Le candidat de la CAQ dans Trois-Rivières, Jean Boulet. ­

La régionalisation de l’immigration, une priorité pour Jean Boulet

Trois-Rivières — L’immigration est au cœur de la campagne électorale et le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Trois-Rivières, Jean Boulet, a ajouté son grain de sel, lundi, en disant faire de la régionalisation de l’immigration une de ses grandes priorités. Une façon, selon lui, de lutter contre la pénurie de main-d’œuvre qui frappe la Mauricie tout comme l’ensemble de la province.

«Ce qu’on constate, c’est qu’il y a beaucoup d’entreprises à Trois-Rivières qui ne sont pas en mesure de respecter leurs contrats, elles ne sont pas en mesure de répondre à la demande parce qu’il manque de main-d’œuvre. La pénurie de main-d’œuvre, c’est devenu un problème fondamental pour notre développement économique régional et parmi les solutions, la régionalisation de l’immigration s’impose», a souligné M. Boulet.

En collaboration avec les acteurs économiques locaux, il souhaite mettre en place diverses mesures pour attirer les immigrants en recherche d’emplois. «La Mauricie représente 3,2 % [de la population] du Québec et on a reçu 0,7 % de l’immigration totale du Québec dans les dix dernières années et 0,6 % de l’immigration économique. Il faut que ça change. C’est inacceptable que des entreprises refusent des contrats parce qu’elles manquent de main-d’oeuvre. Nous, on a des solutions concrètes à proposer, à mettre de l’avant», lance-t-il.

Pourtant son chef, François Legault, a l’intention de réduire le nombre d’immigrants de 20 % dès 2019. Tant les immigrants économiques que ceux provenant du programme de reconstitution familiale et des réfugiés seraient touchés. Cette façon de faire ne va-t-elle pas accentuer la pénurie de main-d’œuvre? M. Boulet rappelle que son chef a affirmé qu’il s’agit d’une réduction temporaire le temps d’améliorer l’intégration et la francisation. «Nous, on veut réduire temporairement les seuils à compter de 2019, mais pour éventuellement les augmenter quand ce sera compatible avec notre capacité de bien les accueillir et de bien les intégrer. Les intégrer dans notre société québécoise et les intégrer aussi dans notre langue, pour s’assurer qu’ils soient en mesure d’apprendre et de fonctionner en français», précise-t-il.

Pour attirer les immigrants, M. Boulet propose notamment la mise en place d’opérations de séduction auprès des chercheurs d’emplois de Montréal qui consisteraient à leur faire visiter les entreprises de la région qui embauchent ainsi que ses principaux attraits. «Ce qu’on réalise aussi, c’est que 86 % des immigrants demeurent à Montréal alors que 55 % des besoins sont dans les régions du Québec. Et je veux vraiment que Trois-Rivières prenne sa place dans le concert des régions au Québec pour attirer et retenir ces chercheurs d’emplois et répondre vraiment à nos besoins. Les opérations de séduction, on pense que c’est une mesure concrète qui va nous permettre de faire un pas en avant.»

Il a aussi l’intention d’instaurer un bureau d’accueil au cœur de son projet de quartier des affaires et de l’innovation, le tout avec l’aide des différents organismes qui œuvrent dans ce domaine. «Il faut intensifier nos efforts pour attirer davantage d’étrangers et de travailleurs qualifiés à Trois-Rivières. Nous savons que le Service d’accueil des nouveaux arrivants (SANA) fait un travail extraordinaire, mais nous devons bonifier et améliorer l’offre de services. Actuellement, nous n’en faisons pas assez et l’économie régionale en souffre.»

Il assure également qu’avec un gouvernement de la CAQ, les démarches entourant l’immigration économique seraient simplifiées. «On veut vraiment prendre notre place dans ce processus-là et on veut le faire dans un contexte de diminution des délais et de simplification de la bureaucratie.»