Un homme de 42 ans connaîtra sa sentence le 9 octobre prochain pour avoir été reconnu coupable d’abus sur sa fille et sa belle-fille.

La sentence connue le 9 octobre

TROIS-RIVIÈRES — Il faudra attendre au 9 octobre pour connaître la sentence que devra purger un homme de 42 ans de Sainte-Anne-de-la-Pérade pour avoir été reconnu coupable d’abus sexuels sur sa fille et sa belle-fille, toutes deux mineures au moment des faits. Le juge Jacques Trudel a entendu, jeudi, les représentations sur la sentence de cet homme, qui continue de nier les faits malgré le verdict de culpabilité et a également porté sa cause en appel.

Cet individu, dont on doit taire l’identité pour protéger celle des victimes, faisait face à des chefs de contacts sexuels, incitation à des contacts sexuels et agressions sexuelles sur sa belle-fille qui souffre d’une déficience intellectuelle. Il était aussi accusé d’avoir séquestré et agressé sexuellement sa fille.

Dans une décision rendue en mai dernier, le juge Jacques Trudel l’a déclaré coupable d’attouchements sexuels et d’incitation à des contacts sexuels sur sa belle-fille entre 2014 et 2015 et d’agression sexuelle sur sa fille à une reprise dans la période comprise entre 2012 et 2014. Le prévenu a été acquitté sur les autres chefs.

En ce qui concerne sa belle-fille, cette dernière avait raconté que c’est le suspect qui lui avait «appris à faire le sexe» et notamment à masturber son pénis. Il s’était également masturbé devant elle pendant qu’ils regardaient de la pornographie sur Internet. Il lui a aussi fait un cunnilingus.

Quant à sa fille, elle reprochait à son père de l’avoir obligée à lui montrer ses seins sous prétexte qu’il les trouvait trop gros pour son âge ou qu’elle avait rembourré sa brassière. Encore là, la version de l’accusé a été jugée non crédible, voire farfelue. Il avait prétendu que cet événement était survenu dans l’exercice de son autorité parentale et à des fins éducatives.

Lors des représentations sur sentence, la défense a fait entendre l’accusé, ainsi que la mère de la première victime, belle-fille de l’accusé. Cette dernière a fait savoir au tribunal que le couple était présentement séparé le temps de laisser retomber la poussière, mais qu’elle continuait de soutenir l’accusé et de ne pas croire la version de sa fille. D’ailleurs, elle a ajouté avoir coupé les ponts avec elle et le reste de sa famille, se disant «épuisée des mensonges» de sa fille.

Cette jeune victime, aujourd’hui adulte, a lu une déclaration devant le juge, indiquant être «déchirée en mille morceaux» à la suite des gestes posés par l’accusé, mais aussi très peinée de ne plus avoir de contact avec sa mère, au point de regretter d’avoir porté plainte, ne sachant pas à l’époque que cette dernière romprait les liens avec elle pour soutenir son conjoint.

L’accusé, pour sa part, a indiqué avoir entrepris plusieurs thérapies pour régler ses dépendances à l’alcool et à la drogue, mais n’a pas entrepris de thérapie pour les déviances sexuelles. Lui qui porte sa cause en appel a indiqué qu’il avait de l’empathie pour les victimes qui avaient dû traverser le processus judiciaire, mais sans vouloir reconnaître les gestes pour lesquels il a été déclaré coupable.

La Couronne a demandé au juge de condamner l’individu à trois ans de prison, soit deux peines consécutives de deux ans pour les gestes commis sur sa belle-fille, et d’un an pour ceux commis sur sa fille.

La défense, pour sa part, demande une peine de deux ans assortie d’une probation et d’une thérapie.

Le juge a pris la cause en délibéré et rendra la sentence le 9 octobre prochain.