Claude Perron s’est payé du bon temps lors d’un 5 à 7 lundi soir, au centre-ville de Shawinigan.

La première était la dernière

SHAWINIGAN — Claude Perron s’est fait plaisir le temps d’un 5 à 7, lundi au centre-ville de Shawinigan. Au milieu de son spectacle, le chansonnier a annoncé qu’il s’agirait de sa seule prestation à l’ancien poste de taxi, qu’il remet en vente. Tous les efforts investis au cours des dernières semaines auront néanmoins permis à quelques-uns de ses admirateurs de profiter d’une soirée printanière idéale et de souligner l’anniversaire de sa complice de vie.

L’événement a fait tourner les têtes sur la 5e Rue de la Pointe. Au cours des derniers jours, le couple avait aménagé une petite terrasse devant l’immeuble. Des oeuvres de Diane Perron décoraient la façade et les visiteurs pouvaient également se rendre à l’intérieur pour admirer d’autres peintures, au rez-de-chaussée et au sous-sol.

Jusqu’à une vingtaine de personnes se sont entassées sur la terrasse pour taper des mains et danser au son de la voix si caractéristique de M. Perron, qui semblait vraiment s’amuser en compagnie de son guitariste, Michel Fay. Certains automobilistes ralentissaient et portaient un regard vers le spectacle, alors que sur le trottoir, les passants étaient vite invités à partager un moment en fredonnant des classiques de Willie Lamothe, Patrick Norman, Plume Latraverse et autres Willie Nelson. De l’eau, du café et un gâteau de fête étaient également offerts aux spectateurs.

M. Perron avait acquis cette centrale abandonnée en novembre. Il a entrepris des modifications sans permis, incitant la Ville de Shawinigan à émettre un ordre d’arrêt des travaux le mois dernier. Le controversé personnage a tout de même poursuivi ses aménagements pour l’organisation du 5 à 7 de lundi soir, qui constituait finalement un spectacle d’ouverture et de fermeture des lieux.

«Nous avons fait un bon bout de création», se console M. Perron. «Le centre-ville devrait ressembler à ses marchands, à ses citoyens. Pas aux employés municipaux! Shawinigan peut se relancer avec nos artistes. Pas ceux sélectionnés par un organisme culturel, mais par les gens.»

La population retiendra-t-elle de cette petite controverse que la Ville de Shawinigan a gagné son point?

«Absolument pas!», rétorque-t-il. «En fait, je trouve que la Ville perd quelque chose. Ça aurait pu être un endroit spécial. Ma victoire, c’est de l’avoir essayé. La réussite, ça dépend toujours des autres. Si la Ville n’en veut pas, il faut savoir se retirer.»