Jean-Guy Dubois s’était rendu féliciter Donald Martel le soir de l’élection le 1er octobre dernier. Le maire de Bécancour se dit maintenant secoué par l’absence du député au sein du conseil des ministres.

La rive sud déçue de l'absence de Donald Martel au sein du conseil des ministres

Bécancour — La formation du tout premier cabinet Legault a eu des répercussions différentes en région. Si la Mauricie se réjouit de voir deux députés accéder au conseil des ministres, la rive sud est sous le choc face au sort réservé à Donald Martel, qui reste simple député de Nicolet-Bécancour.

«Je m’attendais à tout, sauf à ça. Je ne m’attendais tellement peu à ça. Je limite mon commentaire. Je suis sans mot. Il y a quelque chose que je ne comprends pas, et je ne veux pas réagir à ce que je ne comprends pas. Je ne veux pas répondre aux questions. Ça me secoue ben raide», a lancé le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

Son homologue de Saint-Léonard-d’Aston, Jean-Guy Doucet, s’est dit «vraiment déçu». «On aurait espéré qu’il ait des fonctions. On aurait bien aimé ça qu’il ait une place dans le gouvernement. Mais c’est la prérogative du premier ministre et il faut vivre avec», a-t-il confié.

Autre signataire d’une lettre qui avait réclamé auprès du chef de la CAQ un rôle important pour Donald Martel, René Bérubé avoue que «ce n’est vraiment pas une bonne nouvelle pour nous autres».

«Je m’attendais à ce qu’il lui donne au moins une responsabilité de whip sans être ministre. J’aurais espéré qu’il lui fasse une place parce qu’il est là depuis la première heure, qu’il a fait un excellent travail et qu’il s’est occupé de recruter les candidats dans la région. Je trouve que c’est un manque de confiance de la part de François Legault envers Donald. C’est vraiment une perte pour nous autres, une occasion ratée. Je suis très déçu», a indiqué le président de la Fondation médicale Jean-Pierre Despins

Pour sa part, la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, partage cette déception. «Que Donald Martel n’ait rien eu, c’est sûr que c’est décevant. J’ai une pensée pour M. Martel, il doit être extrêmement déçu. Au sein de la région, on est comme le trou encore. Les régions de Victo et de Drummond auront quelqu’un, et il y aura quelqu’un aussi en Mauricie, avec deux ministres. C’est sûr qu’il va falloir bien travailler nos dossiers en collaboration avec M. Martel qui lui, de toute façon, aura un accès aux ministres. Ce n’est pas dramatique», a fait savoir la préfète de la MRC de Nicolet-Yamaska.

Mais, du même souffle, la présidente de la table des MRC du Centre-du-Québec salue la composition paritaire du conseil des ministres. «D’avoir les bonnes personnes sur les bons sièges, déjà, ça me conforte. La région est au pouvoir et pour nous, c’est quelque chose de nouveau. Je suis contente que la région soit bien représentée, avec M. Lefebvre et M. Lamontagne», a ajouté Mme Dubois, qui entend rencontrer rapidement Donald Martel avec l’ensemble des maires de Nicolet-Yamaska.

La Chambre de commerce et d’industrie de Drummond se réjouit à l’annonce des responsabilités ministérielles qui ont été octroyées au député de Johnson, André Lamontagne, particulièrement celle de ministre responsable du Centre-du-Québec.

«En tant que membre du conseil des ministres, M. Lamontagne sera au cœur des décisions gouvernementales. Il pourra influencer de manière directe et efficace les dossiers jugés prioritaires pour le développement de la MRC de Drummond et la région Centre-du-Québec, dossiers pour lesquels lui et son collègue Sébastien Schneeberger ont manifesté leurs appuis lors de la campagne électorale», a mentionné Linda Desrochers, présidente de la CCID.

Or, son homologue à la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, Marco Champagne, a deux fois plus de raisons de se réjouir alors que deux des trois députés qui touchent à la Ville ont été nommés ministres. «On est vraiment fier de ça. C’est du jamais vu. Et ça concerne l’un de nos trois axes, celui de la rareté de la main-d’oeuvre», a souligné celui dont la directrice générale, Marie-Pier Matteau, est aussi présidente du Conseil régional des partenaires du marché du travail, une organisation qui travaillera étroitement avec le nouveau ministre Jean Boulet, «un ancien président de chambre».

Pour le maire de Shawinigan, Michel Angers, cette double nomination ministérielle en Maurice représente «une très bonne nouvelle». «Je ne m’en cache pas, je préfère être au pouvoir. C’est normal. Quand on a des ministres dans la région, c’est tant mieux. La Ville de Shawinigan est bien contente et elle a déjà hâte de travailler avec autant les députés, qui ont un rôle important à jouer, qu’avec les ministres», a déclaré le premier magistrat. «Jean Boulet a aussi une responsabilité régionale, ce que sa soeur avait, soit celle de veiller à son comté et à l’ensemble de la Mauricie. Et il pourra compter sur moi pour lui faire la liste de tout ce que j’ai besoin et tout ce que j’ai le goût de faire à Shawinigan, et qui va avoir des retombées pour toute la Mauricie», renchérit-il.

De son côté, si le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, se montre heureux, il ne cache toutefois pas qu’il aurait aimé avoir un ministre dans son propre comté de Laviolette–Saint-Maurice.

«Avec toutes les qualifications de Marie-Louise Tardif, on aurait aimé la voir comme ministre de la Forêt et de la Faune, mais c’est le choix du gouvernement et on le respecte. On sera bien représenté dans la région», a-t-il partagé.

Pour Pierre-David Tremblay, l’important c’est de faire avancer les dossiers de sa municipalité qui sont déjà enclenchés et ceux qui s’en viennent. «Ce que j’ose espérer, c’est que ce gouvernement ait des priorités pour les régions», a-t-il conclu.

Avec la collaboration d’Audrey Tremblay