Le directeur de la Sécurité publique de Trois-Rivières, René Martin.

La réintégration de trois policiers confirmée

TROIS-RIVIÈRES — Le conseil municipal de Trois-Rivières a entériné, en séance spéciale jeudi, la réintégration de trois des quatre policiers impliqués dans l’arrestation musclée d’Alexis Vadeboncoeur en 2013.

Réunis en matinée, les conseillers ont donc suivi la recommandation du directeur de la Sécurité publique de Trois-Rivières (SPTR), René Martin, visant la réintégration de Barbara Provencher, Marc-André St-Amant et Dominic Pronovost. En ce qui concerne le quatrième policier impliqué dans cette affaire, Keven Deslauriers, son dossier fait toujours l’objet d’un appel de la décision de la Cour du Québec.

Les agents Provencher et St-Amant retrouveront leurs collègues policiers le 13 août. Dominic Pronovost poursuivra quant à lui sa carrière en tant que policier-pompier au sein du Service des incendies trifluvien à compter de lundi prochain, et ce, en vertu d’un privilège que lui confère la convention collective.

Fait à noter, Barbara Provencher et Marc-André St-Amant ont récemment été blanchis par le commissaire en déontologie policière. Ce dernier a par contre conclu que Keven Deslauriers et Dominic Pronovost «ne se sont pas comportés de manière à préserver la confiance et la considération que requièrent leurs fonctions, en formulant des commentaires inappropriés lors du visionnement d’une vidéo» de l’arrestation d’Alexis Vadeboncoeur. Mais comme les citations qui ont été retenues par le commissaire contre M. Pronovost ne sont pas en lien avec les accusations criminelles auxquelles il faisait face et qu’elles n’entraîneraient pas un congédiement selon la jurisprudence, il peut donc être transféré chez les pompiers comme plusieurs de ses confrères l’ont été en 2015.

«En regardant l’ensemble du dossier, nous étions rendus à aller vers l’avant et à regarder comment on pouvait régler ce dossier-là car nous devions inévitablement le régler», indique le directeur de la SPTR, René Martin.

Le président de l’Association des policiers-pompiers de la Ville de Trois-Rivières, Louis Lesage.

Autant pour M. St-Amant et Mme Provencher que pour M. Pronovost, des plans de réintégration ont été élaborés et seront mis en place afin de favoriser leur réintégration.

«Les plans de réintégration comprennent de la formation, du jumelage et des séances d’information car le travail a évolué en cinq ans. Pour M. Pronovost, ce sera également une mise à jour de ses connaissances en matière d’incendie», explique M. Martin.

Le chef de police soutient que ces trois retours sont accueillis à bras ouverts pour ses troupes.

«L’ensemble des policiers ont appuyé depuis cinq ans leurs collègues. Évidemment, ce sont des situations qu’on ne souhaite pas au sein d’un corps de police. Il n’y a pas de gagnant dans un événement comme ça, autant la Ville que les personnes visées par les accusations», précise-t-il.

À la suite de l’acquittement des trois policiers, l’Association des policiers-pompiers de la Ville de Trois-Rivières a entrepris des démarches afin qu’ils puissent retrouver leur emploi. Le président de ce syndicat, Louis Lesage, accueille donc à bras ouverts cette décision du conseil municipal.

Dédommagement
En ce qui concerne le dédommagement que recevront les trois policiers réintégrés afin de compenser les pertes salariales qu’ils ont subies au cours de leur suspension, autant la direction que le syndicat précisent que rien n’a encore été décidé et que des discussions relativement à cette épineuse question auront lieu cet automne.

On se souviendra que l’arrestation d’Alexis Vadeboncoeur en 2013 ainsi que les nombreux chapitres qui ont suivi ont fait couler beaucoup d’encre. Les images captées par une caméra de surveillance du Cégep de Trois-Rivières laissaient notamment croire à une arrestation musclée. On y voyait les policiers assener des coups à Vadeboncoeur qui était couché au sol avec une arme non loin de lui. Le suspect venait de cambrioler une pharmacie.