La famille Cossette a fortement contribué à la réussite d’une soiréebénéfice au profit de la Corporation des Trois colombes. Assises: Reine Cossette, Lise Landry (présidente de la corporation), Jackie Chauvette (comité organisateur), France Cossette. À l’arrière: Martin Cossette, Sylvain Cossette, Jean Cossette, Jacynthe Cossette, André Cossette, Louise Cossette, François Cossette, Jean-Pierre Cossette, Guy Pellerin (comité organisateur), Louise Lafrenière (comité organisateur) et Alain Barbeau (comité organisateur).

La population généreuse envers la Maison Aline-Chrétien

SHAWINIGAN — Six mois après son ouverture, la Maison Aline-Chrétien de Shawinigan avait reçu 66 personnes en fin de vie en date du 10 octobre, dont neuf avaient formulé une demande d’aide médicale à mourir. Pendant que cette unité de soins palliatifs de huit chambres continue à apprivoiser son quotidien, les activités de financement se poursuivent pour assurer sa pérennité et la dernière en lice, à la fin septembre, a permis à elle seule d’engranger un profit de... 61 000 $!

La Corporation des Trois colombes, qui gère cet établissement, avait organisé une soirée musicale avec la famille Cossette, à la salle Sérénité. Pas moins de 371 personnes ont participé à cette soirée. Le comité organisateur s’était fixé un ambitieux objectif de 50 000 $, qui a donc été facilement surpassé.

«Nous avions commencé à travailler sur cette activité au printemps, avec la famille Cossette», raconte Yves Arseneault, directeur général de la Maison Aline-Chrétien. «Ça a été très populaire. Même que sur place, des gens se sont commis pour des montants très intéressants. Nous avions aussi organisé un encan silencieux. L’ensemble de tout cela fait en sorte que nous avons largement dépassé notre objectif.»

Cette soirée illustre bien l’intérêt de la population envers cet accompagnement de fin de vie, fait remarquer M. Arseneault. Autre exemple, dans son budget, il avait estimé à 1000 $ les dons hebdomadaires in memoriam. Jusqu’à maintenant, ce montant joue davantage entre 1400 $ et 1500 $.

Au cours des prochains mois, un effort plus soutenu sera déployé pour l’organisation d’activités grand public dans les MRC limitrophes, ainsi qu’à La Tuque.

«Nous voulons sortir pour que les gens réalisent que nos services sont aussi accessibles pour eux», mentionne M. Arseneault. «Nous visons également des mécènes, des gens un peu plus fortunés qu’on sollicitera et à qui on offrira une visibilité conséquente.»

Entre le 25 avril et le 10 octobre, la Maison Aline-Chrétien a accueilli 66 personnes, certaines pendant quelques heures seulement et d’autres pendant plusieurs semaines. En moyenne, les bénéficiaires restent dans cette demeure pendant une quinzaine de jours.

«Nous ne sommes pas toujours à pleine capacité; c’est très variable», partage le directeur général. «Nous avons eu des périodes à huit et là, il a fallu s’ajuster, dans l’alimentation notamment. Parfois, en fin de vie, les gens ne se nourrissent pratiquement plus. À l’opposé, on peut n’avoir que quatre résidents, mais qui mangent beaucoup!»

Autre ajustement, les familles qui viennent visiter un proche en fin de vie tiennent souvent à dormir dans la même chambre, plutôt qu’utiliser celle à leur disposition au sous-sol de la maison.

«J’ai acheté quatre lits pliants et il y en a toujours deux ou trois qui sont utilisés», constate M. Arseneault. «Les gens préfèrent coucher dans la même chambre. Ça a commencé avec notre première résidente! On s’ajuste à ce genre de demande.»

Aide médicale à mourir

Pendant la planification de cette maison de soins palliatifs, la Corporation des Trois colombes avait pris la décision de rendre accessible l’aide médicale à mourir. La Maison Aline-Chrétien n’en fait pas la promotion, insiste M. Arseneault, mais la possibilité est offerte à la personne mourante qui en formule la demande.

Jusqu’ici, neuf résidents ont exprimé cette volonté et sept ont été exaucés. Dans un cas pour le moins exceptionnel, la personne a décidé de revenir sur sa décision. Dans l’autre, elle est décédée avant que l’aide médicale à mourir lui soit administrée.

«Nous faisons tout ce que nous pouvons pour rendre un milieu de vie agréable», raconte M. Arseneault. «Cette semaine, par exemple, il y a une ambiance d’Halloween à la maison. Mais quand il y a un cas d’aide médicale à mourir, il y a moins de rires. Le personnel est plus préoccupé. Ce ne sont pas des journées faciles. Malgré tout, nous gardons le même rituel, de sorte que l’ensemble du personnel et les bénévoles accompagnent le résident jusqu’à sa sortie.»