Le projet annoncé réunit Dominique Bégin, Eve Doucet et Mylène Bureau, intervenantes au CAVAC Mauricie, Richard Lévesque, inspecteur à la Direction de la police de Trois-Rivières, et Sylvie Biscaro, directrice générale du CAVAC de la Mauricie.

La police de Trois-Rivières et le CAVAC s'unissent pour aider les victimes

La prise en considération des victimes d'actes criminels et de leurs proches sera optimisée à Trois-Rivières, grâce à un partenariat conclu entre la Direction de la police de Trois-Rivières et le Centre d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC) de la Mauricie. Dès lundi, trois intervenantes du CAVAC seront postées dans les locaux de la Direction de la police pour pouvoir agir plus rapidement et plus efficacement auprès des personnes subissant les conséquences de délits.
Sans que l'objectif de la répression et de la résolution de crimes ne soit affecté, «on replace la victime au centre de nos préoccupations», confirme Richard Lévesque, inspecteur aux enquêtes et au soutien opérationnel à la Direction de la police de Trois-Rivières. Le souci de proactivité est au coeur de cette initiative qui scelle la collaboration entre la police et le CAVAC.
«Le ministère de la Justice a réalisé qu'il fallait informer rapidement les victimes pour que les gens cessent de dire qu'il n'y a pas de services pour les victimes, ou méconnaissent les services. Personne ne veut être victime d'un acte criminel et ce n'est pas quelque chose qu'on va aller chercher comme information. Les gens ne viennent pas consulter quand on tient des kiosques d'information», observe Sylvie Biscaro, directrice générale du CAVAC de la Mauricie.
Concrètement, chaque jour, une «agente d'intervention» du CAVAC sera présente au poste de police et interagira avec les policiers enquêteurs et patrouilleurs pour identifier le plus rapidement possible les victimes d'actes criminels, les contacter et leur proposer les services disponibles pour les aider à traverser l'épreuve qu'ils vivent.
Parallèlement à l'enquête criminelle, une évaluation clinique sera effectuée pour identifier ces victimes et proches qu'il faudrait interpeller en priorité pour déployer l'offre de services et de référencement. Les intervenants du CAVAC sont formés dans des disciplines comme la criminologie, la psychoéducation, la psychologie et le travail social, et sont aptes à agir dans des situations de choc post-traumatique.
«À la suite d'un événement criminel, les besoins des personnes victimes sont nombreux. Elles ont besoin d'information pour connaître leurs droits et leurs recours, elles ont besoin d'être soutenues, d'avoir une aide ponctuelle, d'être entendues tout en étant traitées avec dignité, dans la confidentialité et le respect», énumère Mme Biscaro. 
L'équipe du CAVAC peut aussi orienter les victimes vers des services spécialisés comme les maisons d'hébergement, les CALACS (Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) ou les ressources du CIUSSS (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux). Des intervenants peuvent également accompagner les victimes et leurs proches à la cour lors des procédures judiciaires et faire un suivi auprès des victimes lorsqu'un détenu obtient sa libération.
«Plus on intervient rapidement auprès d'une victime, plus on diminue les risques de problèmes de choc post-traumatique», assure Mme Biscaro, en rappelant que le processus s'étend à partir de l'événement jusqu'à la libération de l'accusé dans un cas d'emprisonnement, en passant par tous les stades des procédures judiciaires. «On est là à toutes les étapes», note la directrice du CAVAC.
L'assistance technique pour certaines démarches reliées à l'indemnisation compte aussi dans l'offre de services proposés par le CAVAC. «On est là pour aider à diminuer le stress par rapport à l'événement, expliquer le volet judiciaire et rendre tout ça accessible à la victime pour qu'elle puisse faire ses propres choix», résume Mme Biscaro.
On estime à 1200 le nombre potentiel de cas pouvant annuellement être référés par la police au CAVAC. On parle entre autres de dossiers de violence conjugale, d'abus envers les aînés, de crimes contre la propriété ou de fraude, pour ne citer que ces exemples.