Les travaux de rehaussement d'une portion de la route 155 se sont déroulés lundi.

La route 155 rehaussée

Le ministère des Transports du Québec applique une mesure draconienne pour contrer le débordement de la rivière Saint-Maurice en Haute-Mauricie.
Le major Brian Gendron-Houle des Forces armées canadiennes, le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, et les ministres François-Philippe Champagne, Julie Boulet, Martin Coiteux, David Heurtel et Laurent Lessard ont pris part à un point de presse, lundi après-midi.
Le niveau de la route 155 a été remonté sur une distance de 150 mètres à la hauteur du kilomètre 97, près de La Tuque, pour permettre à la circulation de se dérouler le plus normalement possible dans ces conditions de crues printanières hors de l'ordinaire.
Près de 12 centimètres d'eau recouvraient cette portion de la route 155, lundi matin, ce qui a incité la direction du MTQ à restreindre la circulation aux camions, aux camionnettes et à certains VUS. Les voitures n'étaient pas autorisées à rouler sur cette voie et les conducteurs étaient avisés de la situation dès Saint-Roch-de-Mékinac.
Quelque 500 tonnes de gravier ont été nécessaires au rehaussement temporaire de cette portion de route. La couche de gravier, d'une épaisseur de 25 à 30 centimètres, se déploie sur une largeur variant de 8,5 mètres à 10 mètres.
«Le niveau de l'eau a monté d'un coup. Quand ça monte de 12 à 15 centimètres de hauteur, il faut commencer à prendre des décisions. C'est une mesure exceptionnelle», explique le porte-parole régional, Jean Lamarche, à propos de cette voie qui a été accessible à tous les véhicules dès lundi soir.
Cette mesure est une première en Mauricie pour l'actuelle période de crue des eaux printanières. Elle a été mise en place il y a quelques jours dans d'autres régions du Québec.
Les ministres débarquent
Signe que la situation est critique, cinq ministres sont débarqués à Trois-Rivières, lundi après-midi, afin de faire le point.
Les ministres provinciaux Martin Coiteux, David Heurtel, Laurent Lessard et Julie Boulet ainsi que leur homologue du fédéral François-Philippe Champagne ont notamment pris part à cette rencontre de presse. Ils ont également profité de leur présence dans la région afin d'aller rencontrer des sinistrés sur le terrain plus tôt dans la journée.
Des représentants des Forces armées canadiennes, du ministère des Transports, de la Sûreté du Québec et de la Sécurité civile ainsi que certains maires, dont celui de Trois-Rivières Yves Lévesque, étaient également présents.
Ces intervenants ont profité de l'occasion pour répéter que la situation qui prévaut actuellement est exceptionnelle et ont assuré qu'ils allaient tout mettre en oeuvre afin d'aider les sinistrés.
«On est en train d'atteindre les niveaux maximaux en ce qui concerne les eaux», indique le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.
Ce dernier a également salué la collaboration dont font preuve les différentes organisations impliquées ainsi que la solidarité dont font preuve les Québécois.
«Nous travaillons de façon coordonnée et ça fonctionne [...] Ça montre à quel point que lorsque l'on se retrousse les manches, on peut passer à travers. Et oui, on va passer à travers même si ça va prendre un peu de temps», mentionne-t-il.
D'autres rivières en hausse
La rivière Saint-Maurice est loin d'être la seule à souffrir d'embonpoint. Les rivières Vermillon et Croche affichent également un niveau en hausse. Mais la situation devrait commencer à changer mardi, précise Sébastien Doire.
«L'apport d'eau, de mardi à mercredi, sera uniquement au niveau de la pluie. La fonte des neiges sera réglée», précise le directeur régional de la Sécurité civile.
Du côté de la rivière du Loup, le niveau devrait commencer à diminuer de mardi à mercredi.
La Sécurité civile surveille attentivement le niveau des rivières et du fleuve Saint-Laurent. Lundi, le niveau du fleuve était de 3,53 mètres. Il devrait atteindre 3,60 mètres mercredi pour amorcer une descente jeudi.
De la pluie est au menu pour plusieurs jours cette semaine. Les quantités annoncées (moins de 10 mm) ne devraient pas avoir un impact. De plus, la chute des températures prévue pour la nuit de mardi va certainement aider à ralentir le gonflement des cours d'eau. Des flocons de neige étaient attendus au cours de la nuit dernière.
La situation demeure critique en plusieurs endroits, mais aucune municipalité n'a encore demandé la participation de la Croix-Rouge pour affronter cette crue des eaux. La Croix-Rouge assure que ses 80 bénévoles en Mauricie et ses 50 bénévoles au Centre-du-Québec sont toujours prêts à intervenir sur le terrain.
Deux glissements de terrain
Saint-Tite est aux prises avec un glissement de terrain depuis vendredi. Ce glissement s'est déroulé au lac Éric. Une lisière de terre d'une trentaine de mètres de long et de plus de 10 mètres de profondeur s'est détachée à environ trois mètres de la conduite d'eau principale de la municipalité.
Les autorités sont intervenues rapidement pour embaucher une entreprise responsable d'adoucir la pente causée par le glissement de terrain. Le sol est stabilisé par des travaux d'empierrement.
Aucune interruption du service d'eau n'a eu lieu pour ce réseau qui alimente également le périmètre urbain de la municipalité de Saint-Séverin-de-Proulxville et une partie du territoire d'Hérouxville.
«La conduite n'est pas touchée, mais il faut s'occuper de notre système d'aqueduc, confie le maire de Saint-Tite, André Léveillé. Le personnel sur place est compétent, rien n'a été négligé. Et on n'a pas le choix. Juste pour Saint-Tite, c'est au moins 3000 personnes qui sont desservies par le réseau. Si on ajoute les écoles, le CLSC, les commerces, les industries, c'est environ 7000 personnes. Et il faut ajouter Saint-Séverin et la partie nord d'Hérouxville.»
M. Léveillé espère que les travaux de correction du glissement de terrain seront terminés en milieu de semaine.
Le ministère des Transports est aussi intervenu à Saint-Jean-des-Piles à la suite d'un glissement de terrain. La circulation se fait en alternance, une voie sur deux, sur la route menant au parc national de la Mauricie, entre la sortie du village et le camping du parc national.
D'autre part, la circulation ferroviaire devait reprendre lundi dans le nord de La Tuque.
Avec la collaboration de Mathieu Lamothe