être toujours à notre meilleur parce que nous avons tout à perdre dû à l'ampleur du festival.»
Malgré les efforts faits afin d'améliorer la sécurité des bêtes, plusieurs groupes de pression continuent de demander la fin des activités sportives de l'événement. À son avis, il n'y a rien à faire pour réunir les deux groupes.
«Il faut faire attention pour ne pas juger les valeurs des autres. Nous, on respecte leurs valeurs même si on ne les cautionne pas. On s'attend à la même chose. On ne peut pas porter de jugement sur les gens qui viennent voir ça, sinon on dit que 600 000 personnes font fausse route», a-t-il conclu.