La région salue ses vétérans

Trois-Rivières — Plusieurs cérémonies ont eu lieu aux quatre coins du Québec, samedi, pour se souvenir de l’horreur des conflits qui ont coûté la vie à des milliers de Canadiens et de Québécois et pour faire un appel à la prudence dans les années à venir.

À l’occasion du jour du Souvenir, qui était commémoré partout au Canada et dans le monde, des centaines de personnes se sont réunies à Québec, Trois-Rivières et à Montréal pour souligner l’événement.

En Mauricie, de nombreuses cérémonies ont d’ailleurs eu lieu samedi à Trois-Rivières, Shawinigan, Grand-Mère et La Tuque. À Trois-Rivières, le traditionnel défilé s’est mis en branle au centre-ville samedi, avant la présentation de la cérémonie commémorative. 

À Shawinigan, une messe à l’intention des soldats morts à la guerre a été célébrée par l’abbé Dany Dubois, à l’église Saint-Pierre, en plus de la traditionnelle cérémonie.

Toujours à Shawinigan, mais dans le secteur Grand-Mère, une cérémonie a eu lieu au crépuscule, devant le cénotaphe de la 5e Avenue. 

Du côté de Louiseville, l’événement s’est déroulé dimanche.

À Québec, le premier ministre Philippe Couillard est allé déposer une couronne de fleurs devant la Croix du Sacrifice, à l’entrée des Plaines d’Abraham.

À Montréal, deux cérémonies étaient organisées. L’une, plus canadienne s’est déroulée devant le cénotaphe de la Place du Canada, où se sont réunis quelques centaines de personnes qui ont bravé le froid glacial dans la métropole.

Symbole d’unité pour l’occasion: la mairesse désignée de Montréal, Valérie Plante, et le maire sortant, Denis Coderre, ont marché côte à côte pour aller déposer une couronne de fleurs.

Comme elle le fait chaque année depuis 20 ans, la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) organisait sa propre cérémonie pour rendre hommage aux soldats québécois.

La vice-première ministre, Dominique Anglade, ainsi que le chef de l’opposition, Jean-François Lisée étaient notamment présents, tout comme des députés du Bloc québécois et de la Coalition avenir Québec.

L’événement, qui se tenait au cimetière Notre-Dame-des-Neiges, a aussi été l’occasion de remettre des médailles de l’Assemblée nationale à d’anciens combattants. Une dizaine d’entre eux ont reçu une médaille des mains de Mme Anglade, de M. Lisée ou de Benoit Charette, député de la CAQ.

Ces vétérans ont été déployés pendant la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi en Corée et en Afghanistan.

Parmi eux, il y avait le grand-père de Vicky Cartwright, Fredrick, qui est décédé cet été. Sa famille était arrivée de Drummondville samedi matin pour rendre hommage à cet ancien combattant de la Deuxième Guerre mondiale.

Vicky Cartwright estime que les vétérans manquent de soutien de la part des gouvernements, surtout pour gérer les chocs post-traumatiques. «En vieillissant, bien souvent, ils reviennent beaucoup en arrière; de l’aide là-dessus, il y avait un manque», a-t-elle soutenu.

La prudence de mise, selon Landry

L’ancien premier ministre Bernard Landry, qui avait soutenu l’initiative de la SSJB lorsqu’elle a choisi d’organiser sa propre cérémonie en 1997, a livré un discours dans lequel il a souligné les progrès accomplis depuis la Deuxième Guerre mondiale.

«Une des raisons pour lesquelles nous n’avons plus connu de telles horreurs, c’est largement à cause d’une aventure des plus extraordinaires: l’Union européenne. Les Européens, après ces deux épisodes d’une cruauté et d’une barbarie invraisemblables, ont fait cette union d’abord pour faire la paix. Et ils ont réussi», a-t-il déclaré.

«Nous n’avons plus de guerre mondiale, mais méfions-nous, ça peut dériver. Quand la première puissance du monde, les États-Unis, est dirigée par celui que l’on sait, soyons prudents», a-t-il déclaré.

En collaboration avec La Presse canadienne