Mercredi, il en coûtait en moyenne 121,4 ¢ le litre pour faire le plein en Mauricie alors que le prix réaliste fixé par le CAA-Québec était de 115,1 ¢.

La région paie encore l'essence trop cher

Le CAA-Québec a dévoilé, mercredi, son analyse des prix de l'essence pour l'année 2016.
Au cours de cette année, les profits bruts des essenceries ont diminué de façon importante au Québec par rapport à 2015.
C'est le cas en Mauricie où la marge au détail a chuté de 21,7 %.
Cette baisse peut sembler impressionnante, mais pas si on la compare avec Québec où elle a fluctué de 41 % à la baisse.
Si la Mauricie se compare à Montréal, toutefois, elle est gagnante puisque la fluctuation de la marge, entre 2015 et 2016, n'a été que de 9,2 % à la baisse dans la métropole.
En comparaison, la baisse moyenne de la marge au Québec, entre 2015 et 2016, a été de 14,7 % et de 5,8 cents le litre.
À ce chapitre, la Mauricie a fait mieux puisque la marge, dans la région, a été de 4,7 ¢ / l.
La Mauricie se classe ainsi au troisième rang derrière Québec où la marge a été de 2,6 ¢ / l et les Laurentides où elle fut de 3,8 ¢ / l.
C'est à Montréal et au Saguenay-Lac-Saint-Jean que la marge au détail a été la plus élevée avec respectivement 6,9 ¢ / l et 8,2 ¢ /l.
Pierre-Olivier Fortin, porte-parole du CAA-Québec, croit que la baisse survenue en Mauricie peut être attribuée à l'arrivée de l'essencerie Costco à Trois-Rivières, en 2014.
«C'est une hypothèse, mais elle se vérifie presque tout le temps», dit-il. «Quand une essencerie à fort volume, à escompte, que Costco, s'implante dans le marché, ça tire les prix à la baisse», explique-t-il. «Ça instaure une concurrence serrée dans un marché et ça incite les essenceries à diminuer les marges pour être plus concurrentielles», explique-t-il.
«C'est arrivé à Québec à partir de 2013 et la capitale nationale en profite vraiment encore», dit-il.
Malgré tout, la Mauricie et le Centre-du-Québec paient encore trop cher pour l'essence. 
Selon le site Info essence du CAA-Québec, en date de mercredi 26 avril, il en coûtait en moyenne 121,4 ¢ à la pompe pour faire le plein en Mauricie alors que le prix réaliste fixé par le CAA-Québec était de 115,1 ¢. Au Centre-du-Québec, le prix moyen était de 117,7 ¢ alors que le prix réaliste du CAA-Québec était de 114,0 ¢.
Selon le CAA-Québec, les prix affichés par les différentes essenceries situées dans une même localité peuvent notamment varier en fonction de la concurrence qu'elles se livrent, du type de station d'essence et du volume des ventes.
Les disparités d'une région à l'autre peuvent s'expliquer, indique M. Fortin. 
«Les prix d'acquisition, d'une région à l'autre, changent. Les coûts de transport ne sont pas les mêmes. Selon l'endroit où l'on va s'approvisionner en essence, les coûts de raffinage ne sont pas les mêmes. Dans certains cas, les taxes ne sont pas les mêmes», explique-t-il.
Il y a de ces facteurs qu'on peut donc expliquer «mais d'autres restent mystérieux et on aimerait bien avoir des réponses de l'industrie pétrolière. La marge de détail, c'est-à-dire le profit brut des essenceries, est l'un des éléments pour lesquels on aimerait avoir des réponses», fait valoir M. Fortin.
«On interpelle carrément l'industrie, là-dessus, pour la région de Montréal», dit-il, le plus gros marché du Québec où malgré le volume et la concurrence, les prix d'acquisition n'ont pas baissé comme ils auraient dû.