La présence des militaires était plutôt impressionnante du côté du centre de distribution de sacs de sable à Nicolet.

La rive sud se prépare au pire

Même si la situation était au beau fixe, lundi, on semblait tout de même se préparer à la guerre avec le déploiement impressionnant d'une vingtaine de militaires sur le chemin du Fleuve Ouest, à Nicolet, entourés de montagnes de sacs de sable et accompagnés de leur véhicule des Forces armées.
Les citoyens de Nicolet ont reçu le coup de main des militaires en venant chercher leurs sacs de sable.
Gaston Provencher s'est rendu au centre de distribution organisé par la Ville de Nicolet pour s'approvisionner en sacs de sable.
De toute évidence, la production de ces munitions visait à ne pas laisser l'ennemi gagner du terrain au cours des prochains jours. 
«Ça monte beaucoup. Ça se peut qu'on reçoive des morceaux», a confié Carole Héon qui craint les grandes marées, et ce, même si sa maison est située de l'autre côté de la rue. Un bon samaritain, André Lemire, lui a offert un coup de main en la croisant au centre de distribution «militaire» situé dans le stationnement de la chapelle.
La troupe dirigée par le capitaine Jérôme Pelletier, du 5e Régiment d'artillerie légère du Canada, s'affairait à préparer les sacs de sable auprès des trois camions mis à leur disposition. 
«On a 18 soldats des Forces armées canadiennes qui font des sacs. Ils ont même apporté leurs propres sacs, il y en a 4000. Nous, on est rendu à 30 000 sacs depuis le début. Ça sert toujours pour les gens qui sont dans le périmètre inondé. Les sacs sont toujours disponibles au même endroit, à la chapelle, la marina et on a un poste aussi à la Braise, au coin de la route du Port et du rang des Soixante», a indiqué la directrice du service des communications à la Ville de Nicolet, Aline Blais.
Une vingtaine de maisons étaient toujours isolées. «L'état des pompes de la Ville, la station de pompage, tout va très bien, tout est bien contrôlé. On est très content de la situation car si ça fonctionnait mal, il pourrait y avoir éventuellement des refoulements d'égouts dans les maisons», souligne-t-elle.
Par ailleurs, le centre d'hébergement situé dans l'ancienne résidence des Soeurs Grises, au 905 de la rue Saint-Jean-Baptiste, est en opération depuis dimanche midi, même s'il n'a pas encore servi. Les lieux sont adaptés pour les familles et les personnes à mobilité réduite. 
«Il y a 53 lits et 73 chambres. La literie et les serviettes sont prêtées par les Soeurs de l'Assomption et l'École nationale de police. À la cafétéria, il y a déjà des choses que les gens peuvent manger. On est prêt à recevoir ces gens-là s'il y avait vraiment évacuation massive soudaine», explique la porte-parole.
Voilà à quoi ressemblent certaines portions de la rue Montesson à Bécancour.
Faute d'avoir eu l'autorisation d'ajouter quelques pieds à son mur, Yvon St-Onge doit maintenant s'en remettre à l'efficacité des sacs de sable.
Du côté de Bécancour, le maire Jean-Guy Dubois parlait d'une situation stable.
«C'est le calme plat. Il n'y a pas trop de vent. On maintient le cap à dire qu'il faut se préparer potentiellement à 30 centimètres de pluie. Le changement qu'on a eu, c'est que le peak a été reporté à vendredi plutôt que mercredi par Pêches et Océans Canada à cause du phénomène des mers de mai qui pourrait retarder un petit peu la bête», a-t-il confié.
Certaines rues restent impraticables sur le territoire.
«On est train de gérer la cueillette des ordures dans le coin de Saint-Grégoire particulièrement. On a distribué 10 000 sacs de sable. Les gens sont très coopérants, ils s'occupent de leurs affaires, on a des pompiers qui sont en vigie constamment, les communications, les Forces armées qui nous sont dépêchées au cas où on aurait des problèmes majeurs pour atteindre des zones inatteignables», poursuit le premier magistrat.
Dans le secteur Sainte-Angèle, un riverain, Yvon St-Onge, en a gros sur le coeur envers le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques pour lui avoir refusé la possibilité d'ajouter quelques pieds à son mur il y a deux ans. Conséquence? Il doit maintenant s'en remettre aux sacs de sable pour limiter les dégâts.
«On garde le cap en espérant que ça va finir par finir. Ça fait au-dessus d'un mois, je crains quasiment plus les problèmes psychologiques que les problèmes d'humidité. Les gens commencent à en avoir marre, il n'y a pas eu un rayon de soleil depuis un mois et on n'en aura pas de la semaine encore», a conclu le maire Dubois.