Jean-Yves Tremblay, président de la Régie de transport en commun de Shawinigan.
Jean-Yves Tremblay, président de la Régie de transport en commun de Shawinigan.

La Régie de transport en commun de Shawinigan reprend la tarification le 1er juin

Shawinigan — Même si la fréquentation de ses services a fondu comme la neige au printemps, la Régie de transport en commun de Shawinigan reprendra la tarification à compter du 1er juin. Une décision nécessaire pour sauver les meubles d’une année qui s’annonce très difficile, reconnaît Jean-Yves Tremblay, président de cette société paramunicipale.

En pleine crise de la COVID-19 à la fin mars, la RTCS annonçait qu’à compter du 1er avril, les transports adapté et régulier seraient offerts sans frais pour une période indéterminée. Ce privilège prendra fin le 31 mai et la mesure incitative n’a finalement pas empêché la dégringolade prévisible de l’achalandage.

En avril, 6425 passages ont été enregistrés dans le transport régulier. Il s’agit d’une baisse de 72 % par rapport aux 23 049 d’avril 2019. Au 18 mai, 5380 passages avaient été recensés depuis le début du mois. La RTCS connaîtra donc une autre troisième baisse mensuelle majeure consécutive. En mai 2019, 23 060 passages avaient été relevés.

Rappelons qu’en mars, la pandémie avait brusquement freiné l’élan positif observé dans la fréquentation en janvier et février, avec une baisse de 38 %.

«C’est compréhensible», explique M. Tremblay. 


« Les gens étaient confinés à la maison et pour continuer à donner le service, nous avons décidé de l’offrir pas payant. Mais là, on est rendu à la limite, on n’a vraiment pas le choix. Le déficit serait trop grand. »
Jean-Yves Tremblay

Le conseiller du district des Hêtres s’attend à ce que la RTCS écrive son bilan à l’encre rouge en 2020.

«Le gouvernement était supposé nous arranger ça, mais ce n’est pas ce qui est annoncé», déplore-t-il. «C’est clair qu’on va faire un déficit. Nous devons donner un service essentiel à la population, mais il y a un coût et les subventions ne sont pas là.»

M. Tremblay précise que les deux derniers mois n’auront pas tant servi à maintenir un certain achalandage qu’à expérimenter la mise en place de nouvelles mesures en raison du contexte sanitaire.

«Le but était de maintenir un service essentiel», explique M. Tremblay. «Ce ne sont pas les gens les plus riches qui l’utilisaient pour aller à l’hôpital. En plus, nous n’avions pas les moyens pour percevoir l’argent avec les nouvelles mesures. Les gens n’auraient eu accès à l’autobus qu’avec les cartes, mais des points de vente étaient fermés. Ça causait des problèmes. On s’est alors dit qu’on donnerait un service essentiel, on protégerait nos chauffeurs et on offrirait le service gratuit. Pendant ce temps, on allait s’organiser, voir comment on pouvait s’y prendre pour faire payer les gens.»

Ainsi, à compter du 1er juin, les passagers seront à nouveau invités à entrer par la porte avant. Les mesures de distanciation physique s’appliqueront toujours, de sorte qu’un maximum de 15 personnes pourront prendre place en même temps dans les nouveaux autobus hybrides.

La RTCS profitera de la même occasion pour mettre en place son horaire estival, alors que seul le circuit 1 sera offert en semaine, aux 60 minutes.

La fin de la gratuité s’appliquera aussi au transport adapté. Dans ce cas, le service a été pratiquement réduit à rien en avril, avec seulement 12 passagers comparativement à 2921 lors du même mois l’an dernier.

Port du masque

Suivant le message du gouvernement du Québec, la RTCS recommandera fortement le port du masque dans ses autobus, sans toutefois l’imposer. M. Tremblay indique qu’il s’agit d’une mesure de protection supplémentaire au bénéfice du chauffeur et des autres passagers.

«Jusqu’ici, très peu de gens le portent», observe-t-il. «Mais nous changeons de système. Au cours des dernières semaines, les gens entraient par derrière, ce qui n’affectait jamais le chauffeur. À compter du 1er juin, ils passeront tous par la porte avant pour payer. Ils auront ainsi affaire avec le conducteur, même s’il est protégé.»

La RTCS misera sur la rentrée collégiale pour au moins connaître un bon deuxième semestre. Par contre, les références au passé ne tiendront peut-être pas la route dans cette ère de coronavirus.

«On compte beaucoup sur la rentrée», mentionne M. Tremblay, qui espère qu’à ce moment, des mesures seront adoptées pour permettre d’accepter plus de 15 passagers à la fois.

«Si ça reste comme ça, on ne pourra pas mettre huit autobus sur un trajet! On pourrait alléger un peu, peut-être en obligeant le port du masque. C’est un méchant problème.»

Les innovations prévues en ce qui concerne les horaires et les tracés doivent toujours être annoncées à la rentrée, réitère M. Tremblay. Il assure que la fréquentation des dernières semaines n’influencera pas l’élaboration finale de ces nouveautés.

«Dans des conditions normales, ce sera parfait», prédit-il. «Je pense même que nous serons en mesure d’accroître le nombre de passagers, en desservant mieux Shawinigan. Il ne faut pas uniquement se fier sur les deux derniers mois car sinon, ce serait un désastre!»