Le président et chef de la direction de Société Laurentide, André Buisson.

La Société Laurentide en vedette

SHAWINIGAN — En marge de son assemblée générale annuelle à Paris, la FIPEC (Fédérations des industries des peintures, encres, couleurs, colles et adhésifs) a tenu une table ronde jeudi sous le thème de l’économie circulaire, axe stratégique de développement pour les industries manufacturières françaises.

Or, le groupe Société Laurentide, qui compte 200 employés, a été invité à titre de pionnier et leader mondial en recyclage de peinture.

Son président et chef de la direction, André Buisson, a partagé l’expérience québécoise des vingt dernières années et a reçu une écoute attentive de la part de l’industrie.

«La notion de déchets ou de ressources est une question de perspective. L’utilisation optimale de la matière passe par la maximisation de la valeur tout au long de la chaîne d’approvisionnement», a-t-il fait valoir.

Depuis la mise en place du programme québécois, 100 millions de kilogrammes de peinture et contenants ont été revalorisés sous la supervision de l’organisme Éco-Peinture.

En France, le ministère de la Transition écologique et solidaire a déclaré 2018 comme étant l’année de l’économie circulaire, selon le président de la FIPEC, Jacques Menicucci.

M. Buisson rappelle qu’à l’heure actuelle, la peinture déposée dans les déchetteries ou par collecte est entièrement dirigée pour la valorisation calorifique ou à l’incinération en France.

L’industrie de la peinture française englobe 140 sociétés affiliées et emploie 16 733 travailleurs.

«La peinture recyclée Boomerang au cours de son cycle complet de vie génère quatre fois moins de gaz à effet de serre qu’une peinture traditionnelle», souligne celui dont l’entreprise manufacturière de peinture en capital privée a son siège social à Shawinigan depuis 68 ans.

Reçu le mois passé par le conseil d’administration de l’Association américaine des fabricants de peinture à Minneapolis, M. Buisson y avait alors croisé la directrice générale de la FIPEC, d’où l’invitation qui a suivi.

«En France, ils ne font aucune valorisation de peinture alors qu’on est des pionniers dans le domaine. Ça m’a ouvert les yeux. Ils ne récupèrent même pas les contenants. Il y a un potentiel de développement intéressant pour nous sur le territoire français», a-t-il conclu.