Les citoyens de la région n’auront bientôt plus besoin d’un aussi gros bac de 360 litres, comme le montre ici Michel Martel, pour déposer leurs déchets ultimes puisque tout ce qui se composte ira dans le futur bac brun.

La Régie veut sensibiliser le public

Trois-Rivières — Lorsque les bacs bruns seront implantés en Mauricie, d’ici 2020, afin de valoriser les matières compostables (rognures de gazon, restes de table, plantes et feuilles mortes), la collecte des déchets ultimes que l’on mettra dans le bac noir se fera à moins grande fréquence.

C’est ce que prévoit le Plan de gestion des matières résiduelles conjoint de la Mauricie 2016-2020, explique la responsable des communications à la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie, Sylvie Gamache. Il n’y aura donc pas de mesures coercitives pour forcer les citoyens à trier leurs matières comme celle que vient d’adopter Gatineau en limitant ses citoyens à 120 litres d’ordures ménagères aux deux semaines sans quoi ils devront se procurer un sac au coût de 5 $ pièce pour déposer leurs surplus de déchets au chemin.

L’approche adoptée par la Régie consiste plutôt à inciter les citoyens à récupérer davantage et à valoriser les matières compostables, car le bac brun sera vidé à plus grande fréquence que les autres, surtout en été, puisque les matières compostables peuvent être odorantes.

Le président de la Régie, le maire Michel Angers, indique néanmoins que «Gatineau est un exemple à suivre en termes de collecte de troisième voie», dans le sens qu’il «faut s’assurer que les gens soient le plus sensibilisés possible pour assurer que le triage va se faire. C’est dans l’intérêt de nos citoyens», explique-t-il. Plus on remplit le bac bleu de recyclage, plus on remplira le bac brun de matières compostables, «plus ce sera payant pour nous», la collectivité, plaide M. Angers.

C’est qu’il y a un retour de la part du gouvernement pour ces matières, explique-t-il.

Le travail de sensibilisation au recyclage et à la valorisation des matières n’est pas à faire seulement qu’auprès des citoyens. La Régie entend en effet continuer à convaincre les ICI (institutions, commerces et industries) qui, eux aussi, ont un devoir citoyen à accomplir, indique M. Angers.

«Les matières, on est capable de les revendre, on est capable de les traiter et on est capable de faire du profit avec elles. Il faudra que les ICI fassent un effort supplémentaire», dit-il. Le conseil d’administration se penchera sous peu, dit le président, sur la façon «la plus incitative possible» pour augmenter leur participation «sans que ce soit coercitif.»

Grâce à la qualité de ses matières, la RGMRM a d’ailleurs conservé ses clients chinois à qui elle vend des matières recyclables. On se rappellera que la Chine avait imposé un blocus nord-américain, l’hiver dernier, sur l’importation des matières recyclables, en particulier le papier et le carton, parce qu’il était trop contaminé. Le Centre de tri de la RGMRM, qui a fait l’objet d’importantes rénovations technologiques, il y a quelques mois, a su conserver son marché grâce à la qualité de ses matières triées.

Le maire Angers estime qu’avec les matières commerciales qui sont enfouies dans les sites d’enfouissement de Champlain et de Saint-Étienne-des-Grès, «on en a pour 12, 15 et même 20 ans», dit-il, à recevoir des matières. «Il va toujours y avoir un peu de déchets ultimes, mais il faut aller vers une diminution pour allonger la vie utile des lieux d’enfouissement», plaide-t-il, car enfouir, ça coûte très cher.

Le président de la Régie indique que le conseil d’administration est passablement avancé dans le projet de construction d’un centre de compostage régional. «D’ici un mois ou deux, on va prendre une décision finale», dit-il.

Ce dernier souhaite que ces nouvelles installations soient prêtes à temps pour accueillir les premiers contenus des bacs bruns de la région. «Est-ce qu’on prendra la décision d’aller disposer de ça ailleurs avant que nos installations soient prêtes? Je fais partie de ceux qui pensent qu’on doit s’assumer, donc garder nos matières résiduelles chez nous», dit-il.

Le maire Angers prévient que lorsque le choix de l’endroit, pour implanter le futur centre de compostage viendra, «la volonté du conseil d’administration et la mienne, c’est de nous assurer de l’acceptabilité sociale. C’est un incontournable», assure-t-il. «Le fer de lance d’une réussite, c’est l’acceptabilité sociale», dit-il.

«À la limite, je vais rencontrer les populations, les conseils municipaux, selon l’endroit, évidemment, qu’on va choisir», dit-il.

Le déploiement des bacs bruns dans la région représente une opération de quelque 9 millions $.

Ces investissements sont obligatoires pour les Villes et MRC puisque la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles demande de ne plus enfouir les matières compostables afin de les valoriser. L’objectif de cette politique est de ramener à 700 kg par habitant la quantité des matières résiduelles à enfouir.