Les citoyens de l’avenue Montesson à Bécancour doivent utiliser différents moyens de transport en cette période de crue des eaux.

La pluie et le vent à surveiller: «On demande aux gens d’être patients»

TROIS-RIVIÈRES — Les autorités se méfient non seulement des grandes quantités de pluie prévues pour la fin de semaine, mais aussi des forts vents qui devraient balayer la région toujours aux prises avec une féroce crue des eaux printanière.

Il y a une semaine, la région se préparait à ses premières journées d’inondation. La fin de semaine dernière, Environnement Canada prévoyait de la pluie par dizaines de millimètres. Le scénario se répète sept jours plus tard: entre 30 et 60 millimètres de pluie sont attendus jusqu’à samedi. Des vents du sud-ouest allant de 40 km/h jusqu’à 60/h devraient souffler samedi.

«C’est le même phénomène qu’en 2017. L’eau est poussée par le vent et fait des vagues. Le niveau va remonter au lac Saint-Pierre, les rivières du Loup et Batiscan devraient atteindre des niveaux historiques, avec la combinaison de pluie et de fonte des neiges. Et la rivière Mékinac est en forte crue. On est aux aguets et on demande aux gens d’être patients», déclare le porte-parole de la sécurité civile, Bernard Létourneau.

Les prévisions de la Sécurité publique pour lundi, concernant les niveaux d’eau, annoncent que le fleuve Saint-Laurent pourrait atteindre 3,71 mètres à Bécancour et à Batiscan, 3,91 m à Trois-Rivières et 4,04 m à Nicolet.

Alors que la rivière du Loup devrait afficher un débit de 176 mètres cubes par seconde samedi en début de soirée (le seuil d’inondation mineure est de 129), Saint-Adelphe a accueilli vendredi des militaires de l’Armée canadienne. Le service de sécurité incendie a demandé l’apport des forces armées afin d’aider à la préparation de 1300 sacs de sable en prévision de la hausse du débit de la rivière Batiscan.

«Lundi, le débit était à 903 mètres cubes par seconde. Il a baissé à 649, mais on prévoit 1100 mètres cubes par seconde samedi soir. On a eu 900 mètres cubes par seconde au printemps de 2017, mais 1100, on n’a jamais vu ça. C’est pour ça qu’on se prépare avec des sacs de sable», raconte Daniel Bacon, directeur général de la Municipalité de Saint-Adelphe.

Trois résidences sont touchées par les inondations jusqu’à maintenant. Si le niveau d’eau monte autant que prévu, huit à neuf résidences pourraient en subir les impacts.

Champlain était aussi animée par la présence de militaires, vendredi. Pour une deuxième journée de suite, ils étaient dans cette localité afin d’installer des sacs de sable afin de protéger des résidences dans le secteur des rues de l’île Val-d’Or, des Oblats, Lanouette et Catellier.

Voici l’état de la situation sur l’avenue Montesson à Bécancour, un secteur communément appelé la Petite Floride.

«L’armée est là pour installer les sacs de sable. Et il y a une surveillance particulière pour les résidents qui auraient besoin d’être déplacés. Il y a des canots de la marine qui font une tournée pour s’assurer que les gens puissent être évacués facilement, advenant le cas», mentionne Jean Houde, directeur général de la Municipalité de Champlain.

Environ 40 maisons sont concernées par les inondations de ce printemps. Les occupants de trois résidences ont décidé d’eux-mêmes de quitter les lieux. Aucun avis d’évacuation n’a été publié.

La mairesse suppléante de Trois-Rivières, Ginette Bellemare, indique que la Ville demeure aux aguets à propos de ce que Dame Nature nous réserve pour les prochaines heures.

«Les équipes sont mobilisées tout au long de la fin de semaine pour surveiller les niveaux de l’eau et assurer la sécurité des riverains», note la mairesse suppléante de Trois-Rivières.

Quelque 115 maisons sont touchées par les inondations à Trois-Rivières. De plus, certains citoyens craignent un refoulement des égouts sanitaires, précise Mme Bellemare, qui tient à les rassurer par le fait que les suivis de mesures sont effectués sur le réseau d’égout et que des pompes temporaires sont installées pour soutenir le réseau.

À Nicolet, le niveau du fleuve a baissé et ne devrait pas remonter jusqu’au pic connu jusqu’à maintenant.

«On se base sur la bouée du lac Saint-Pierre, car c’est celle qui a le plus d’impact sur nos riverains. On a atteint 3,80 mètres et on n’a pas eu de drame. On annonce 3,79 mètres (lundi). Les gens sont préparés. Mais c’est sûr que la donne peut changer avec les vents. Les gens ont des murets de sacs de sable, mais avec du vent plus intense, l’eau frappe les portes-patio», observe la mairesse, Geneviève Dubois.

La ville voisine, Bécancour, a décidé de maintenir l’état d’urgence. Selon l’hôtel de ville, les précipitations annoncées pour la fin de semaine et les inondations actuelles justifient cette décision du conseil municipal.

La route du Fleuve Ouest à Nicolet est aussi touchée par les inondations.

Si la situation sur la rivière Saint-Maurice est stable, la Ville de Shawinigan adopte certaines mesures préventives. Shawinigan a ouvert au maximum la décharge du lac à la Tortue afin de faciliter l’évacuation de l’eau. La Ville demande la collaboration des résidents du secteur Beau-Rivage afin qu’ils dirigent vers la rivière Saint-Maurice l’eau pompée de leur propriété. La Ville veut éviter que cette eau soit acheminée dans le réseau d’égout afin de ne pas le surcharger.