L’entreprise Canots Rhéaume occupe maintenant les bâtiments qu’occupait Encore 3 et qui appartiennent à la Corporation de développement de Saint-Tite.

La production débutera en mars chez Canots Rhéaume

Saint-Tite — Au lieu de s’apitoyer sur leur sort au lendemain de l’incendie d’une grande partie de leurs installations de Grandes-Piles en septembre dernier, les dirigeants de l’entreprise Canots Rhéaume ont plutôt transformé cette épreuve en opportunité. Ils ont en effet décidé de relocaliser la totalité de leur production à Saint-Tite, ce qui leur permettra de mettre en branle leurs projets d’expansion.

Ce déménagement, qui devait initialement être complété au début du mois de février, prendra finalement fin dans quelques semaines. Le directeur général de l’entreprise, Alain Gallant, espère que la production à l’intérieur des bâtiments que possède la Corporation de développement de Saint-Tite et qui étaient occupés jusqu’à tout récemment par l’entreprise Encore 3, qui se spécialisait dans la transformation de l’asclépiade, soit lancée entre le 1er et le 15 mars. Selon lui, ce moment constituera en quelque sorte le début d’un nouveau chapitre pour son entreprise.

«L’installation est pratiquement déjà terminée. C’est vraiment un coup dur qu’on a eu, mais il fallait se relever le plus vite possible. On a vraiment été chanceux de trouver ces bâtiments-là. Mais il a tout de même fallu prouver qu’on les voulait et que nous pouvions les avoir. Ç’a pris beaucoup de démarches, de travail et d’efforts. Et par la suite, il a fallu se mettre à la vitesse grand V pour s’installer comme il faut afin d’être prêts pour la saison», lance-t-il fièrement.

Sans trop vouloir s’avancer sur un montant, le directeur général soutient que cette relocalisation a nécessité des investissements de plusieurs centaines de milliers de dollars. Il précise par ailleurs que la Corporation de développement de Saint-Tite demeure propriétaire des deux bâtiments, mais que le bail comprend une option d’achat.

Comme l’incendie a complètement détruit les trois bâtiments où se faisait la production de canots en composite, M. Gallant et son équipe ont dû mettre les bouchées doubles et se sont serré les coudes afin de refaire les moules servant à cette production, et ce, tout en continuant la fabrication de canots en bois de cèdre. Tout l’espace des deux bâtiments épargnés par les flammes a donc été mis à contribution afin de permettre à l’entreprise de poursuivre ses activités le plus normalement possible. Et comme les bâtiments consacrés à la production de canots de bois commençaient déjà à être exigus, les gestionnaires et les employés de l’entreprise ont dû faire preuve d’ingéniosité afin de passer au travers cet épisode.

Utilisant un procédé quasi unique au Québec dans l’industrie du canot de composite et jouissant d’une réputation enviable dans celle du canot de bois, l’entreprise prend de plus en plus de place dans les marchés nord-américain et mondial. L’épreuve de l’automne dernier semble d’ailleurs avoir déjà des effets positifs à ce niveau. Le retard de production attribuable à l’incendie et l’arrivée de nouveaux clients placent l’entreprise devant un heureux problème.

«Notre carnet de commandes est bien garni, autant dans les canots de cèdre qu’en composite. Ça va également bien pour les pièces de canot en bois et les avirons», avance M. Gallant.

Une fois que l’installation sera complétée et la production lancée à Saint-Tite, l’entreprise se mettra à la recherche de main-d’œuvre afin de répondre à la demande grandissante pour ses produits.