Jean-François Aubin a lancé le groupe «Initiatives citoyennes contre la COVID-19».
Jean-François Aubin a lancé le groupe «Initiatives citoyennes contre la COVID-19».

La solidarité prend de l’ampleur

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — En ces temps d’incertitude liée à la pandémie de COVID-19, quelques initiatives citoyennes commencent à voir le jour aux quatre coins de la région, prouvant que la solidarité a plus que jamais sa place durant cette crise. Pendant que partout dans la région, des réseaux se mettent en place pour recenser les différentes initiatives citoyennes et encourager l’achat local, un mouvement global prend de l’ampleur pour saluer et remercier les travailleurs du milieu de la santé et tous les leaders qui gèrent actuellement cette crise.

À Trois-Rivières, le professeur en travail social du Cégep de Trois-Rivières et ancien candidat à la mairie, Jean-François Aubin, a lancé le groupe Facebook «Initiatives citoyennes contre la COVID-19». La page regroupait déjà plus de 1075 personnes mercredi après-midi, et vise à répertorier les différentes initiatives citoyennes qui se mettent en place pour aider à traverser la période de distanciation sociale imposée par le gouvernement.

Ainsi, un citoyen y a déjà proposé d’y tenir des ateliers d’écriture en ligne, un autre y répertorie les différents services adaptés par les restaurants pour la livraison à domicile et les plats à emporter. Même le clown humanitaire Guillaume Vermette se propose pour aller faire vos courses si vous êtes confinés à la maison.

«Le but c’est de voir de quelle façon on peut s’entraider. Il y a toutes sortes de gens qui vivent toutes sortes de réalités et il faut pouvoir les aider ou au moins les référer aux bonnes personnes. Ça permet la circulation de l’information et de créer des liens avec des gens qui auraient des besoins spécifiques», considère Jean-François Aubin.

Selon lui, le concept de distanciation sociale peut rapidement devenir anxiogène pour plusieurs dans une situation telle que la pandémie de la COVID-19. «L’être humain est une bibitte sociale. En temps de distanciation sociale, il faut trouver un moyen de garder contact, qu’il y ait autre chose. Ça peut contribuer à diminuer l’anxiété chez plusieurs, de donner une impression qu’on contrôle au moins quelque chose, par l’élan de solidarité qui découle de tout ça», ajoute celui qui a même donné une entrevue à une radio francophone de Toronto sur cette initiative.

Achat local

Une autre initiative citoyenne voit le jour en pleine crise de COVID-19 afin d’aider la population québécoise à se ravitailler en produits essentiels tout en appuyant ses commerçants locaux, le tout en toute sécurité.

L’initiative est celle d’un groupe de citoyens provenant de la Mauricie, du Centre-du-Québec et de l’Estrie. En région, on y retrouve Stéphanie Dufresne, François Poisson, Isadora Tremblay et l’organisme Bleu forêt communication.

«La notion est, nous l’espérons, bien ancrée en chacune et chacun de nous: pour vaincre le nouveau coronavirus, nous devons maintenir une certaine distance sociale. Si cela suppose d’augmenter la distance physique entre nous, voyons-le comme une opportunité d’augmenter aussi la solidarité et la débrouillardise. Tout comme notre économie, devenons plus résilients», explique le groupe.

Geneviève Rajotte-Sauriol devant le commerce Chez Méo a Saint-Élie-de-Caxton.

Ainsi, un formulaire intitulé COVID-19 : Distanciation sociale et achat local est en circulation présentement sur Internet, principalement sur Facebook. On peut y avoir accès par ce lien: https://tinyurl.com/achatlocalcovid19

Ce formulaire vise à regrouper les ressources locales du Québec qui vendent des produits locaux en ligne ou qui offrent des arrangements d’échange sans contact pour la période de distanciation sociale. Les informations recueillies permettront de produire des listes évolutives par région, à partager avec toute la population. L’accent est mis sur les commerces de proximité, particulièrement ceux qui vendent des produits cultivés, fabriqués ou transformés au Québec.

Comme il s’agit de favoriser la distanciation sociale, les commerces doivent indiquer leurs modes d’échange avec leurs clients (livraison par la poste ou sans contact, cueillette sans contact). On rappelle qu’il est préférable de conclure la transaction en ligne ou par cartes afin d’éviter la manipulation de monnaie.

Des listes seront produites pour ces régions et, si l’initiative est reprise ailleurs, dans le plus de régions possible au Québec. Des partenaires locaux (SADC, Chambres de commerce, etc.) viennent déjà en appui à la démarche et d’autres s’ajouteront certainement, prédit-on

«En plus de faciliter la nécessaire distanciation sociale, cette démarche permet de faire d’une pierre deux coups en aidant les petits joueurs de nos économies régionales, mis à mal par les mesures d’isolement. Ils nous fournissent en aliments et en biens essentiels toute l’année, c’est maintenant aussi à nous, consommateurs, de les soutenir dans cette épreuve », expliquent les instigateurs de ce mouvement spontané.

«Habituellement, le dicton va comme suit: tout seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin. Dans les circonstances actuelles, il faut effectivement agir tous ensemble. Mais, pour se ravitailler, c’est une personne non infectée à la fois, et le moins loin possible. La beauté de la chose, c’est qu’une fois la menace écartée, nous nous serons dotés d’un outil de plus pour une belle et bonne résilience de tous les jours», renchérit-on tout en faisant connaître la page Facebook : https://www.facebook.com/Solutionlocale/

FLASH TES LUMIÈRES

Finalement, un citoyen de la rive sud, Stéphane Lévesque, propose aux gens de poser un geste: flash tes lumières à 20 heures.

«Tout en demeurant à la maison, flash tes lumières à 20 heures est un moyen simple et accessible à tous de démontrer collectivement notre appui et nos remerciements au premier ministre François Legault, au gouvernement du Québec et à tous les employés du domaine de la santé dans le cadre de cette situation exceptionnelle qui nous concerne tous», explique l’initiateur de cet événement Facebook https://www.facebook.com/events/654284418738124/?notif_t=plan_user_joined¬if_id=1584467998751155

Ce dernier dit s’être inspiré de l’émission L’heure JMP.

«En plus de démontrer notre solidarité et notre appui, c’est également un moyen de briser notre isolement», conclut-il, tout en souhaitant que Flash tes lumières à 20 heures se poursuive tant que la crise durera.