Il peut se passer des semaines avant que des travaux de pavage soient complétés à Shawinigan, comme au coin de la 108e Avenue et de la 123e Rue.

La politique de contrôle des dépenses de la Ville en cause?

Shawinigan — Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne nie pas que la politique de contrôle des dépenses, adoptée par le conseil municipal en 2016, puisse retarder l’entretien de certaines rues à travers la ville. Lors de la dernière séance publique régulière du conseil, des citoyens l’ont interpellé, à la période de questions, pour savoir comment il expliquait ces délais d’intervention.

Le pavage défectueux alimente habituellement la chronique municipale au printemps. Au cours des derniers mois toutefois, des citoyens sont intervenus occasionnellement aux séances publiques pour déplorer l’état de certaines routes à n’importe quel moment de l’année. Parfois, les réparations sont inscrites au programme triennal d’immobilisation, mais repoussées en raison d’imprévus. Par contre, les gens observent souvent l’installation de cônes orange sur des bouts de route en réparation, où ils passent des semaines avant que la Ville termine ses travaux.

Par exemple, Jean-Pierre Jolivet a demandé au maire s’il était normal qu’il doive téléphoner à l’hôtel de ville en juillet pour demander de réparer un trou dénoncé en avril. Dans le secteur Saint-Gérard-des-Laurentides, André Jourdain s’est fait répondre par un employé municipal que les plaintes des citoyens étaient mises en priorité au Service des travaux publics.

«Plaignez-vous des trous si vous voulez qu’ils soient réparés!», a-t-il constaté. «Il me semble que ce n’est pas normal!»

M. Angers a répondu au citoyen qu’il ne s’agissait pas de la procédure convenue. Les travaux respectent un calendrier établi, a-t-il assuré.

«Dites-le à votre responsable, parce que lui ne sait pas qu’il ne doit pas fonctionner par plaintes!», a répliqué M. Jourdain.

Le maire de Shawinigan convient que certains délais d’intervention ne sont pas normaux. Il a rappelé à l’assemblée que septembre et octobre demeurent des périodes intenses pour les travaux de pavage. La hausse du prix de l’asphalte joue aussi dans l’équation, mais il reconnaît que le conseil municipal devra se pencher sur des solutions pour améliorer ces interventions.

«Nous avons de bonnes discussions à avoir là-dessus», a-t-il laissé tomber.

En septembre 2016, le conseil municipal avait présenté un plan de contrôle des investissements et de réduction de la dette. Depuis ce temps, les élus limitent annuellement à 16 millions $ les emprunts par règlement chaque année. D’ici 2035, l’administration municipale souhaite ainsi réduire sa dette de 24 %. En dollars actualisés, la Ville estimait même cette diminution à 43 %.

Ce resserrement de ceinture commence-t-il à être ressenti dans les rues de la ville? En entrevue, le maire paraît ambivalent sur cette question.

«Oui et non», répond-il. «Mais c’est sûr que je veux revoir le problème.»

M. Angers fait remarquer que lorsque les citoyens ont dénoncé la qualité du déneigement pendant l’hiver, les élus ont réagi pour améliorer la situation en 2017-2018. Mais il a fallu ajouter 1,5 million de dollars au budget...

«C’est possiblement ce qui sera fait», avance le maire. «Il y a toutes sortes de façons de financer ces travaux. Il faut regarder ça. Je souhaite qu’on soit capable de mieux entretenir nos rues. Certaines sont en mauvais état. À certains endroits, c’est abominable. Je comprends qu’on a beaucoup de kilomètres à entretenir, mais quand les gens viennent me voir pour me dire qu’il y a des trous à tels endroits, qu’on répare année après année, ça coûte cher!»