Léanne Baril avec un des clowns de la Fondation Dr clown.

La rémission à l’horizon pour Léanne

SAINT-TITE — Il y a de ces nouvelles qui sont si belles qu’elles sont difficiles à croire. Mylène Francoeur et Samuel Baril ont peine à réaliser les derniers résultats des analyses médicales: la masse cancéreuse qui menaçait la vie de leur fillette de 4 ans a disparu. Si tout va bien, Léanne sera bientôt en rémission de son cancer.

Les traitements de protonthérapies que la petite de Saint-Tite a eus lors d’un séjour de neuf semaines à Philadelphie de novembre à janvier auront donc permis de faire disparaître la masse qui se trouvait derrière son œil. «Les médecins ne voient plus la masse. Il y a de l’inflammation sur son os en raison de la protonthérapie, mais sinon, tout est beau», affirme avec incrédulité Mylène Francoeur, la mère de la petite Léanne. «C’est excellent qu’elle ait bien répondu aussi rapidement.»

Plongée dans un fulgurant tourbillon en août dernier à la suite de la découverte du cancer virulent qui s’attaquait aux tissus situés derrière l’œil de Léanne alors qu’elle était enceinte de son troisième enfant, Mylène Francoeur a du mal à réaliser cette excellence nouvelle. «On était très heureux et contents d’apprendre ces résultats, mais on ne le réalise pas vraiment. On se protège un peu. C’est comme un mécanisme de défense, dans le sens qu’on se dit: est-ce que c’est vrai? C’est trop beau pour être vrai», confie Mylène Francoeur. «Je me revois encore au mois d’août quand on a appris pour son cancer. On ne réalise pas qu’on s’en va vers la fin.»

Les clowns deviennent aussi des amis qui sont là pour réconforter les enfants malades.

La fin des traitements

Lors de la mise en place du protocole de soins pour Léanne, les médecins prévoyaient un an de traitements. Or, la bonne santé de la fillette durant les traitements ont fait qu’ils se sont déroulés plus rapidement que prévu. Son dernier traitement a eu lieu mercredi dernier à l’hôpital pour enfants Sainte-Justine. Elle a même pu se faire retirer son cathéter, ce qui lui permettra de prendre enfin un bon bain avec plein de mousse. Par la suite, Léanne devra subir dans quatre semaines un nouveau scan et une imagerie à résonnance magnétique pour s’assurer que son état est stable. Si c’est le cas, la petite entrera officiellement en rémission. Le personnel de l’hôpital pour enfants Sainte-Justine n’a pas manqué de souligner le dernier traitement de Léanne. Il y avait en effet de quoi célébrer.

Pleine d’énergie et très espiègle malgré la maladie, Léanne a toujours grandement aimé ses rencontres avec les clowns de la Fondation Dr Clown. Si bien que Léanne a participé dernièrement à une séance photo avec des clowns en vue d’une prochaine campagne publicitaire de l’organisme. Ces clichés témoignent bien de l’importance de ces clowns thérapeutiques pour les enfants malades.

Les traitements de protonthérapie ont toutefois entraîné quelques conséquences négatives pour Léanne. Sa narine gauche coule constamment et la peau est plus sensible au soleil. Mais la répercussion la plus négative est sans doute la possibilité de la perte de la vision de son oeil gauche. «On le savait depuis le début. La protonthérapie risque de causer des dommages et il y a des chances qu’elle perde son oeil à long terme», précise Mylène Francoeur, qui ne regrette aucunement que sa fille ait subi ces traitements très spécialisés à Philadelphie. «Ça valait la peine, car elle est en vie et elle va avoir une belle vie malgré les petits problèmes.»

Malgré la maladie, Léanne aime rire et s’amuser.

Le soutien inespéré d’une communauté

Au cours des derniers mois, toute une communauté a soutenu Léanne dans son combat contre la maladie. De nombreuses campagnes de financement et événements ont été organisés un peu partout dans la MRC de Mékinac pour aider la petite et ses parents à se rendre suivre les traitements à Philadelphie ainsi que chaque semaine à Montréal. Bien que les soins de santé étaient couverts par la RAMQ, de nombreux frais connexes doivent être épongés par la famille. Toute une communauté s’est unie pour aider une de ses enfants.

«On a déjà eu plusieurs messages de personnes qui ont appris la nouvelle pour Léanne. Certains nous disent qu’ils pleurent de joie pour Léanne. Tout le long des traitements, on a été accompagné. On a tellement été épaulé jusqu’à la fin», mentionne la mère de Léanne, très reconnaissante de tout ce soutien populaire. «Ça nous a beaucoup aidés à passer au travers. Ça m’a beaucoup aidée, ainsi que ma famille, à continuer et vouloir le mieux pour Léanne.»