C’est à Pascal Boilard qu’on doit l’initiative de la campagne Trois-Rivières unie durant la pandémie visant à nourrir des démunis et à favoriser la relance des restaurants locaux.
C’est à Pascal Boilard qu’on doit l’initiative de la campagne Trois-Rivières unie durant la pandémie visant à nourrir des démunis et à favoriser la relance des restaurants locaux.

La solidarité contre la crise

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES – Une campagne de financement qui a officiellement vu le jour vendredi sur le site de sociofinancement La Ruche Mauricie devrait donner un important coup de pouce aux restaurateurs trifluviens tout en contribuant à nourrir des familles dans le besoin.

La campagne s’intitule Trois-Rivières unie durant la pandémie et elle s’inspire de ce qui s’est fait chez Moisson-Estrie au cours des dernières semaines. Le principe est le suivant : on invite le public à offrir une contribution monétaire qui va d’abord permettre à des restaurateurs locaux de cuisiner des plats prêts-à-manger qui vont être distribués à des personnes dans le besoin par les bons soins de Moisson-Mauricie/Centre-du-Québec entre le 22 avril et le 30 juin 2020.

Comme toutes sortes de forfaits sont offerts, des options s’offrent aux donateurs. Ils peuvent, par exemple, offrir une contribution de leur choix mais aussi le faire selon des forfaits débutant à 35‹$. Avec celui-ci, on offre cinq repas cuisinés par des restaurateurs locaux et distribués par Moisson Mauricie/Centre-du-Québec et le donateur recevra un reçu fiscal de 35‹$.

On peut aussi contribuer pour 50‹$ sous la forme d’une carte-cadeau qu’on pourra utiliser dans un des restaurants participants au moment de sa réouverture. Plusieurs forfaits de montants supérieurs permettent de combiner repas distribués et carte-cadeau personnelle. La liste des forfaits disponibles se trouve sur le site de la campagne où on en explique toutes les facettes. On peut y accéder par le site de La Ruche Mauricie mais il est plus simple de le faire via les sites d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières, celui de la Ville de Trois-Rivières, celui de Tourisme Trois-Rivières ou encore au resto3r.com. Chacun renvoie directement sur le site de La Ruche Mauricie.

On y trouve la liste des restaurants participants, celle des partenaires associés dont IDÉ Trois-Rivières qui contribuera pour un montant maximal de 5000 $ à cette campagne. Le processus de financement s’étalera pendant les 33 prochains jours au terme desquels, les donateurs ayant opté pour une carte-cadeau seront contactés pour choisir dans quel restaurant participant ils souhaitent l’utiliser. Pour l’instant, une trentaine d’établissements ont adhéré mais d’autres vont s’ajouter à la liste.

La campagne a fixé comme objectif d’amasser 25‹000‹$ mais déjà, vendredi après-midi, quelques heures à peine après le lancement officiel de la campagne, on avait atteint le chiffre de 18‹500‹$ de dons par quelque 114 contributeurs.

On souhaite également atteindre le chiffre des 2500 repas à distribuer mais il est déjà acquis qu’on aura amplement la capacité de production pour dépasser cet objectif. Puisque la demande du milieu est importante, on n’attendra pas la fin de la campagne pour commencer la distribution : dès le 22 avril, celle-ci sera en marche.

La comédienne Christine Beaulieu a offert sa contribution dans la mise sur pied de la campagne.

La campagne permettra d’atteindre plusieurs cibles simultanément : nourrir des personnes dans le besoin, aider à ramener au travail des travailleurs dans le domaine de la restauration et stimuler la relance des restaurants quand ils seront en mesure de rouvrir leurs portes.

La campagne est une initiative de Pascal Boilard, actionnaire chez LANEC solutions web et bénévole chez Moisson-Mauricie/Centre-du-Québec. Il en a eu l’idée en voyant ce qui s’est fait de similaire à Sherbrooke avec Moisson-Estrie. «Ceux à qui j’en ai parlé ont été unanimes à embarquer dans le projet, raconte-t-il. On s’est donné un objectif de 25‹000‹$ parce que le principe de La Ruche impose qu’une campagne atteigne son objectif pour qu’elle se réalise pleinement mais en vérité, on espère atteindre plus de 50‹000‹$.»

C’est lui qui a supervisé la production d’une capsule vidéo qui accompagne la présentation de la campagne sur le site de La Ruche Mauricie. On peut y voir et entendre le maire de Trois-Rivières Jean Lamarche, l’animateur de radio Stéphane Beaulac, la comédienne Christine Beaulieu ainsi que Paskale Méthot, propriétaire du Sushizo, qui incitent les gens de la région à contribuer.

Yves Beaudoin, du Brasier 1908, représente les restaurateurs dans cette initiative. «Je suis vraiment fier de la tournure que ça prend, dit-il. Ça aide la communauté alors que les besoins sont vraiment criants mais c’est aussi un sérieux coup de pouce aux restaurateurs. Certains vont rouvrir leur cuisine pour y prendre part et quand ils vont accueillir de nouveau la clientèle, ils vont pouvoir s’appuyer sur une certaine demande et profiter de certaines liquidités.»

«Dans le regroupement Resto 3R, on compte quelque 80 établissements unis dans le contexte de cette pandémie et la grande majorité ont été contraints de fermer leurs portes alors que les autres se fient essentiellement sur la livraison. Grâce à cette nouvelle initiative, plusieurs vont au moins être en mesure de rappeler des employés au travail. Tous les participants peuvent garantir la préparation d’un minimum de 50 portions à distribuer mais plusieurs sont prêts à faire beaucoup plus que ça si la demande excède les 2500 portions qu’on vise au départ.»

«C’est vraiment une belle campagne. La beauté de la chose, c’est autant l’apport financier que le symbole. Nous avons besoin d’un vent de positif dans le contexte actuel : ça fait du bien de se serrer les coudes pour apporter de l’aide à des gens démunis. Ça amène une belle collaboration et une motivation parce qu’on vise tous à conserver la très belle offre de restauration qu’on retrouve à Trois-Rivières.»

Déjà ambassadrice des attraits touristiques de Trois-Rivières pour une 4e année, Christine Beaulieu a voulu donner son coup de main devant la situation qui accable sa communauté d’origine. «J’ai demandé comment je pourrais aider et on m’a parlé de cette initiative que je trouve géniale. Les gens peuvent donner ce qu’ils peuvent et les démunis vont en profiter tout comme les restaurateurs qui affrontent eux aussi une situation difficile.»

«J’ai écrit le texte de la capsule vidéo dans laquelle on invite les gens à être solidaires dans cette crise alors que les besoins sont énormes à toutes sortes de niveaux. Dans des circonstances comme celles qu’on vit, mon réflexe, c’est d’aider et cette campagne est vraiment un moyen extraordinaire. J’en parle au plus grand nombre de gens possible et en les incitant à faire de même. C’est important.»