La sécurité civile ne baisse pas sa garde

TROIS-RIVIÈRES — Même si la situation n’a rien à voir avec l’an dernier, la Sécurité civile ne baisse pas sa garde et continue de suivre de près la situation des cours d’eau de la région en cette période de crue printanière.

Alors que ses confrères dans d’autres régions de la province sont sur le qui-vive et ont même dû procéder à des évacuations, le directeur régional de la Sécurité civile, Sébastien Doire, est beaucoup plus détendu qu’il ne l’était à pareille date l’an dernier. Néanmoins, il ne prend pas la situation à la légère. Même s’il estime qu’une accalmie au cours des prochaines heures permettra aux niveaux d’eau de demeurer stables ou de diminuer dans la plupart des régions touchées mardi, le retour de la pluie et le temps chaud prévus plus tard cette semaine pourraient aggraver la situation, notamment là où il y a toujours de la neige au sol. Certains cours d’eau ont d’ailleurs déjà commencé à donner des maux de tête aux autorités et aux citoyens, dont le fleuve Saint-Laurent du côté de Louiseville, Maskinongé et Yamachiche, la rivière Maskinongé, la rivière Mékinac ainsi que la rivière Croche en Haute-Mauricie. Au total, 13 routes sont inondées en Mauricie et au Centre-du-Québec tandis qu’une soixantaine de résidences sont isolées du côté de Maskinongé.

«Selon les experts, nous allons connaître le "peak" au cours des prochaines heures. À compter de mercredi, ça devrait se stabiliser. [...] Par la suite, il y aura une nouvelle vague de surveillance en raison des nouveaux éléments. Ça sera pour la deuxième partie de la semaine», explique M. Doire.

Claude Gélinas et Carmen Gagnon, résidents du chemin Louis-Gatineau à Yamachiche, espèrent que la période des inondations sera de courte durée cette année.

Par ailleurs, des riverains se préparent dans l’éventualité où la situation se compliquerait au cours des prochains jours. C’est notamment le cas de Claude Gélinas et Carmen Gagnon, deux résidents du chemin Louis-Gatineau à Yamachiche, qui ont passé une bonne partie de la journée de lundi à remplir et à placer des sacs de sable afin de protéger leur propriété.

«On a dû refaire le patio et le terrassement l’an dernier. On voulait donc se préparer au cas. L’eau a monté depuis jeudi mais ça devrait redescendre. C’est du moins ce que l’on espère», mentionne Mme Gagnon. Elle ajoute que les souvenirs de 2017 sont encore frais à sa mémoire.

«Disons que l’on regarde plus souvent le fleuve! C’est normal que l’eau monte, mais on a bon espoir que ça sera moins pire cette année», laisse-t-elle tomber.

Pour leur part, les autorités des localités généralement touchées par la crue des eaux ne s’inquiètent pas outre mesure. C’est notamment le cas du maire de Maskinongé, Roger Michaud. Comme c’est pratiquement le cas chaque année, certains secteurs de sa municipalité sont inondés, dont la route Langue-de-Terre.

De l’eau recouvre le chemin du Canton-Sud à Yamachiche.

«L’eau n’a pas fini de monter, mais il n’y a présentement que 12 pouces d’eau à cet endroit, alors qu’il y en a eu jusqu’à 44 pouces l’an dernier. Et si elle monte plus, elle ne restera pas aussi longtemps», indique le maire Michaud, qui est d’ailleurs habitué de devoir composer avec les désagréments des inondations depuis de nombreuses années.

Ailleurs au Québec, les niveaux d’eau sont particulièrement élevés en Estrie, en Beauce, en Outaouais, en Montérégie et dans la région de Québec.

La rivière Chaudière est particulièrement problématique, la sécurité civile rapportant des inondations majeures au pont de la route 276 à Saint-Joseph et au pont de la route 112 à Vallée-Jonction, ainsi qu’un débordement important d’un de ses tributaires, la rivière Beaurivage, dans le secteur Saint-Étienne-de-Lauzon à Lévis. Dans ce dernier cas, la Ville de Lévis a procédé à l’évacuation de 37 résidences et à quelques fermetures de rue.

La municipalité de Weedon, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Sherbrooke en Estrie, a pour sa part procédé à quelque 500 évacuations préventives en raison du débordement du Lac Louise. Le maire de Weedon, Richard Tanguay, a toutefois précisé qu’entre 40 et 50 résidences sont considérées comme étant inondées.

Les abords de la rivière Saint-Charles, en amont de la rivière Lorette dans la région de Québec, sont aussi aux prises avec des inondations qualifiées de moyennes, selon la classification du ministère de la Sécurité publique.

Dans la région métropolitaine, la rivière des Mille Îles a débordé sur les berges à Laval, dans les quartiers de Laval-Ouest et de Fabreville.

Vitesse réduite sur le fleuve
En raison du niveau élevé du fleuve Saint-Laurent entre Montréal et Batiscan, l’Administration de pilotage des Laurentides, en collaboration avec les pilotes de la Corporation des pilotes du Saint-Laurent central, a déterminé que les départs des navires à quai entre Montréal et Trois-Rivières d’un tirant d’eau de 10 m et plus seront restreints à des départs de jour entre 5 h et 15 h. Cette mesure a pour but d’assurer la sécurité de la navigation ainsi que la protection des citoyens et des propriétés riveraines. Ces mesures seront réévaluées de jour en jour.

Comme c’est généralement le cas en cette période de l’année, l’eau entoure des résidences du rang du Lac-Saint-Pierre à Louiseville.

Avec La Presse canadienne