L’usine ATrahan est fermée depuis le 29 mars.
L’usine ATrahan est fermée depuis le 29 mars.

La réouverture d’ATrahan n’est pas encore déterminée

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Yamachiche — Avec plus de 90 employés touchés par la COVID-19 à l’usine ATrahan de Yamachiche, Olymel planche sur un plan de réouverture de son installation fermée depuis le 29 mars pour 14 jours. À quelques jours de l’expiration de cette fermeture temporaire, la direction ne peut fournir une date précise de retour au travail. Mais une chose est sûre: ce retour au travail ne se fera pas avant la fin des 14 jours d’arrêt même si le secteur de l’abattage est confronté à des abattoirs fermés et à des stocks de porcs qui doivent être abattus.

«Quand on a décidé de fermer, on avait neuf cas. On est en train de travailler dans l’optique d’une réouverture après les 14 jours. Toutes nos équipes travaillent pour mettre en œuvre un protocole. Mais je n’ai pas la date de réouverture», constatait mardi le porte-parole d’Olymel, Richard Vigneault, tout en confirmant la présence d’un cas de coronavirus à l’usine du secteur de Cap-de-la-Madeleine et d’un cas à l’usine la Fernandière de Trois-Rivières.

Selon les données dévoilées mardi par le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec, on compte 98 cas de coronavirus à l’usine ATrahan.

Plusieurs intervenants, dont la santé publique, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, le syndicat des travailleurs et l’Agence canadienne de l’inspection des aliments, contribuent à élaborer ce plan, observe M. Vigneault. Certains ajustements concernant la mesure de distanciation sociale de deux mètres pourraient être apportés afin de s’adapter à la configuration et à la nature du travail de cette usine.

«Il y a des mesures de mitigation comme l’installation de séparateurs, le port de casques avec visière. Les distances à respecter au moment des pauses, du lunch, de la circulation des travailleurs, tout ça est aussi revu. Les gens vont revenir d’isolement. On avait des mesures pour s’assurer que les gens n’ont pas de symptômes et ça va être amplifié. La grande priorité pour la réouverture est la protection de nos employés. C’est la santé et la sécurité des travailleurs», insiste le porte-parole.

Le milieu de l’abattage du porc est plongé dans une situation délicate. La fermeture temporaire d’ATrahan, qui est un abattoir important dans le marché, fait en sorte que des porcs qui devaient y être abattus doivent être redirigés vers d’autres abattoirs pour éviter d’être victimes d’abattage humanitaire, c’est-à-dire d’être euthanasiés dans les fermes productrices, faute d’endroit où être acheminés dans la chaîne de production. Selon M. Vigneault, Olymel discute étroitement avec ses fournisseurs. L’entreprise confirme qu’elle ne rouvrira pas ATrahan avant la fin des 14 jours de fermeture temporaire en raison de cette situation.

«On travaille pour réguler l’écoulement des porcs et pour en venir à des ententes qui permettront de fonctionner au niveau des abattoirs tout en répondant à nos fournisseurs. Il faut diriger les porcs ailleurs, car on a d’autres abattoirs qui fonctionnent chez nous ou chez des concurrents. C’est une crise sans précédent et il faut trouver des solutions sans précédent.»