Julie Boulet, députée de Laviolette, Laurent Lessard, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs et Normand Beaudoin, maire de La Tuque.

La scierie de Parent ne sera pas vendue à Résolu

Le gouvernement du Québec a refusé la transaction entre Kruger et Produits forestiers Résolu qui menaçait l'avenir de la scierie de Parent. Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard, a profité de son passage dans la région, vendredi, pour en faire l'annonce.
«Je me suis enquis de la demande et de leur entente commerciale [...] On nous demandait de voir si dans leur proposition la loi permettait de faire ce qu'ils me demandaient. De toute évidence, la réponse est non. Je leur ai parlé pour leur dire de quelle façon fonctionne le régime québécois», a fait savoir le ministre Lessard.
Ce dernier a expliqué que la garantie d'approvisionnement était liée aux usines et que s'il y avait une fermeture d'usine, le processus ferait en sorte qu'il y aurait un enclenchement de consultations, de comité, etc.
Kruger reste donc, pour l'instant, propriétaire de ses usines de Parent, Saint-Roch-de-Mékinac et de Saint-Séverin et continuera de les exploiter.
«Ce qu'on souhaite, ce sont des usines le plus rentables possible, alors continuons de travailler sur la rentabilité, c'est notre meilleure garantie de continuité», a affirmé le ministre.
Tout comme la députée de Laviolette, Julie Boulet, le maire de La Tuque se réjouissait de l'annonce. Selon lui, la fermeture ou l'abandon de la scierie aurait été catastrophique.
«N'importe qui peut acheter l'usine, mais ce n'est pas n'importe qui qui peut partir avec la garantie d'approvisionnement. Elle est attachée à l'usine. La loi a été appliquée, on apprécie la décision et cela a rassuré les gens», a mentionné Normand Beaudoin.
Pour la conseillère municipale du secteur de Parent, Sylvie Lachapelle, il s'agit d'une bonne nouvelle, mais rien n'est encore gagné pour son village et les inquiétudes persistent.
«Ce sont des entreprises privées et tout dépend si l'usine est rentable ou non. [...] Si ce n'était pas rentable, le prochain acheteur pourrait décider de fermer dans un an ou deux ans. La survie de Parent en dépend, c'est la seule industrie. C'est rassurant de savoir que l'offre de Résolu a été refusée, mais tout dépend de la rentabilité de la scierie. C'est un combat continuel», a-t-elle lancé.
La conseillère n'est pas la seule à vivre encore des inquiétudes. «On attend de voir la suite. Tout le monde a peur parce que c'est cette usine-là qui fait virer le village», a fait remarquer un des travailleurs sur place.
Ils étaient accompagnés de représentants syndicaux qui estiment également qu'il règne un esprit d'inquiétude chez les travailleurs, mais également dans tout le village. «Ça touche toutes les familles de Parent, si cette entreprise-là venait à fermer, ça deviendrait un village fantôme [...] Ce qui nous rassure, c'est que la loi est claire. Le ministre est venu confirmer cette loi-là et l'approvisionnement est rattaché à l'usine de Parent», note le conseiller syndical à la CSD, Denis Giguère.
Quant au groupe Remabec qui, selon toute vraisemblance, voudrait se porter acquéreur de l'usine de Parent, aucune n'offre n'a été déposée pour le moment.
«Ça prend des garanties que l'approvisionnement va rester à Parent. Des garanties que s'il y a un nouvel acquéreur, il va y avoir l'intention de poursuivre les activités à l'usine de Parent», insiste le conseiller syndical.
Certes, le dossier de l'usine de Parent a retenu l'attention lors du passage du ministre en Mauricie, mais il s'était déplacé afin de visiter des entreprises. Il voulait, entre autres, voir de quelle façon se déroulent les activités, approfondir les problématiques ou enjeux, et connaître les projets.
«Je voulais qu'il voit la réalité et qu'il rencontre les gens ici. Il va mieux comprendre et réaliser le portrait de l'industrie forestière chez nous tant au niveau des scieries que des papetières. Ça lui permet de prendre des décisions plus éclairées», a conclu la députée de Laviolette, Julie Boulet.
Après sa tournée à La Tuque, le ministre s'est rendu dans la MRC de Mékinac pour terminer sa série de visites d'entreprises et rencontrer les intervenants. «Il nous a expliqué que les CAAF (Contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier) ne se transférerais pas. On est bien content qu'il soit venu nous donner l'heure précise», a lancé le maire de Saint-Roch-de-Mékinac, Guy Dessureault.
«On pense que Remabec va faire une offre le 31 juillet, mais moi ma peur, c'est qu'ils s'associent avec Résolu, mais le gouvernement a l'oeil ouvert là-dessus apparemment. On regarde ça aussi de notre bord», a-t-il conclu.