La professeure Marie-Pier Vaillancourt-Morel du département de psychologie.

La Saint-Valentin oui, mais...

TROIS-RIVIÈRES — Allez-vous fêter la Saint-Valentin, cette année? Croyez-vous que votre boîte de chocolat, votre bouquet de fleurs et votre petit souper aux chandelles vous apporteront plus de satisfaction dans votre couple?

Selon des chercheurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières, la réponse est malheureusement non.

Yvan Lussier, un professeur de longue expérience au département de psychologie et sa nouvelle collègue qui travaille depuis 2 ans avec lui, la professeure Marie-Pier Vaillancourt-Morel, ont apparemment eu quelques discussions fort animées à ce sujet. «On aime se camper chacun dans nos positions», dit-elle. Mme Morel croyait, pour une, que les jeunes ne s’intéressaient plus à cette fête ancestrale devenue franchement commerciale de nos jours.

«Il y a un drôle de clash de générations entre moi et Yvan. Il a été mon mentor et je suis une nouvelle prof ici et j’aime dire que ma génération est moins attirée par les fêtes commerciales», indique-t-elle.

L’idée leur est donc venue de mettre un peu de science dans tout ça et de là est né un recrutement de participants en ligne, il y a exactement un an.

Pas moins de 689 personnes ont finalement participé et — surprise pour la professeure Vaillancourt-Morel — 70 % des répondants étaient des jeunes, tous en couple et principalement des femmes, d’environ 26 ans et 65 % disent célébrer la Saint-Valentin.

«On a été agréablement surpris», indique la chercheuse, «surtout compte tenu du jeune âge de l’échantillon», dit-elle.

Ce paramètre maintenant connu, les chercheurs se promettent de faire une autre étude pour savoir ce que les gens font à la Saint-Valentin.

Il y a un an, les chercheurs voulaient savoir «si le romantisme avait encore la cote», dit-elle. «Est-ce que les gens font des soupers romantiques seulement à la Saint-Valentin? Est-ce que les couples qui fêtent la Saint-Valentin vont mieux, au niveau conjugal?»

Après l’analyse des réponses, les chercheurs ont découvert que célébrer ou non la Saint-Valentin n’influence pas le bonheur conjugal. Sauf que...

Le romantisme, lui, celui qui se manifeste un peu ici et là chaque semaine, fait une grosse différence.

Les chercheurs ont demandé aux participants s’ils se considéraient comme romantiques, sans leur donner une définition de la notion. À cette question, 67 % ont répondu oui.

Or, ils ont remarqué une différence importante entre les répondants qui se disent romantiques et ceux qui affirment ne pas l’être.

Les romantiques sont, semble-t-il, plus satisfaits, tant au niveau de l’intimité, de la passion, de l’engagement, de la communication et de la sexualité, indique la chercheuse.

Le secret, c’est donc «le romantisme qu’il y a au quotidien, sur le long cours, tout au long de l’année», résume-t-elle.

Avis aux intéressés, plus de 50 % des répondants souhaitent que leur partenaire soit plus romantique ou plus démonstratif. «Je ne pense pas qu’on puisse l’être trop», fait valoir la coauteure de la recherche. «Je pensais que le romantisme n’avait pas la cote et que les jeunes trouvaient ça un peu quétaine», dit-elle. Et bien la science a tranché. C’est loin d’être le cas.

Les professeurs veulent maintenant savoir ce que signifie être romantique pour les jeunes de 16 à 29 ans. «Est-ce qu’un message texte peut être utilisé maintenant pour être romantique?», se questionne-t-elle. Avis aux intéressés, le recrutement des participants est en cours.