Yvon Deshaies est en faveur du retour du crucifix à la salle du conseil de Louiseville et de la récitation de la prière avant les séances publiques.

La prière et le crucifix seront de retour

Louiseville — Foi d’Yvon Deshaies, le crucifix sera de retour dans la salle du conseil de Louiseville et la prière sera de nouveau récitée avant chaque séance publique. Les conseillers lui ont en effet donné carte blanche sur cette question, lundi en séance privée. Il pourra donc agir selon ses convictions... et également composer avec les conséquences.

M. Deshaies indique que les autres membres du conseil désirent le laisser aller seul dans ce dossier. De plus, il insiste pour dire qu’il n’investira pas d’argent de la Ville afin de défendre cette position advenant une contestation. Il envisage de renouer avec cette pratique lorsque les travaux de rénovation de la salle du conseil seront terminés, soit au mois de juin prochain.

Le maire de Louiseville a l’habitude des sorties publiques sur des sujets controversés comme le retour de la peine de mort et la légalisation du cannabis. Cette fois, c’est l’histoire d’une étudiante du Collège Ahuntsic de Montréal qui est à l’origine de cette prise de position sans appel: Sondos Lamrhari veut devenir policière tout en portant un foulard musulman.

«Un voile en dessous d’un casque de police, c’est pas la volonté du peuple. J’ai vu la demoiselle qui veut aller dans la police, c’est son rêve, et porter le hijab. Moi, mon rêve est de remettre le crucifix dans la salle du conseil et la prière. Si c’est ça le Québec, faire ce qu’on veut n’importe quand et n’importe comment, je vais le faire aussi.»

Cette histoire a fait les manchettes la semaine dernière et a suscité de nombreux commentaires, notamment du côté politique. M. Deshaies affirme avoir vivement réagi en entendant les propos du premier ministre Philippe Couillard.

«M. Couillard a dit que la demoiselle veut vivre son rêve et a dit que l’opposition veut lui enlever son rêve (le Parti québécois et la Coalition avenir Québec préviennent que s’ils prennent le pouvoir, en octobre, cette étudiante devra retirer son hijab si elle veut être policière). C’est correct. Je ne critique pas les gens. Mais si tout le monde passe sur la rouge, je veux passer aussi. Je sens qu’il y a deux poids, deux mesures. L’École de police de Nicolet est en train d’étudier ça, car elle est incapable de dire non à cette demande. Ce n’est pas bon signe, car la porte s’ouvre. On laisse tout aller. Un uniforme, c’est sacré et ça ne devrait pas changer», croit M. Deshaies, bien au courant que la Gendarmerie royale du Canada autorise le port du turban.

Il y a trois ans, la Cour suprême du Canada interdisait à la Ville de Saguenay de réciter une prière lors des séances du conseil municipal. Le débat avait aussi atteint l’hôtel de ville de Trois-Rivières et l’édifice municipal de Saint-Paulin.

Louiseville avait alors décidé de respecter la décision de la cour. Mais avec ce qu’il voit depuis ce temps, Yvon Deshaies craint des dérapages.

«On n’a pas de balises. Tantôt, ce sera un arbitre au hockey qui va vouloir garder son turban et ne pas porter de casque. Dans le secteur de la construction, ça va être la même affaire. À Louiseville, ça faisait 125 ans à peu près qu’on récitait une prière. J’ai fait une prière au conseil pendant presque 30 ans. Quand on nous a dit qu’on ne la faisait plus, on a respecté le jugement. Si tout le monde suit la loi, c’est correct. On devrait enlever tout signe religieux des organismes publics. Faisons un règlement pour tout le monde. Soyons conséquents.»

Avec la collaboration de Mathieu Lamothe