La situation ne s’est guère améliorée dans la région selon de nouveaux calculs. En effet, l’IMSE de 31 écoles sur 46 s’est dégradé à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. Il s’est amélioré dans seulement six cas.

La plupart des écoles de la Mauricie situées dans des milieux défavorisés

Trois-Rivières — La plupart des écoles de la Mauricie sont situées dans un milieu défavorisé, selon l’indice de milieu socioéconomique (IMSE) du ministère de l’Éducation. À la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, c’est 52 % des écoles alors qu’à de l’Énergie, le pourcentage est de 63 %. De plus, pas moins de 18 écoles occupent le 10e rang de cette échelle allant de 1 à 10, ce qui correspond au rang le plus défavorisé. C’est près du quart des établissements scolaires de la Mauricie.

De l’autre côté du pont Laviolette, à la Commission scolaire de La Riveraine, 43 % des écoles sont situées dans un milieu défavorisé. Seulement une école sur 21 occupe le 10e rang.

Les écoles qui occupent un rang supérieur ou égal à 8 sont considérées comme étant en milieu défavorisé et elles bénéficient de services supplémentaires. Cet indice a été révisé dernièrement d’après les données du recensement de 2016. La situation ne s’est guère améliorée dans la région selon ses nouveaux calculs. En effet, l’IMSE de 31 écoles sur 46 s’est dégradé à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. Il s’est amélioré dans seulement six cas. Lors de l’année scolaire 2016-2017, 17 écoles de Chemin-du-Roy occupaient un rang égal ou supérieur à 8. Avec la révision basée sur le recensement de 2016, ce chiffre a grimpé à 24.

À la CS de l’Énergie, les statistiques sont plus encourageantes. Selon les données du ministère de l’Éducation, pas moins de dix écoles ont vu leur IMSE s’améliorer alors qu’il s’est détérioré dans six cas. Le nombre d’écoles situées en milieu défavorisé est demeuré à 19. La CS compte toutefois trois écoles de plus.

À CS de la Riveraine, selon le ministère de l’Éducation, six écoles sur 21 ont vu leur IMSE s’améliorer à la suite de la révision et il s’est dégradé dans sept cas. Sept écoles occupaient un rang égal ou supérieur à 8 avant la révision et neuf après.

En Mauricie, les écoles secondaires sont pratiquement toutes cotées à 8 ou plus. À la Commission de l’Énergie, toutes ses écoles secondaires à part Val-Mauricie occupent un rang égal ou supérieur à huit. À Chemin-du-Roy, c’est cinq écoles sur huit. La Riveraine n’en compte aucune.

Selon le site web du ministère de l’Éducation, l’IMSE «est constitué de la proportion des familles avec enfants dont la mère n’a pas de diplôme, certificat ou grade (ce qui représente les deux tiers du poids de l’indice) et la proportion de ménages dont les parents n’étaient pas à l’emploi durant la semaine de référence du recensement canadien». Avec l’indice du seuil de faible revenu, l’IMSE fait partie des deux indices de défavorisation pris en compte par le ministère pour répartir les budgets permettant notamment l’embauche de professionnels. Ils sont aussi considérés pour établir le ratio élève professeur et la mise en place de divers services, par exemple de l’aide alimentaire.

Ces deux indices ont été mis à jour à partir des données du recensement de 2016, qui comprenait un questionnaire long pour la première fois depuis 2006, ce qui peut expliquer les nombreux changements. La modification des indices de défavorisation peut donc avoir un impact sur les services offerts dans les écoles. On sait déjà que l’école Villa-de-la-Jeunesse, à Saint-Élie-de-Caxton, risque de perdre deux enseignantes. Pour les autres écoles, il est encore trop tôt, selon la commissaire de l’Énergie, pour en déterminer toutes les conséquences. À la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, comme sept écoles de plus sont maintenant considérées en milieu défavorisé, elle bénéficie donc de fonds supplémentaires. À la CS de la Riveraine, on ne s’attend pas non plus à d’impacts négatifs. Cette révision permet aussi d’avoir une idée plus claire des besoins des élèves. «C’est un portrait plus réaliste de notre clientèle dans nos écoles», mentionne Anne-Marie Bellerose, porte-parole de la Commission scolaire.

Le gouvernement a tenté d’atténuer les conséquences de la révision des indices de défavorisation. À Montréal, des commissions scolaires craignaient de perdre plusieurs services en raison de l’amélioration de leurs indices causée notamment par l’embourgeoisement de certains quartiers. Le gouvernement a annoncé des investissements supplémentaires pour l’embauche de professionnels ainsi qu’une hausse du financement des écoles défavorisées. De plus, à partir de l’an prochain, les écoles cotées 7 pourront maintenant recevoir de l’aide qui était auparavant réservée aux établissements cotés 8 ou plus. La commission scolaire de La Riveraine a ainsi reçu un montant d’environ 200 000 $ supplémentaires.

Il reste qu’avoir autant d’écoles en milieu défavorisé comporte des défis pour les commissions scolaires. «La Commission scolaire investit présentement environ 1,5 million $ de plus que ce qu’elle reçoit pour soutenir ses écoles, pour donner plus de services. On en met beaucoup plus parce qu’on est conscient qu’il y a beaucoup de besoins. C’est vraiment un enjeu majeur. On travaille toutes les semaines avec les milieux, et notre objectif est de soutenir tous les milieux qu’ils soient défavorisés ou pas», explique Denis Lemaire, directeur général de la Commission scolaire de l’Énergie.