Le Centre d’hébergement Louis-Denoncourt à Trois-Rivières.

La qualité des soins remise en cause à Louis-Denoncourt

TROIS-RIVIÈRES — Le Centre d’hébergement pour personnes âgées Louis-Denoncourt de Trois-Rivières fait à nouveau les manchettes. Le personnel manquerait encore de matériel pour s’occuper adéquatement des résidents. Plus grave encore, un homme qui doit être sous surveillance en tout temps se serait retrouvé dans les chambres d’autres résidents pour les agresser sexuellement.

La fille d’une résidente a témoigné de ces gestes dans un reportage de TVA Trois-Rivières diffusé mardi. Paulette Arcand affirme avoir surpris l’homme atteint de démence dans la chambre de sa mère, alors qu’il devait être surveillé 24 heures sur 24. Il aurait même fait des attouchements à la dame. Ce patient aurait également déjà commis des agressions sexuelles sur les autres résidents.

«Tout le monde comprend que le monsieur, c’est une maladie. On ne peut pas le mettre dans une niche, c’est un être humain. Je crois que l’endroit où on l’a placé présentement, c’est comme si on plaçait le loup dans la bergerie», a déclaré Paulette Arcand à TVA Trois-Rivières. «Je vois régulièrement des préposées qui pleurent.»

Membre du comité des résidents de la résidence, Paulette Arcand a écrit à la ministre des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, une lettre pour lui expliquer la situation qui prévaut à Louis-Denoncourt et pour l’interpeller à intervenir. Or, Mme Arcand a plutôt reçu une réponse de la direction du CIUSSS MCQ.

Toujours selon TVA Trois-Rivières, le comité des résidents a rédigé un rapport de 17 pages sur les problèmes identifiés au Centre d’hébergement Louis-Denoncourt. Déposées il y a près d’un an, les recommandations de ce document ne sont pas toutes appliquées, dénoncent des proches de résidents.

«On prend ces recommandations en compte et on assure des suivis. Mais le comité ne met pas toujours à jour ce document. Oui il a 17 pages, mais il y a eu des suites pour plusieurs recommandations. On est un peu surpris de la sortie de proches de résidents, car il y a eu plusieurs discussions au cours des dernières semaines avec les familles», soutient le porte-parole du CIUSSS MCQ, Guillaume Cliche.

En ce qui concerne l’homme qui se serait introduit dans les chambres des autres patients et aurait commis des agressions sexuelles, le CIUSSS MCQ mentionne qu’il faut demeurer prudent. «Je pense qu’on a mêlé deux ou trois histoires», précise M. Cliche qui ne peut divulguer d’informations personnelles sur les résidents.«Ce n’est peut-être pas toute la même personne qui a fait les gestes qu’on reproche à un monsieur.»

Ce n’est toutefois pas la première fois que le Centre d’hébergement Louis-Denoncourt fait les manchettes. En février 2018, une trentaine de personnes s’étaient présentées au bureau du député de Champlain de l’époque, Pierre Michel Auger. Elles voulaient dénoncer la qualité des soins donnés aux centres Cloutier-du Rivage, Roland-Leclerc, mais aussi Louis-Denoncourt.

Ce groupe avait demandé au député d’intervenir auprès du gouvernement pour améliorer la situation. La fille d’une résidente de Louis-Denoncourt, Francine Rochette, était de ce groupe. Elle avait déclaré en entrevue au Nouvelliste que la pénurie de personnel entraînait des situations préoccupantes.

«Après les repas, il n’y a pas de surveillance au salon, car ils sont souvent deux préposés. Je suis intervenue à deux reprises pour une résidente agressive. La première fois, elle était en train d’étouffer une personne. L’autre fois, elle a frappé quelqu’un. Si je ne suis pas là, il arrive quoi?», avait-elle affirmé en février 2018.